10 idées reçues sur les OGM

Publication - 10 mai, 2009
Les OGM permettront de résoudre le problème de la faim dans le monde; Les OGM ne sont pas dangereux; L’étiquetage obligatoire des OGM coûte trop cher; Refuser les OGM, c’est s’opposer aux progrès de la science; Avec les OGM, les agriculteurs utilisent moins de pesticides, etc...

 

1. Les OGM permettront de résoudre le problème de la faim dans le monde.

FAUX! La recherche en matière de biotechnologies agricoles est entre les mains d’entreprises qui sont avant tout à la recherche d’agriculteurs solvables et non de pauvres paysans. Les partisans de l’agriculture transgénique se font fort d’expliquer que les cultures OGM pourront résister à la sécheresse ou produire des aliments aux qualités nutritionnelles améliorées. En réalité, il n’existe pratiquement aucun programme pour résoudre les problèmes alimentaires dans les pays en voie de développement.

En avril 2008, le rapport final de l’évaluation Internationale des Sciences et des Technologies au Service du Développement (IAASTD), l’équivalent du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat), a d’ailleurs formellement conclu que les OGM n’étaient pas une solution pour faire face aux enjeux de la sécurité alimentaire. Lire la lettre d’opinion de Greenpeace sur l’IAASTD dans La Presse.

Pour lutter contre la famine et faire face à l’augmentation de la population, il faut d’abord garantir l’accès à la terre, mieux organiser les marchés locaux et investir dans la recherche sur les plantes traditionnelles. La faim est avant tout un problème politique et économique. Écoutez ce que des ONG africaines pensent des OGM [vidéo].

Un rapport scientifique récent de l’Union of Concerned Scientists aux États-Unis a confirmé que les OGM n’ont pas augmenté les rendements. Voir notre blogue à ce sujet.

2. Les OGM ne sont pas dangereux.

En réalité, on n’en sait rien! L’innocuité des OGM pour la santé n’a jamais été prouvée. Plusieurs études récentes tendent à prouver le contraire. En 2007, une étude réalisée en France par le CRII-GEN (Comité de recherche et d’information indépendante sur le génie génétique) a montré que des rats nourris pendant 90 jours avec du maïs Mon863 présentaient des anomalies au foie, aux reins et au sang qui pourraient être des signes de toxicité. Compte tenu des risques, tous les pays devraient appliquer le principe de précaution et refuser que des OGM soient cultivés en champs. Malgré cela, les gouvernements canadiens et québécois refusent toujours de mettre en place l’étiquetage obligatoire des OGM et ce, même si plus de 86% des Québécois et des Québécoises exigent le droit de savoir.

L’innocuité des OGM pour l’environnement n’a pas non plus été démontrée. En fait, un rapport publié en 2001 par 14 experts de la Société royale du Canada, la plus haute instance scientifique au Canada, proposait 58 recommandations pour des Élements de précaution sur les OGM. Ce rapport, pourtant commandé par le gouvernement fédéral canadien, a été totalement ignoré par ce dernier comme le démontre un article scientifique. Pourquoi le Canada ignore-t-il l’opinion de ses meilleurs scientifiques?

3. L’étiquetage obligatoire des OGM coûte trop cher.

Faux! C’est ce que tente de nous faire croire l’industrie, mais il n’en est rien. En 2006, une étude du ministère de l’agriculture du Québec (MAPAQ) a confirmé que les coûts de l’étiquetage obligatoire des OGM ne seraient pas aussi élevés que l’industrie ne le laissait croire jusqu’alors.

Le Canada est le quatrième producteur d’OGM au monde, derrière les États-Unis, l’Argentine et le Brésil. Puisqu’il n’existe aucun système d’étiquetage obligatoire des OGM, ni au Canada, ni au Québec, il est très difficile de savoir quels aliments contiennent des OGM. Les principales céréales OGM cultivées chez nous sont le canola, le soya ainsi que le maïs. Dans son Guide des produits avec ou sans OGM, Greenpeace estime qu’environ 70% des aliments transformés sont susceptibles de contenir des OGM.

