1. Les OGM permettront de résoudre le problème de la faim dans
le monde.
FAUX! La recherche en matière de
biotechnologies agricoles est entre les mains d'entreprises qui
sont avant tout à la
recherche d'agriculteurs solvables et non de pauvres paysans.
Les partisans de l'agriculture transgénique se font fort
d'expliquer que les cultures OGM pourront résister à la sécheresse
ou produire des aliments aux qualités nutritionnelles améliorées.
En réalité, il n'existe pratiquement aucun programme pour résoudre
les problèmes alimentaires dans les pays en voie de
développement.
En avril 2008, le rapport final de l'évaluation
Internationale des Sciences et des Technologies au Service du
Développement (
IAASTD), l'équivalent du GIEC (Groupe intergouvernemental
d'experts sur le climat), a d'ailleurs formellement conclu que
les OGM n'étaient pas une solution pour faire face aux
enjeux de la sécurité alimentaire. Lire la lettre
d'opinion de Greenpeace sur l'IAASTD dans
La Presse.
Pour lutter contre la famine et faire face à l'augmentation de
la population, il faut d'abord garantir l'accès à la terre, mieux
organiser les marchés locaux et investir dans la recherche sur les
plantes traditionnelles. La faim est avant tout un problème
politique et économique. Écoutez ce que des ONG africaines
pensent des OGM [
vidéo].
Un
rapport scientifique récent de l'Union of Concerned
Scientists aux États-Unis a confirmé que les OGM n'ont pas
augmenté les rendements. Voir notre
blogue à ce sujet.
2. Les OGM ne sont pas dangereux.
En réalité, on n'en sait rien! L'innocuité des OGM pour
la santé n'a jamais été prouvée. Plusieurs études récentes
tendent à prouver le contraire. En 2007,
une étude réalisée en France par le CRII-GEN (Comité de
recherche et d'information indépendante sur le génie génétique) a
montré que des rats nourris pendant 90 jours avec du maïs
Mon863 présentaient des anomalies au foie, aux reins et au sang
qui pourraient être des signes de toxicité. Compte tenu des
risques, tous les pays devraient appliquer le principe de
précaution et refuser que des OGM soient cultivés en champs. Malgré
cela, les gouvernements canadiens et québécois refusent
toujours de mettre en place l'étiquetage obligatoire des OGM et ce,
même si plus de
86% des Québécois et des Québécoises exigent le droit de
savoir.
L'innocuité des OGM pour l'environnement n'a pas non
plus été démontrée. En fait,
un rapport publié en 2001 par 14 experts de la Société royale du
Canada, la plus haute instance scientifique au Canada,
proposait 58 recommandations pour des Élements de
précaution sur les OGM. Ce rapport, pourtant commandé
par le gouvernement fédéral canadien, a été totalement ignoré par
ce dernier comme le démontre un
article scientifique. Pourquoi le Canada ignore-t-il
l'opinion de ses meilleurs scientifiques?
3. L'étiquetage obligatoire des OGM coûte trop cher.
Faux! C'est ce que tente de nous faire croire
l'industrie, mais il n'en est rien. En 2006,
une étude du ministère de l'agriculture du Québec (MAPAQ) a
confirmé que les coûts de l'étiquetage obligatoire des OGM
ne seraient pas aussi élevés que l'industrie ne le laissait croire
jusqu'alors.
Le Canada est le quatrième producteur d'OGM au monde, derrière
les États-Unis, l'Argentine et le Brésil. Puisqu'il n'existe aucun
système d'étiquetage obligatoire des OGM, ni au Canada, ni au
Québec, il est très difficile de savoir quels aliments contiennent
des OGM. Les principales céréales OGM cultivées chez nous sont le
canola, le soya ainsi que le maïs. Dans son Guide des produits avec ou
sans OGM, Greenpeace estime qu'environ 70% des aliments
transformés sont susceptibles de contenir des OGM.
Une
quarantaine de pays ont mis en place un système d'étiquetage
obligatoire des OGM. Nous pouvons aussi le faire. Les
obstacles à l'étiquetage obligatoire des OGM ne sont pas
techniques, mais bel et bien politiques.
