À Abbotsford, en Colombie-Britannique, des militants de Greenpeace ont taillé un immense point d’interrogation (de 60 m) dans un champ de maïs génétiquement modifié Monsanto NK603. Les scientifiques ont récemment découvert un lien entre ce maïs et des problèmes de foie et de reins chez les rats. Greenpeace demande que l’étiquetage des aliments génétiquement modifiés soit obligatoire partout dans le monde. C’est déjà le cas dans plus de 40 pays, mais le Canada et les États-Unis refusent toujours de donner à leurs citoyens le droit de savoir si leur assiette contient des ingrédients génétiquement modifiés. © Greenpeace / Michael Desjardins

Le génie génétique est un ensemble de techniques permettant de manipuler des gènes pour fabriquer de nouveaux organismes que la nature ne peut créer . Contrairement au génie génétique, les techniques de croissement qui ne franchisent pas la barrière naturelle des espéces, permettent de créer de nouvelles variétés de plantes en sélectionnant des caractéristiques déjà présentes chez une espèce. Dans la nature, la diversité génétique comporte certaines limites. Le maïs peut être croisé avec une autre variété de maïs, mais pas avec une bactérie du sol.

Les OGM en sont encore au stade expérimental et ne tiennent pas compte de l’incroyable complexité des relations entre les gènes et les organismes, et des organismes avec leur environnement. L’ingénierie génétique transfert un gène d’une espèce et les intègre à une autre, dans l’espoir de transférer une caractéristique particulière. A titre d’exemple, des scientifiques ont essayé d’introduire dans la tomate le gène des poissons de l’Arctique leur permettant de résister au froid. Après des décennies de recherche et de commercialisation les seuls OGM utilisés à grande échelle sont soit des plantes OGM résistantes à un herbicide ou soit des plantes qui produisent un pesticide ou les deux à fois.

Droit de savoir ce que l’on mange

Dans tout le pays, 70 pour cent des aliments vendus dans les épiceries contiennent ou peuvent contenir des OGM. Bien que 95 pour cent des Québécois et des Canadiens estiment avoir le droit de savoir ce qu’ils mangent, l’étiquetage des aliments OGM n’est pas obligatoire au pays. Dans des dizaines d’autres pays, des lois ou des projets de loi sur l’étiquetage obligatoire des aliments OGM protègent plus de deux milliards de personnes. Pour donner aux consommateurs une information leur permettant d’éviter les OGM dans leur alimentation, Greenpeace a produit le Guide des produits avec ou sans OGM.

Contamination génétique

Les cultures OGM sont une menace pour la diversité biologique. La nature et les techniques de reproduction classiques assurent la survie de la biodiversité et la production alimentaire. Au contraire, les cultures OGM les mettent en péril en contaminant les espèces vivantes. Les risques encourus sont imprévisibles, voire irréversibles. La pollution génétique se propage lorsque les plantes et micro-organismes parviennent à maturité et se reproduisent. Les cultures génétiquement modifiées sont capables de se disséminer dans la nature. Si de mauvaises herbes se croisent avec des cultures OGM résistantes aux herbicides, des super mauvaises herbes résistantes aux herbicides sont alors créées. C’est déjà le cas notamment aux États-Unis. C’est une question de temps pour que des insectes nuisibles visés par les culture OGM-pesticides (comme le maïs Bt) deviennent à leur tour résistant à ce pesticide.

Il sera peut-être trop tard lorsque nous découvrirons les effets néfastes potentiels des OGM. Les OGM ont été disséminés dans l’environnement et ils sont apparus dans nos assiettes alors que nous ne connaissons ni leurs effets à long terme sur la santé, ni leurs interactions avec d’autres organismes vivants. Les entreprises de biotechnologie comme Monsanto ne sont pas obligées de prouver qu’un OGM est sécuritaire et la plupart des études faites par ces entreprises sont confidentielles. Pour cette raison, on devrait appliquer le principe de précaution dans le cas des OGM : ne pas attendre une catastrophe pour adopter des mesures efficaces.

Terminator

L’industrie des OGM et le gouvernement canadien voudrait bien faire lever le moratoire international sur les semences Terminator. Ces dernières ou, font partie de ces technologies génétiques qui permettent aux entreprises de commercialiser des semences dont les graines stériles ne peuvent pas se reproduire (aussi appellées technologies génétiques restrictives (GURTS). Ainsi, elles empêchent les cultivateurs d’utiliser les graines provenant de leur propre récolte comme semence et les forcent à rachetter les semences. Les semences OGM Terminator sont une menace pour la sécurité alimentaire de 1,4 milliards de personnes qui dépendent des semences provenant de cultures de l’année précédente.

Il y a un moratoire international sur la technologie «Terminator» qui a déjà été interdite notamment au Brésil et en Inde. Greenpeace déclare qu’il est temps pour le Canada, grand adepte des semences de technologie «Terminator», de cesser de faire la promotion de cette technologie dangereuse.

Arbres OGM

Les arbres obtenus par génie génétique, ou arbres OGM, posent également problème. En raison de leur durée de vie plus longue et de leur capacité de reproduction plus importante, les arbres OGM font peser sur les forêts une menace qui pourrait être aussi important que celle des coupes à blanc. Les forêts d’arbres OGM risquent de contaminer les territoires naturels et d’affecter de façon irréversible les arbres indigènes, de même qu’un grand nombre de plantes et d’animaux qui en dépendent.

Greenpeace prône l’interdiction des arbres OGM. À titre de mesure provisoire, nous recommandons un moratoire mondial sur la commercialisation des arbres OGM ainsi que sur les expériences à grande échelle. Beaucoup d’autres tests doivent être effectués avant de disséminer des OGM dans l’environnement.

Pour tout savoir sur les OGM, visitez la section Ressources

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