Une quarantaine de pays ont mis en place un système d’étiquetage obligatoire des OGM. Nous pouvons aussi le faire. Les obstacles à l’étiquetage obligatoire des OGM ne sont pas techniques, mais bel et bien politiques.

4. On peut contrôler la dissémination des OGM dans la nature.

FAUX! La dissémination dépend de tant de facteurs qu’elle est impossible à contrôler. Peut-on prévoir le trajet des abeilles, des oiseaux, la direction du vent? Au-delà du pollen, la dissémination peut avoir lieu à l’origine dans les semences, dans les moissonneuses lors des récoltes ou encore dans les silos pendant le stockage. À titre d’exemple, le Japon importe des graines de canola du Canada (OGM à presque 100%), afin de fabriquer de l’huile, des engrais et de la nourriture pour animaux. En 2005, des chercheurs japonais ont découvert des pousses de canola OGM autour des ports où arrivent ces graines importées par bateau... Les exemples de contamination provenant des OGM se comptent par centaines. Dans un de ses rapports, Gene Watch UK fait état des cas de contamination provenant des OGM dans le monde. (Résumé en français)

Comme pays exportateur de produits agricoles, le Canada a la responsabilité de ne pas contaminer ses clients et leurs écosystèmes avec les OGM. Pourtant, le Canada n’a toujours pas ratifié le protocole de biosécurité des Nations Unies alors que 153 pays l’ont fait. Pourquoi?

5. Il est possible de séparer les filières OGM et non OGM.

FAUX! Il est impossible de maintenir deux filières parfaitement étanches. Toutes les études consacrées au sujet en conviennent. Les cultures transgéniques en champs contaminent régulièrement les champs des autres agriculteurs qui ne souhaitent pas faire d’OGM, que cela se fasse par les semences, le pollen, les moissonneuses ou dans les silos... Dans un de ses rapports, Gene Watch UK fait état des cas de contamination provenant des OGM dans le monde. (Résumé en français)

Dans tous les pays où les cultures d’OGM sont autorisées, comme c’est le cas chez nous, la liberté de l’agriculteur est bafouée, de même que l’est la liberté du consommateur de choisir des produits sans OGM. Le Canada est le quatrième producteur mondial d’OGM, derrière les États-Unis, l’Argentine et le Brésil. De plus, le Canada est l’un des rares pays industrialisés à ne pas avoir mis en place un système d’étiquetage obligatoire des OGM. Les gouvernements canadiens et québécois refusent de mettre en place l’étiquetage obligatoire des OGM même si plus de 86% des Québécois et des Québécoises exigent le droit de savoir.

Comme l’illustrent malheureusement de nombreux cas de contamination génétique, la coexistence entre OGM et non OGM est impossible. C’est pour cela que Greenpeace s’oppose à la dissémination des OGM dans l’environnement.

6. Refuser les OGM, c’est s’opposer aux progrès de la science.

FAUX! Greenpeace réclame, au contraire, plus de science et de recherche publique sur le génome et ses interactions avec la nature, afin de développer une agriculture respectueuse de l’environnement. Greenpeace ne refuse pas les OGM qui sont cultivés en milieu strictement confiné sous serre ou en laboratoire, mais la dissémination des OGM dans la nature. Nous n’avons pas la moindre idée de leurs impacts à long terme sur l’environnement, ni ceux sur la santé, humaine ou animale. Le gouvernement canadien utilise des évaluations scientifiques sur les OGM qui sont obsolètes. Greenpeace est inquiète, car à partir d’un certain niveau de contamination, inconnu pour l’instant, il ne sera plus possible de revenir en arrière!

7. L’humain a toujours modifié les gènes des plantes. Les OGM s’inscrivent dans cette tradition.

FAUX! Les OGM vont au-delà de la barrière entre les espèces. Croiser deux variétés de roses pour améliorer leur parfum et créer un maïs qui produit son propre insecticide, ce n’est pas la même chose. Dans le premier cas, on s’inscrit dans la logique de la sélection et du croisement des espèces. Dans l’autre on "bricole" un nouvel ADN, afin de rajouter artificiellement un ou plusieurs gènes d’espèces parfois très différentes (un gène animal, de poisson par exemple, peut être introduit dans l’ADN d’une fraise). Les OGM constituent une rupture technologique aux conséquences tout à fait imprévisibles.

