Page - 12 janvier, 2007
Les industries de l’agro-biotechnologie aimeraient bien que le concept d’agriculture durable serve leurs intérêts et stratégies.
Le groupe de pression pro-OGM CropLife International (qui
représente Monsanto, Aventis, BASF, Bayer, DuPont et autres)
recommande de « créer des occasions favorables à l'agriculture
durable ». Pour cet organisme, « les petits propriétaires terriens
des pays en voie de développement » n'ont plus que deux solutions
devant eux : « s'adapter au marché ou rester en marge du processus
». Et la position de CropLife d'« aller de l'avant dans le sens du
marché » est censée leur offrir une planche de salut…
Il semble évident que le lobby industriel
bio-chimicotechnologique ne s'intéresse qu'à l'agriculture
génératrice de profits. L'agriculture locale leur rapporte peu.
Elle fonctionne en grande partie en dehors des mécanismes des
grands marchés et financiers. Sera-t-elle bientôt considérée par
les industriels comme un frein à l'agriculture de marché?
De quelle agriculture voulons-nous? Faut-il produire pour
nourrir des personnes ou générer des biens pour répondre au marché
mondial? Devons-nous améliorer l'autonomie des agriculteurs et la
souveraineté alimentaire des populations locales ou accroître le
contrôle des entreprises sur la chaîne alimentaire? Veut-on
préserver les ressources environnementales et agrobiologiques ou
gagner des parts de marché tout en réduisant au maximum les coûts
financiers de nos producteurs?
Voilà un des nombreux défis de la CAAAQ.