Les émissions de CO2 causées par l’utilisation de combustibles fossiles tels que le pétrole, le gaz naturel et le charbon contribuent directement aux changements climatiques et au réchauffement de la planète.
Plus il y a de GES dans l'atmosphère, plus la chaleur est
piégée, et la hausse de la température qui s'ensuit provoque les
changements climatiques. Selon les prédictions des scientifiques, à
mesure que le climat changera, les maladies se propageront
davantage, la production agricole diminuera et des phénomènes
météorologiques extrêmes tels que des inondations et des tornades
deviendront courants.
Le dioxyde de carbone est l'un des GES qui posent le plus de
problèmes dans le contexte des changements climatiques. La quantité
de carbone augmente dans l'atmosphère quand on brûle des
combustibles fossiles; ainsi, la consommation de charbon, de
pétrole et de gaz naturel pour le chauffage et les transports
signifie que des quantités excessives de dioxyde de carbone sont
émises dans l'atmosphère, à un rythme très rapide, et la Terre n'a
pas la capacité d'absorber toutes ces émissions. Les effets sur le
climat sont maintenant en train de devenir évidents. L'hémisphère
Nord est plus chaud qu'il ne l'a jamais été au cours du dernier
millénaire, des catastrophes naturelles comme les ouragans et les
inondations deviennent plus fréquentes, et le changement des
niveaux d'eau dans les lacs et les rivières menace les ressources
alimentaires.
Afin de stopper ou d'inverser les changements climatiques, nous
devons réduire radicalement les émissions causées par notre
consommation de combustibles fossiles et assurer la protection des
puits de carbone. Malheureusement, en exploitant les sables
bitumineux de l'Alberta, les sociétés pétrolières font exactement
le contraire.
L'exploitation des sables bitumineux est la source canadienne de
pollution qui contribue le plus aux changements climatiques, car
elle engendre des émissions de 40 millions de tonnes de CO2 par
année, et elle entraîne la coupe à blanc et la destruction de
milliers d'hectares de forêt boréale ancienne. Et ces chiffres
augmentent : d'ici 2011, on prévoit que les émissions attribuables
aux sables bitumineux auront grimpé à 80 millions de tonnes de CO2.
Il est à noter que ces chiffres concernent seulement le processus
de production de pétrole à partir des sables bitumineux. Par la
suite, quand ce pétrole est utilisé comme combustible, sa
consommation produit des émissions additionnelles.
Le Canada s'est engagé à l'échelle internationale à atteindre
les cibles de réduction des émissions de GES établis dans le
Protocole de Kyoto - l'objectif était de réduire les émissions de 6
% par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2010. Malheureusement, le
Canada n'est pas parvenu jusqu'à présent à effectuer cette modeste
réduction. En fait, en 2004, le niveau des émissions avait
considérablement augmenté. Afin d'atteindre les cibles, il faut que
nous réduisions les émissions de 280 millions de tonnes par année.
Si l'exploitation des sables bitumineux se poursuit comme prévu,
nous n'avons aucun espoir d'y parvenir.
Pourquoi les sables bitumineux causent-ils tant
d'émissions?
Le pétrole qu'on veut extraire des sables bitumineux est
littéralement figé dans le sable et est très difficile à séparer de
celui-ci. D'énormes machines industrielles sont nécessaires pour
extraire du sol les sables exploitables et ces machines consomment
beaucoup de carburant. Comme il faut extraire et déplacer deux
tonnes de sables bitumineux pour produire un seul baril de pétrole,
chaque baril entraîne des émissions de 35 kg d'équivalent de CO2,
et ce type de pétrole, parmi tous les types disponibles, est celui
dont la production exige la plus grande consommation d'énergie.
Quand les sables bitumineux sont situés à une profondeur de plus
de 100 mètres sous la surface du sol et il est impossible de les
exploiter à ciel ouvert, on extrait le bitume en appliquant un
procédé appelé la séparation gravitaire stimulée par injection de
vapeur (SGSIV), qui crée encore plus d'émissions que l'exploitation
à la surface : 55 kg de CO2 par baril de pétrole. Selon le procédé
SGSIV, on injecte de la vapeur dans le sable pour que le bitume
devienne plus fluide et puisse s'écouler, après quoi on le pompe à
la surface. Le chauffage de l'eau pour produire la vapeur requise
augmente considérablement la quantité de combustibles fossiles
consommée.
Comme nous l'avons mentionné plus haut, le bitume est le type de
pétrole disponible qui est le plus lourd et de la moins bonne
qualité. Il doit être soumis à un traitement et à un raffinage
intensifs pour être transformé en pétrole brut de synthèse, ce qui
entraîne une consommation encore plus grande de vapeur et
d'énergie.