8. Avec les OGM, les agriculteurs utilisent moins de pesticides. <>

FAUX! Les quantités de pesticides utilisées ont augmenté avec le développement des cultures transgéniques. En effet, avec une plante tolérante à un herbicide comme le canola, le soya ou le maïs Round-Up Ready, l’agriculteur peut utiliser encore plus d’herbicides, car l’objectif même d’une telle plante OGM est d’être tolérante à un épandage massif de l’herbicide Round-Up. Les entreprises, comme Monsanto, qui fabriquent les herbicides sont les mêmes que celles qui mettent au point les OGM. Cela conduit donc à une dépendance accrue de l’agriculteur, qui doit acheter ses semences et son herbicide à la même entreprise! L’herbicide Round-up aurait aussi des impacts très toxiques.

D’autres plantes OGM, comme le maïs Bt, sont conçues pour produire elles-mêmes un pesticide. Ces plantes produisent de l’insecticide en continu, jusque dans leurs racines. Des résidus de maïs Bt se retrouvent dans les sédiments de rivières ce qui peut avoir des effets nuisibles sur les espèces aquatiques. Certes, le maïs Bt peut comporter un avantage pour la santé de l’agriculteur, qui n’a pas à appliquer lui-même l’insecticide, mais il n’en demeure pas moins que les risques environnementaux sont hautement accrus!

9. Les agriculteurs rachètent leurs semences tous les ans. Ils dépendent déjà des semenciers, les OGM n’y changent rien.

Faux! La grande majorité des agriculteurs dans le monde resèment une partie de leur récolte ou l’échangent avec leurs voisins. Les OGM constituent un moyen de breveter les semences et ainsi d’obliger tous les agriculteurs à les racheter chaque année. En décembre 2008, la police des gènes de Monsanto a coincé trois agriculteurs du Saguenay-Lac-St-Jean qui avaient soi-disant planté illégalement du canola Round-up Ready.

De plus, comme les semences transgéniques s’utilisent rarement seules, les agriculteurs sont obligés d’acheter des lots « semences OGM + produits d’accompagnements (herbicides, pesticides, engrais) ». En effet, les multinationales qui brevettent et commercialisent les semences OGM telles que Monsanto, Syngenta et Bayer produisent également les produits chimiques qui les accompagnent. En contrôlant ainsi la chaîne alimentaire, la commercialisation des OGM représente une opportunité commerciale sans précédent pour l’industrie agrochimique!

10. Les OGM permettent aux agriculteurs d’améliorer leurs rendements.

FAUX! C’est ce que les industries agrochimiques font miroiter aux agriculteurs, mais aucune étude sérieuse ne le prouve. En plus de 13 ans d’existence, nulle part les OGM n’ont fait preuve de leur capacité à contribuer au mieux-être des agriculteurs ou des populations. Dans certains pays, les rendements ont augmenté la première année, puis fortement diminué ensuite. Dans d’autres, ils sont égaux ou inférieurs. Aucune plante OGM n’a été génétiquement modifiée spécifiquement pour augmenter les rendements.

Un rapport scientifique récent de l’Union of Concerned Scientists aux États-Unis a confirmé que les OGM n’ont pas augmenté les rendements. Voir notre blogue à ce sujet.

En Inde, on ne compte plus les faillites dramatiques des producteurs de coton OGM. Des centaines de cultivateurs se sont même suicidés, ne pouvant affronter le marasme écologique et économique auquel ils doivent faire face, après avoir utilisé des semences de coton OGM brevetées par Monsanto. Les OGM ne sont pas fabriqués pour augmenter les rendements, mais pour être tolérants aux herbicides ou pour produire un insecticide. L’illusion doit prendre fin!

Thèmes
Tags