Irresponsabilité des entreprises

Page - 13 janvier, 2007
Les cas de contamination génétique par le canola OGM sont très connus. Non seulement, celui-ci a contaminé le canola canadien non GM , mais le canola OGM que le Canada exporte contamine le Japon.

Activiste de Greenpeace à Montréal, avec un baril de canola génétiquement machiné pour le ministre canadien de l'environnement, Stéphane Dion.

Ne reculant devant rien pour imposer ses semences, Monsanto menace de poursuivre systématiquement en justice pour « violation de brevets » tout agriculteur contaminé par des semences OGM. Monsanto consacre 10 M$ annuellement ainsi que 75 permanents à ces efforts de harcèlement.  Ceux-ci sont rangés en trois grandes catégories : les enquêtes sur les agriculteurs, les règlements directs à l'amiable et les litiges contre les agriculteurs. Jusqu'en 2004, Monsanto a engagé 90 procès contre des agriculteurs américains dans 25 états, visant 147 agriculteurs et 39 PME.

Mais ce processus d'intimidation des agriculteurs ne s'arrête pas là.  Dans la très célèbre bataille judiciaire entre l'agriculteur canadien Percy Schmeiser et Monsanto, les juges de la Cour Suprême du Canada ont décidé (à 5 contre 4), en mai 2004, de maintenir le droit du brevetage de Monsanto sur un gène, ce qui de facto et par conséquent va à l'encontre de la biosécurité et de la réalité biologique de la contamination.  Bien que la décision de la Cour Suprême du Canada confirme que les plantes ne sont pas brevetables au Canada, elle reconnaît que « l'utilisation » d'un gène protégé par un brevet dans une plante non brevetable peut-être considéré comme une violation du brevet.  Cette division entre un gène protégé par un brevet et une plante non brevetable constitue sans doute une explication légale pertinente, mais elle va à l'encontre d'une réalité biologique de base : le gène protégé par un brevet fait partie intégrale de la plante, même si ceci est limité par l'intention, la nature et l'étendue de « l'utilisation ».

Cette décision cristallise le vide juridique en matière de responsabilité des entreprises quant à la contamination génétique. Il expose le manque de protection légale des agriculteurs qui ne veulent pas utiliser de semences OGM et qui peuvent être victimes de cette contamination. Elle a de facto substitué le principe du « pollueur payeur » au principe du « pollueur payé »! La Suisse, l'Allemagne et l'État du Vermont ont établi par loi une responsabilité civile stricte contre la contamination génétique afin de protéger les agriculteurs qui n'utilisent pas de semences OGM. Les cas de contamination génétique menaçant la biodiversité et la sécurité alimentaire, en constante augmentation et connus de tous, sont assez nombreux pour qu'on conclue qu'il faut stopper la dissémination d'OGM dans l'environnement. Bref, il est clair que les OGM ne peuvent être associés à l'agriculture durable. 

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