L'agriculture écologique et biologique

Publication - 10 mai, 2009
L'agriculture biologique peut se définir comme un système de production encourageant l'entreprise agricole à gérer ses ressources de façon cyclique et à augmenter la fertilité ainsi que l'activité biologique du sol en accroissant la qualité et la quantité de la matière organique présente dans celui-ci. L'agriculture biologique vise donc à restreindre les apports de l'extérieur de la ferme en substituant aux engrais et aux pesticides synthétiques un environnement qui comprend une gamme très diversifiée d'espèces et une activité biologique importante (définition inspirée des normes biologiques de référence du Québec).

En se basant sur cette définition, on ne peut s'étonner qu'un concept de production agricole qui tend à restreindre les apports d'intrants (fertilisants, pesticides, médicaments etc.) à l'intérieur de l'agro-écosystème s'attire les foudres du lobby de l'agriculture industrielle, qui elle, repose sur l'utilisation massive d'intrants à la ferme. Ce lobby accuse régulièrement les adeptes de l'agriculture biologique d'être idéologiques et de ne pas pouvoir prouver scientifiquement les prétendus avantages de ce type d'agriculture. Or, rien n'est plus faux. En fait, quoique la recherche sur l'agriculture biologique soit encore nettement insuffisante, de nombreuses études démontrent la supériorité de l'agriculture biologique par rapport à l'agriculture que l'on qualifie de conventionnelle.

L'agriculture biologique a fait ses preuves

L’époque où l’on pouvait clamer haut fort que l’agriculture biologique était moins productive et moins efficace est révolue. En janvier 2008, plus de 4000 experts de l’ONU (IAASTD) provenant de plus de 60 pays ont conclu que les méthodes de l’agriculture industrielle – qui utilise des quantités excessives de produits chimiques nuisibles à l’environnement – devraient être remplacées par des procédés plus susceptibles de s’harmoniser à la nature, tout en évitant les famines. Ils rejetaient d’emblée le recours aux OGM!

Mettre en place le rapport de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire au Québec.

Il faut reconnaître que le secteur de l'agriculture biologique, étant laissé à lui-même, est limité dans l'atteinte de son plein potentiel et ne peut ainsi rendre à la société tous les bénéfices qu'il peut potentiellement lui offrir. De plus en plus de consommateurs comprennent l'importance d'encourager le secteur de l'agriculture biologique. Il est maintenant temps que ce type d'agriculture holistique et écologique obtienne plus de support de la part de l'État, qui en récoltera par la suite les bénéfices.  Le gouvernement se doit de suivre l’ensemble des recommendations de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire au Québec (CAAAQ). Consultez le mémoire de Greenpeace à la CAAAQ.

L’agriculture biologique et la sécurité alimentaire

Malgré la contre-information de la part du lobby des OGM et de l’agrochimie, l’agriculture biologique est une meilleure solution à la faim dans le monde. Un rapport récent [en anglais] sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire en Afrique, publié par la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et le Programme des des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE) conclut que « l’agriculture biologique peut assurer aussi bien ou même mieux la sécurité alimentaire que les systèmes conventionnels et a plus de chance d’être durable dans le long terme, car elle est basée sur des assisses solides de la nature, des forces sociales, humaines, physiques et financières des communautés des paysans ».

L’agriculture durable pollue moins...

L'agriculture industrielle est une source majeure de pollution. En fait, au Canada, la pollution agricole est la plus importante source de pollution des milieux aquatiques, ce qui est notamment dû aux pesticides synthétiques et aux engrais solubles, qui ne sont pas utilisés en agriculture biologique.

Algues bleues, marée rouge, émission de gaz à effet de serre, pesticides, herbicides, algues vertes, OGM, contamination génétique, Monsanto, appauvrissement des sols, engrais chimiques, perte de biodiversité, perte de biodiversité AGRICOLE, subventions aux pollueurs, etc. Voici quelques-uns des mots ou expressions qui symbolisent l’état de crise de l’agriculture industrielle actuelle.

Que ce soit le rapport de la commission Pronovost sur l’avenir de l’agriculture au Québec ou celui de l’IAASTD des Nations-Unies, le constat est le même : on doit changer d’agriculture pour répondre aux besoins alimentaires du monde tout en préservant l’environnement.

L’agriculture durable émet moins de GES...

Les émissions de GES provenant directement de l’agriculture au Canada (sans inclure néanmoins l’utilisation d’énergie comme pour les tracteurs ou les séchoirs !) ont augmenté de 26,5 % entre 1990 et 2006, soit plus que la moyenne pancanadienne totale (+22 %). Les plus hautes augmentations proviennent de la « fermentation entérique », c’est-à-dire de la digestion des animaux d’élevage (+34 %) et des engrais (+32 %).

D’après les calculs du gouvernement fédéral, l’agriculture au Canada produit directement 62 millions de tonnes de GES annuellement, soit 8,6 % du total des émissions canadiennes en 2006. Heureusement que seulement 7 % de la surface du Canada est utilisée par l’agriculture !
Pour en savoir plus sur l’impact de l’agriculture conventionnelle et les émissions de GES.

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