Du thon et des océans en santé

Page - 14 juin, 2011
Nos océans souffrent de surexploitation. Des espèces de tout type et de toute dimension en sont extirpées et nos communautés marines sont dévastées. Le thon ne fait pas exception et certaines espèces sont particulièrement décimées. Au niveau mondial, 90 pour cent des grands prédateurs marins comme le thon, la morue et le requin ont disparu.

La plupart des stocks de thon sont en déclin et la tendance risque bien de se poursuivre puisque les flottes de pêche continuent d’exploiter cette ressource de façon intensive.

Les méthodes utilisées pour pêcher le thon entraînent aussi la capture d’autres espèces de poissons et d’animaux, c’est ce qu’on appelle les prises accessoires. Elles sont notamment constituées de tortues, de requins, de raies, d’oiseaux de mer et d’autres espèces comme les balistes et les dauphins qui se retrouvent de manière incidente dans les filets des pêcheurs. Les prises accessoires sont particulièrement fréquentes dans les cas de pêche à la palangre et de pêche à la senne lorsque celle-ci est pratiquée à l’aide de dispositifs de concentration de poissons (DCP) – des objets flottants déposés en pleine mer pour attirer les poissons, lesquels sont ensuite encerclés par d’immenses filets.

La pêche au DCP est extrêmement préjudiciable à la vie marine. Chaque fois qu’un DCP est utilisé, la capture accessoire s’élève à environ 1 kg pour 10 kg de poissons pêchés. Les prises fortuites incluent des requins, des raies et diverses autres espèces. Pour ce qui est du thon juvénile, ce taux est encore plus élevé. Globalement, on estime que les captures accessoires associées aux DCP s’élèvent désormais à 182 500 tonnes par an, soit l’équivalent du contenu de près d’un milliard de conserves de thon par an!

En moyenne, les palangriers prennent plus de prises accessoires par voyage que les thoniers senneurs équipés de DCP. En effet, jusqu’à 35 pour cent (en poids) d’une prise de palangriers peut être constitué de captures accessoires. Cette technique de pêche fait donc des ravages, particulièrement chez les tortues et les oiseaux de mer, dont certaines espèces sont menacées d’extinction.

Qu’en est-il des gens qui dépendent économiquement de la pêche au thon? Ils sont souvent liés par des accords de pêche inéquitables et bénéficient de peu de soutien, sinon aucun, dans leurs efforts pour protéger l’avenir de cette ressource.

On peut pêcher le thon sans mettre en péril les autres espèces marines déjà vulnérables et sans hypothéquer l’avenir de ces États côtiers riches en thon. La pêche à la senne sans DCP, la pêche à la canne et la pêche à la traîne réduisent les impacts sur les autres espèces puisque ces pratiques sont plus sélectives. Clover Leaf doit appuyer les pêcheries des États côtiers qui emploient ce type de méthodes afin de s’assurer que le thon est réellement pêché de manière éthique.

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