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Les poissons et fruits de mer que l’on retrouve dans nos assiettes ne tombent pas du ciel. Après avoir été pêchés ou élevés dans des fermes, ils sont vendus sur les étals de nos commerçants. Au Canada, 63 % des produits de la mer sont écoulés au détail dans les poissonneries, les épiceries ou les supermarchés. Parce qu’ils achètent et vendent des poissons et fruits de mer en très grande quantité, les supermarchés ont une responsabilité particulière dans la crise des océans.

Les poissons et fruits de mer que l’on retrouve dans nos assiettes ne tombent pas du ciel. Après avoir été pêchés ou élevés dans des fermes, ils sont vendus sur les étals de nos commerçants. Au Canada, 63 % des produits de la mer sont écoulés au détail dans les poissonneries, les épiceries ou les supermarchés. Parce qu’ils achètent et vendent des poissons et fruits de mer en très grande quantité, les supermarchés ont une responsabilité particulière dans la crise des océans.

L’industrie mondiale des aliments de la mer repousse toujours un peu plus les limites afin de nourrir la demande planétaire en poissons. Pourtant, près des trois quarts des stocks sont déjà exploités à leur maximum ou surexploités. Depuis 1950, 90 % des grands prédateurs comme le thon, l’espadon, le requin et la morue ont disparu de nos océans. Ces stocks ne peuvent pas se régénérer. Tout l’équilibre de la chaîne alimentaire en est bouleversé.

Trop de pression sur les océans

Face au déclin des stocks, les nations de pêche industrielle ont mis le cap vers les profondeurs, se sont dotées de technologies ultra-modernes et se sont tournées vers l’élevage de poissons (aquaculture) pour satisfaire la demande des consommateurs. Au Canada, les pêches commerciales fournissent environ 75 % de la production totale de poissons et fruits de mer, les 25 % restants provenant de l’élevage.

La consommation de poissons et fruits de mer au pays est demeurée relativement stable au cours des dernières années. Mais à titre de quatrième plus grand exportateur de poissons et fruits de mer au monde, l’industrie de pêche et l’aquaculture canadienne est l’une des plus actives de la planète. Le Canada importe aussi en très grande quantité des aliments de la mer venus de l’étranger, principalement des Etats-Unis voisins, mais aussi de plus en plus en provenance des pays asiatiques, et notamment de Chine. Ce qui permet d’offrir aux consommateurs canadiens une diversité de produits, mais ce qui accentue aussi la pression sur des stocks déjà en péril. En effet, beaucoup de pays ont des normes industrielles moins protectrices de l’environnement ou des exigences d’étiquetage moindres que celles du Canada.

Des produits pêchés illégalement

 Ainsi, nombre de produits de la mer vendus aux consommateurs canadiens sont issus de la surpêche ou de la pêche illégale. Au rayon poissons des supermarchés, on retrouve des espèces dont les stocks sont déjà surexploités ou dont les méthodes de pêche ou d’élevage ont des conséquences dramatiques pour l’environnement. Le chalutage de fond est l’une de ces techniques. En raclant le fond des océans, elle détruit tout sur son passage, incluant de fragiles coraux et éponges qui peuvent prendre des centaines d’années pour atteindre leur maturité. D’autres méthodes ont pour particularité de capturer de nombreuses espèces non visées et de multiplier ainsi démesurément le nombre de prises accessoires. C’est le cas, par exemple, de la pêche à la palangre, des filets maillants dérivants ou du chalutage de fond.

Les conséquences sociales de la surpêche peuvent aussi être dramatiques. Pour satisfaire la demande en poissons, les flottes de pêche s’aventurent plus loin, en haute mer, et accentuent la pression sur les stocks, mettant en péril l’alimentation des populations côtières des pays du Sud dont la première source de protéines provient des produits de la mer.

Un étiquetage déficient

Alors même que de nombreux produits proviennent de la surpêche ou de la pêche illégale, les consommateurs qui voudraient éviter de les acheter n’en ont pourtant pas les moyens. L’absence d’étiquetage adéquat des aliments de la mer dans les supermarchés canadiens ne permet pas aux clients de faire des choix éclairés ni de savoir quels poissons et fruits de mer durables sont à privilégier. À titre d’acteurs de premier plan dans la chaîne d’approvisionnement, les détaillants ont le devoir d’offrir à leurs consommateurs une meilleure information ainsi que des espèces issues d’une pêche ou d’un élevage durable et équitable.

Pour les supermarchés, l’approvisionnement durable en poissons et fruits de mer peut s’avérer un processus complexe. Mais face à la crise grandissante que subissent nos océans, il leur faut agir rapidement. Greenpeace a créé une Liste rouge des poissons et fruits de mer provenant d’élevages ou de pratiques de pêche qui sont les plus dommageables et requièrent d’être retirées de la vente immédiatement. La Liste rouge recense ainsi les espèces à « ne pas consommer» et à « ne pas vendre ». Pour contrer l’épuisement drastique des stocks à laquelle nous assistons aujourd’hui, des choix plus écologiques sont aussi possibles.

Consultez la Liste rouge
Faites des choix plus verts

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