4. On peut contrôler la dissémination des OGM dans la
nature.
FAUX! La dissémination dépend de tant de facteurs
qu'elle est impossible à contrôler. Peut-on prévoir le
trajet des abeilles, des oiseaux, la direction du vent? Au-delà du
pollen, la dissémination peut avoir lieu à l'origine dans les
semences, dans les moissonneuses lors des récoltes ou encore dans
les silos pendant le stockage. À titre d'exemple, le Japon importe
des graines de
canola du Canada (OGM à presque 100%), afin de fabriquer de
l'huile, des engrais et de la nourriture pour animaux. En 2005, des
chercheurs japonais ont découvert des pousses de canola OGM autour
des ports où arrivent ces graines importées par bateau...
Les exemples de contamination provenant des OGM se comptent
par centaines. Dans un de ses rapports, Gene Watch UK fait état des
cas de contamination provenant des OGM dans le monde. (
Résumé en français)
Comme pays exportateur de produits agricoles, le Canada a la
responsabilité de ne pas contaminer ses clients et leurs
écosystèmes avec les OGM. Pourtant, le Canada n'a toujours
pas ratifié le protocole de
biosécurité des Nations Unies alors que 153 pays
l'ont fait. Pourquoi?
5. Il est possible de séparer les filières OGM et non OGM.
FAUX! Il est impossible de maintenir deux filières
parfaitement étanches. Toutes les études consacrées au
sujet en conviennent. Les cultures transgéniques en champs
contaminent régulièrement les champs des autres agriculteurs qui ne
souhaitent pas faire d'OGM, que cela se fasse par les semences, le
pollen, les moissonneuses ou dans les silos... Dans un de
ses rapports, Gene Watch UK fait état des cas de contamination
provenant des OGM dans le monde. (
Résumé en français)
Dans tous les pays où les cultures d'OGM sont autorisées, comme
c'est le cas chez nous, la liberté de l'agriculteur est bafouée, de
même que l'est la liberté du consommateur de choisir des produits
sans OGM. Le Canada est le quatrième producteur mondial
d'OGM, derrière les États-Unis, l'Argentine et le Brésil.
De plus, le Canada est l'un des rares pays industrialisés à ne pas
avoir mis en place un système d'étiquetage obligatoire des OGM.
Les gouvernements canadiens et québécois refusent de mettre
en place l'étiquetage obligatoire des OGM même si plus de
86% des Québécois et des Québécoises exigent le droit de
savoir.
Comme l'illustrent malheureusement de nombreux cas de
contamination génétique, la
coexistence entre OGM et non OGM est impossible. C'est
pour cela que Greenpeace s'oppose à la dissémination des OGM dans
l'environnement.
6. Refuser les OGM, c'est s'opposer aux progrès de la
science.
FAUX! Greenpeace réclame, au contraire, plus de science
et de recherche publique sur le génome et ses interactions
avec la nature, afin de développer une agriculture respectueuse de
l'environnement. Greenpeace ne refuse pas les OGM qui sont cultivés
en milieu strictement confiné sous serre ou en laboratoire, mais la
dissémination des OGM dans la nature. Nous n'avons pas la moindre
idée de leurs impacts à long terme sur l'environnement, ni ceux sur
la santé, humaine ou animale. Le gouvernement canadien utilise des
évaluations scientifiques sur les OGM qui sont
obsolètes. Greenpeace est inquiète, car à partir d'un
certain niveau de contamination, inconnu pour l'instant, il ne sera
plus possible de revenir en arrière!
7. L'humain a toujours modifié les gènes des plantes. Les OGM
s'inscrivent dans cette tradition.
FAUX! Les OGM vont au-delà de la barrière entre les
espèces. Croiser deux variétés de roses pour améliorer
leur parfum et
créer un maïs qui produit son propre insecticide, ce n'est pas
la même chose. Dans le premier cas, on s'inscrit dans la logique de
la sélection et du croisement des espèces. Dans l'autre on
"bricole" un nouvel ADN, afin de rajouter artificiellement un ou
plusieurs gènes d'espèces parfois très différentes (un gène animal,
de poisson par exemple, peut être introduit dans l'ADN d'une
fraise). Les OGM constituent une rupture technologique aux
conséquences tout à fait imprévisibles.
