L'étiquetage des OGM n'est pas un mythe!

Publication - 10 mai, 2009
Une quarantaine de pays ont mis en place un système d’étiquetage obligatoire des OGM. Nous pouvons aussi le faire! Les obstacles à l’étiquetage obligatoire des OGM ne sont pas techniques, mais bel et bien politiques. Le Canada est le quatrième producteur d’OGM au monde, derrière les États-Unis, l’Argentine et le Brésil. Le gouvernement de M. Charest doit tenir sa promesse faite en 2003 et mettre en place un étiquetage obligatoire au Québec et ce, dès maintenant.

Traçabilité des OGM
Afin de garantir qu'il n'y ait pas d'OGM dans les aliments que l'on retrouvent dans les épiceries, le moyen le plus économique, pratique et rigoureux serait de s'assurer que chacun des ingrédients de base qui entre dans la fabrication des aliments transformés n'en contiennent pas.

Il faut donc mettre en place un système de traçabilité dans la chaîne alimentaire qui repose principalement sur des garanties formelles de chacun des fournisseurs et, que ponctuellement des tests soient effectués par des laboratoires indépendants. Il ne sera donc pas nécessaire de tester chacun des produits dans les épiceries.

Le Québec pourrait commencer par adopter des normes d'étiquetage similaires de celles de l'Europe, avec un seuil de 0,9 % au-dessus duquel il serait obligatoire d'étiqueter OGM. Il faut noter que le seuil de 0,9 % s'applique à chacun des ingrédients pris individuellement et la présence d'OGM doit être accidentelle et non permanente.

Coûts de l'étiquetage
Greenpeace et d’autres groupes ont rendus publics une étude faite pour le ministère de l’agriculture (MAPAQ) du Québec sur les coûts de l’étiquetage des OGM.  En faisant une analyse de cette étude, on se rend compte que l’étiquetage des OGM ne serait pas aussi cher que ce que l’industrie prétend.

De plus, l'expérience européenne a démontré que les prix au détail pour les consommateurs n'ont pas augmenté après l'application de l'étiquetage. De grandes chaînes d'épicerie en Europe comme Safeway, Marks & Spencer et CWS Retail ont simplement réorganisé leurs approvisionnements pour offrir des aliments sans OGM et, au même prix comme le réclamait la grande majorité de leurs clientèles.Le Commissaire européen pour la santé et la protection des consommateurs, M. David Byrne, l'a confirmé en déclarant :

« Certains prétendent que les coûts vont augmenter d'une manière significative à cause de notre projet d'étiquetage. Nous ne croyons pas que cela soit le cas. Le système d'étiquetage actuel (basé sur l'ADN et la protéine) proposé en 1997 n'a pas fait augmenter les coûts malgré les prédictions horribles avancées par certains groupes d'intérêt. »

Néanmoins, s'il y avait des coûts supplémentaires reliés à un système d'étiquetage obligatoire, il faudrait s'assurer que les agriculteurs qui cultivent sans OGM et les consommateurs qui ne veulent pas en manger n'assument pas la facture !

Ce sont ceux qui produisent et utilisent les OGM qui devront payer. Comme Monsanto produit et commercialise plus de 90% des cultures OGM à travers le monde, nous n'avons pas à subventionner indirectement cette entreprise en payant nos aliments plus chers pour éponger les coûts reliés à l'étiquetage.

Plus de 86% des Québécois et des Québécoises exigent le droit de savoir.  Un débat de société sur l'ensemble du dossier des OGM s'impose. C'est pour cela que Greenpeace réclame la tenue d'une enquête publique, sous l'égide du BAPE (Bureau d'audiences publiques en environnement), le plus rapidement possible.

Moratoire
De plus, il faudrait que le gouvernement décrète un moratoire sur les cultures GM au Québec au moins jusqu'au dépôt du rapport du BAPE. Nous aurions enfin un grand débat démocratique où nous pourrions nous questionner collectivement : a-t-on vraiment besoin des OGM ?

Dans son Guide des produits avec ou sans OGM, Greenpeace estime qu’environ 70% des aliments transformés sont susceptibles de contenir des OGM.

 

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