Greenpeace analyse les prises accessoires d’un bateau de pêche belge. Après deux heures de pêche, ce bateau a rejeté à la mer 11,000 poissons ou autres créatures marines mortes qu’il avait pris accessoirement dans ses filets. Le chalutage de fond est si intense dans la mer du Nord que la biodiversité marine est en danger.
AgrandirOn estime que 3,3 millions de requins meurent chaque année à cause des palangres, tandis que l’emmêlement est la première cause de mortalité chez les petits cétacés (comme les marsouins, les dauphins et les baleines), avec une mort toutes les deux minutes. Des centaines de milliers de tortues de mer et d’oiseaux marins sont également tués dans les palangres et pris dans les filets, qui capturent de nombreuses espèces en voie de disparition ou gravement menacées. Si la tendance se maintient, les caouannes du Pacifique, qui vivent dans l’océan depuis des millions d’années, figureront sur la liste des espèces disparues d’ici les 5 à 30 prochaines années.
Les petits organismes sont également touchés. Le chalutage de fond décime les coraux abyssaux d’eaux froides. Ainsi, des invertébrés comme l’étoile de mer, le crabe, les oursins et les éponges sont ramassés à la tonne dans les secteurs de pêche qui cible les poissons des grandes profondeurs comme le homard, la plie et le flétan. S’ils sont arrachés des fonds marins, les coraux ne survivent pas. En outre, les espèces délicates comme les éponges et les oursins ne survivent souvent pas à l’écrasement que provoque le nombre effarant de poissons dans les filets.
Même les espèces ciblées sont touchées par les prises accessoires, puisque les jeunes poissons sont pris avec les vieux avant d’être rejetés parce qu’ils ne satisfont pas aux exigences de taille et de longueur, conçues a priori pour protéger la prochaine génération de la réserve. Malheureusement, une fois qu’ils sont retirés des filets et rejetés à l’eau vers des prédateurs à l’affût, la plupart ne survivent pas.
Les prises accessoires nuisent également au rétablissement des espèces protégées. Dans l’Atlantique Nord, le chalutage prend au filet des quantités impressionnantes de morue juvénile, minant les efforts déployés pour rétablir les réserves décimées de morue de l’Atlantique. À titre d’exemple, dans les Grands Bancs de Terre-Neuve, la pêche à la morue est interdite. Toutefois, en 2003, 90 % de la biomasse aurait été capturée sous forme de prise accessoire lors de la pêche d’autres poissons benthiques. Les populations de saumon quinnat dans le nord-est du Pacifique sont aussi affligées, 160 000 poissons ayant été accessoirement pris lors de la pêche à la goberge en Alaska l’an passé. Cette masse de prises accidentelles a causé l’effondrement d’une pêche de subsistance puisqu’un nombre insuffisant de poissons retournent à l’océan pour se reproduire.
Par ailleurs, des méthodes pour réduire les prises accessoires existent : dispositifs pour éloigner les tortues, types d’appâts spéciaux, types de mailles qui permettent aux espèces non ciblées de s’échapper et crochets ou sonars spéciaux permettant d’éviter que ces dernières soient prises. Toutefois, le manque d’éducation et de participation des pêcheurs et des gestionnaires des pêches cause la perte d’organismes marins, jetés par-dessus bord et laissés pour morts.