8. Avec les OGM, les agriculteurs utilisent moins de
pesticides.
FAUX! Les quantités de pesticides utilisées ont augmenté
avec le développement des cultures transgéniques. En
effet, avec une plante tolérante à un herbicide comme le canola, le
soya ou le maïs Round-Up Ready,
l'agriculteur peut utiliser encore plus d'herbicides, car
l'objectif même d'une telle plante OGM est d'être tolérante à un
épandage massif de l'herbicide Round-Up. Les
entreprises, comme Monsanto, qui fabriquent les herbicides sont les
mêmes que celles qui mettent au point les OGM. Cela
conduit donc à une dépendance accrue de l'agriculteur, qui doit
acheter ses semences et son herbicide à la même entreprise!
L'herbicide Round-up aurait aussi des
impacts très toxiques.
D'autres plantes OGM, comme le maïs Bt, sont
conçues pour produire elles-mêmes un pesticide. Ces
plantes produisent de l'insecticide en continu, jusque dans leurs
racines. Des résidus de maïs Bt se retrouvent dans les
sédiments de rivières ce qui peut avoir des effets nuisibles
sur les espèces aquatiques. Certes, le maïs Bt peut
comporter un avantage pour la santé de l'agriculteur, qui n'a pas à
appliquer lui-même l'insecticide, mais il n'en demeure pas moins
que les risques environnementaux sont hautement accrus!
9. Les agriculteurs rachètent leurs semences tous les ans. Ils
dépendent déjà des semenciers, les OGM n'y changent rien.
Faux! La grande majorité des agriculteurs dans le monde
resèment une partie de leur récolte ou l'échangent avec leurs
voisins. Les OGM constituent un moyen de breveter les
semences et ainsi d'obliger tous les agriculteurs à les racheter
chaque année. En décembre 2008, la police des gènes de Monsanto a
coincé trois
agriculteurs du Saguenay-Lac-St-Jean qui avaient soi-disant
planté illégalement du canola Round-up Ready.
De plus, comme les semences transgéniques s'utilisent
rarement seules, les agriculteurs sont obligés d'acheter des lots «
semences OGM + produits d'accompagnements (herbicides, pesticides,
engrais) ». En effet, les multinationales qui brevettent
et commercialisent les semences OGM telles que Monsanto, Syngenta
et Bayer produisent également les produits chimiques qui les
accompagnent. En contrôlant ainsi la chaîne alimentaire, la
commercialisation des OGM représente une opportunité commerciale
sans précédent pour l'industrie agrochimique!
10. Les OGM permettent aux agriculteurs d'améliorer leurs
rendements.
FAUX! C'est ce que les industries agrochimiques
font miroiter aux agriculteurs, mais aucune étude sérieuse
ne le prouve. En plus de 13 ans d'existence, nulle part les OGM
n'ont fait preuve de leur capacité à contribuer au mieux-être des
agriculteurs ou des populations. Dans certains pays, les
rendements ont augmenté la première année, puis
fortement diminué ensuite. Dans d'autres, ils sont égaux ou
inférieurs. Aucune plante OGM n'a été génétiquement
modifiée spécifiquement pour augmenter les rendements.
Un
rapport scientifique récent de l'Union of Concerned
Scientists aux États-Unis a confirmé que les OGM n'ont pas
augmenté les rendements. Voir notre
blogue à ce sujet.
En Inde, on ne compte plus les faillites dramatiques des
producteurs de coton OGM. Des centaines de cultivateurs se
sont même suicidés, ne pouvant affronter le marasme écologique et
économique auquel ils doivent faire face, après avoir utilisé des
semences de coton OGM brevetées par Monsanto. Les OGM ne
sont pas fabriqués pour augmenter les rendements, mais pour être
tolérants aux herbicides ou pour produire un insecticide.
L'illusion doit prendre fin!