Un vendeur de fruits et legumes biologiques dit non aux OGM.
Qu'entend-on par
agriculture biologique?
L'agriculture biologique peut se définir comme un
système de production encourageant l'entreprise agricole à gérer
ses ressources de façon cyclique et à augmenter la fertilité ainsi
que l'activité biologique du sol en accroissant la qualité et la
quantité de la matière organique présente dans celui-ci.
L'agriculture biologique vise donc à restreindre les apports de
l'extérieur de la ferme en substituant aux engrais et aux
pesticides synthétiques un environnement qui comprend une gamme
très diversifiée d'espèces et une activité biologique importante
(définition inspirée des normes biologiques de référence du
Québec).
En se basant sur cette définition, on ne peut
s'étonner qu'un concept de production agricole qui tend à
restreindre les apports d'intrants (fertilisants, pesticides,
médicaments etc.) à l'intérieur de l'agro-écosystème s'attire les
foudres du lobby de l'agriculture industrielle, qui elle, repose
sur l'utilisation massive d'intrants à la ferme. Ce lobby accuse
régulièrement les adeptes de l'agriculture biologique d'être
idéologiques et de ne pas pouvoir prouver scientifiquement les
prétendus avantages de ce type d'agriculture. Or, rien n'est plus
faux. En fait, quoique la recherche sur l'agriculture biologique
soit encore nettement insuffisante, de nombreuses études démontrent
la
supériorité de l'agriculture biologique par rapport à
l'agriculture que l'on qualifie de conventionnelle.
L'agriculture biologique
a fait ses preuves
L'époque où l'on pouvait clamer haut fort que
l'agriculture biologique était moins productive et moins efficace
est révolue. En janvier 2008, plus de
4000 experts de l'ONU (IAASTD) provenant de plus de 60
pays ont conclu que les méthodes de l'agriculture industrielle -
qui utilise des quantités excessives de produits chimiques
nuisibles à l'environnement - devraient être remplacées par des
procédés plus susceptibles de s'harmoniser à la nature, tout en
évitant les famines. Ils rejetaient d'emblée le recours aux
OGM!
Mettre en place le
rapport de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de
l'agroalimentaire au Québec.
Il faut reconnaître que le secteur de l'agriculture
biologique, étant laissé à lui-même, est limité dans l'atteinte de
son plein potentiel et ne peut ainsi rendre à la société tous les
bénéfices qu'il peut potentiellement lui offrir. De plus en plus de
consommateurs comprennent l'importance d'encourager le secteur de
l'agriculture biologique. Il est maintenant temps que ce type
d'agriculture holistique et écologique obtienne plus de support de
la part de l'État, qui en récoltera par la suite les bénéfices. Le
gouvernement se doit de suivre l'ensemble des recommendations de la
Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire au
Québec (
CAAAQ). Consultez le
mémoire de Greenpeace à la CAAAQ.
L'agriculture biologique
et la sécurité alimentaire
Malgré la contre-information de la part du lobby
des OGM et de l'agrochimie, l'agriculture biologique est une
meilleure solution à la faim dans le monde. Un rapport
récent [en anglais] sur l'agriculture biologique et la sécurité
alimentaire en Afrique, publié par la Conférence des Nations-Unies
sur le commerce et le développement (
CNUCED) et le Programme des des Nations-Unies pour
l'environnement (PNUE) conclut que «
l'agriculture biologique peut assurer aussi bien ou même mieux la
sécurité alimentaire que les systèmes conventionnels et a plus de
chance d'être durable dans le long terme, car elle est basée sur
des assisses solides de la nature, des forces sociales, humaines,
physiques et financières des communautés des paysans ».
L'agriculture durable
pollue moins...
L'agriculture industrielle est une source majeure
de pollution. En fait, au Canada, la pollution agricole est la plus
importante source de
pollution des milieux aquatiques, ce qui est notamment
dû aux pesticides synthétiques et aux engrais solubles, qui ne sont
pas utilisés en agriculture biologique.
Algues bleues,
marée rouge,
émission de gaz à effet de serre, pesticides,
herbicides, algues vertes, OGM, contamination génétique, Monsanto,
appauvrissement des sols, engrais chimiques, perte de biodiversité,
perte de biodiversité AGRICOLE, subventions aux pollueurs, etc.
Voici quelques-uns des mots ou expressions qui symbolisent l'état
de crise de l'agriculture industrielle actuelle.
Que ce soit le rapport de la
commission Pronovost sur l'avenir de l'agriculture au
Québec ou celui de l'
IAASTD des Nations-Unies, le constat est le même : on
doit changer d'agriculture pour répondre aux besoins alimentaires
du monde tout en préservant l'environnement.
L'agriculture durable
émet moins de GES...
Les émissions de GES provenant directement de
l'agriculture au Canada (sans inclure néanmoins l'utilisation
d'énergie comme pour les tracteurs ou les séchoirs !) ont augmenté
de 26,5 % entre 1990 et 2006, soit plus que la moyenne
pancanadienne totale (+22 %). Les plus hautes augmentations
proviennent de la « fermentation entérique », c'est-à-dire de la
digestion des animaux d'élevage (+34 %) et des engrais (+32 %).
D'après les
calculs du gouvernement fédéral, l'agriculture au Canada
produit directement 62 millions de tonnes de GES annuellement, soit
8,6 % du total des émissions canadiennes en 2006. Heureusement que
seulement 7 % de la surface du Canada est utilisée par
l'agriculture !
Pour en savoir plus sur l'impact de l
'agriculture conventionnelle et les émissions de
GES.