Cet agriculteur de la région de Wenqaylla, en Bolivie, utilise le lupin changeant comme fertilisant naturel pour sa récolte de pommes de terre. Ainsi, il ne dépend pas de pesticides et fertilisants artificiels pour la gestion de sa plantation.
Elle doit contribuer au maintien de la vie sur Terre. Nous
croyons que la nourriture doit être produite par des humains et
pour les humains, en plus d'être saine, nutritive et accessible.
Greenpeace croit que les agriculteurs doivent être reconnus comme
les gardiens de la biodiversité. Voici les sept principes de
l'agriculture durable :
1. Garantir une nourriture accessible et adéquate pour
tous, aujourd'hui et demain
Plus de 840 millions d'hommes et de femmes à travers le monde
souffrent de faim et de malnutrition causées par une distribution
inéquitable de vivres. On conçoit trop souvent la nourriture comme
étant un simple produit alors qu'il s'agit d'un droit humain. La
souveraineté et la sécurité alimentaire nous concernent tous.
2. Protéger et restaurer les écosystèmes agricoles et la
biodiversité
La standardisation de la production alimentaire et les pratiques
agricoles industrialisées et intensives menacent les écosystèmes
agricoles. Les conséquences sont importantes : perte de la
biodiversité, dégradation des sols, salinisation, etc. Seules 15
espèces végétales et 8 espèces animales représentent 90 % de notre
production alimentaire totale. Ce grave manque de biodiversité
dégrade la santé des écosystèmes et mine la production
alimentaire.
3. Réduire la consommation d'énergie et d'eau, réduire
les déchets ainsi que les risques pour la santé humaine et
l'environnement
Les systèmes d'agriculture industrialisés dépendent de facteurs
externes : énergie, produits agrochimiques et eau. L'utilisation
combinée de fertilisants chimiques, d'agrotoxines ainsi que
d'énergie fossile, de systèmes de transport et d'emballages
excessifs participe largement aux changements climatiques. Le
développement de la monoculture a favorisé l'utilisation massive de
pesticides et herbicides. L'utilisation d'OGM augmente davantage
les dépendances chimiques.
4. L'émancipation des petits agriculteurs, des fermes
familiales et des communautés rurales
Dans le monde entier, l'industrialisation agricole a mené et
mène toujours à l'exclusion des petits agriculteurs et des
travailleurs agricoles des communautés rurales. Ce qui revient à
les priver de leurs moyens de subsistance et de leurs terres. La
privatisation de l'eau, des terres et des ressources génétiques
accroît cette tendance. La clé d'une production alimentaire durable
est d'aider les petites exploitations et de reconnaître leur rôle
en tant que gardiens de la biodiversité et de la souveraineté
alimentaire locale.
5. Réorienter la recherche scientifique vers la
durabilité et l'équité
L'influence grandissante de l'industrie sur la recherche et les
technologies agricoles menace la biodiversité et les solutions
agroécologiques. La recherche massive dans le domaine de la
mécanisation, des produits chimiques et des technologies à haut
risque (génétique et nanotechnologie) augmente les risques pour
notre environnement. La vraie solution consiste à remettre
l'agriculture en harmonie avec la nature plutôt que de lui imposer
un modèle industriel.
6. Promouvoir le commerce agricole qui tient compte du
développement durable et de l'équité
La libéralisation des marchés et autres politiques mises en
place notamment par l'Organisation mondiale du commerce (OMC)
menacent sérieusement la sécurité et la souveraineté alimentaire.
Elles donnent plus de poids au contrôle de l'industrie dans la
chaîne alimentaire, nuisent à l'agriculture à petite échelle et
affaiblissent les mesures protectrices qui défendent et aident les
plus marginalisés et appauvris de la société.
7. Promouvoir la consommation durable d'une nourriture
saine, naturelle et locale
Tandis que des millions de personnes meurent à cause de
malnutrition et de manque de nourriture, la surconsommation et
l'obésité sont des problèmes de santé croissant dans de nombreux
pays. La production et la consommation excessive de viande ainsi
que d'autres produits alimentaires à haute valeur énergétique
démontrent que les ressources agricoles sont utilisées
inefficacement et que la production est orientée vers les cultures.
La plupart des gens ne savent pas d'où proviennent leurs denrées et
sont complètement inconscients des impacts et des conséquences de
leurs choix alimentaires. L'industrialisation de l'agriculture a
donc réduit la diversité des produits alimentaires offerts au
public. La tendance vers des aliments de plus en plus transformés
répond plus aux normes de l'industrie agroalimentaire et du
marketing qu'aux besoins nutritionnels. De plus, les aliments
transformés à haute teneur technologique et les aliments dits
fonctionnels produits par les OGM ne font que prétendre remettre
les éléments nutritifs (un à la fois!) qui ont été perdus à cause
de l'industrialisation de l'agroalimentaire.
Forte de son expérience de près de 35 ans à œuvrer pour la
protection de l'environnement, à se préoccuper des questions
touchant la forêt, les océans, la biodiversité, les OGM, l'énergie
et les changements climatiques, Greenpeace a constamment été
confrontée aux dommages environnementaux causés par l'agriculture
industrielle et chimique ainsi que par les politiques publiques qui
la soutiennent.Avant même que les OGM ne soient autorisés et
commercialisés, Greenpeace avait déjà tiré la sonnette d'alarme sur
les principaux risques qui y sont associés, soit la contamination
génétique, la tolérance aux herbicides et l'augmentation de leur
utilisation.
Les descriptions de Greenpeace de 1992 sur les dégâts
environnementaux causés par l'industrialisation de l'agriculture en
Europe sont encore valides aujourd'hui. Des organisations comme les
Nations Unies ont également émis des réserves et des alertes
internationales. Ayant quadruplé entre 1960 et 1998, l'utilisation
mondiale d'herbicides est de quelque 150 millions de tonnes par
an.
Documents et lectures connexes