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L’Alberta est l’une des provinces les plus ensoleillées du Canada : l’ensoleillement moyen y dépasse 2 264 heures par année. L’énergie solaire qui atteint quotidiennement l’Alberta égale l’énergie produite par tous les combustibles fossiles non renouvelables (charbon, pétrole, sables bitumineux et gaz naturel) extraits chaque année dans la province.
Actuellement, la capacité de capter l’énergie solaire est freinée par le coût élevé de la technologie, mais les choses changent! Si le gouvernement de l’Alberta investissait des sommes appréciables dans la mise en place de l’infrastructure requise pour le captage de l’énergie solaire dans la province, les possibilités représentées par cette ressource énergétique seraient presque illimitées.
Il y a déjà des collectivités albertaines qui prennent les devants pour amorcer la révolution du solaire. Les célèbres cieux ensoleillés de l’Alberta permettent à la ville d’Okotoks de se démarquer en étant la première agglomération nord-américaine qui compte un quartier chauffé à l’énergie solaire grâce à un système de stockage saisonnier à grande échelle.
Pour en savoir plus, voir le site oktoks (en anglais).
L’énergie éolienne est la source énergétique qui connaît l’expansion la plus rapide au monde : son taux d’augmentation moyen est de 35 % par année. Cette montée en flèche représente d’énormes possibilités en matière d’investissement; or, étant donné les améliorations spectaculaires apportées à la technologie et l’explosion de la demande d’énergie renouvelable, cette tendance ne saurait que se poursuivre. En plus de l’attrait exercé du côté de la demande, chaque unité d’électricité produite par l’énergie éolienne entraîne une réduction de près de 100 % des émissions de gaz à effet de serre – ce qui est une excellente nouvelle tant pour la planète et que pour les humains qui y vivent.
En dépit de tous les avantages de cette forme d’énergie, l’infrastructure éolienne du Canada fait cruellement défaut. Le Canada ne tire que 570 mégawatts de l’énergie éolienne, beaucoup moins que les plus de 30 000 mégawatts de ressources éoliennes exploitables qui sont disponibles au pays, et dont une bonne partie se trouve en Alberta.
Pourquoi ne voyons-nous pas des éoliennes parsemer l’horizon en Alberta, comme c’est le cas en Allemagne? La principale raison en est le coût; mais, ici encore, il faut mettre ce coût en perspective. Lorsque le gouvernement de l’Alberta a voulu encourager l’expansion de l’exploitation des sables bitumineux, il a accordé d’énormes subventions et stimulants à l’industrie. S’il faisait autant d’efforts pour exploiter l’une des sources d’énergie les plus propres que les efforts qu’il a faits pour exploiter la source de pétrole la plus polluante du monde, nous pourrions voir la combinaison de sources d’énergie utilisées en Alberta changer radicalement.
Par-dessus tout, nous devrions chercher des moyens d’éviter de consommer de l’énergie provenant de sources non renouvelables. Transformer nos systèmes de transport est une façon de cesser de consommer des combustibles fossiles. La majeure partie de l’énergie tirée des sables bitumineux n’est pas produite pour satisfaire aux besoins énergétiques de l’Alberta, ni même à ceux du Canada. Nous sommes en train de détruire plus du quart de la province, en exploitant la source de pétrole la plus polluante du monde et en créant un nombre croissant de problèmes sociaux et environnementaux, afin que ce pétrole puisse être envoyé de l’autre côté de la frontière et remplir les énormes réservoirs d’essence des véhicules américains. La majeure partie du pétrole extrait des sables bitumineux est destinée à servir de carburant pour le transport aux États-Unis. Ainsi, non seulement sommes-nous en train de déstabiliser le climat avec les dommages causés par la production, mais de plus, nous contribuons à des perturbations additionnelles de l’environnement et à la hausse des émissions aux États-Unis.
Le secteur américain des transports est à l’origine du tiers des émissions de gaz à effet de serre des États-Unis. Au lieu d’alimenter cette dépendance et d’encourager la poursuite de la destruction de la planète par la consommation de pétrole extrait des sables bitumineux, nous devrions promouvoir des solutions au problème des transports, qui sont tout aussi nombreuses que les solutions énergétiques.
Nous disposons déjà aujourd’hui de la technologie nécessaire pour améliorer de façon spectaculaire l’efficacité énergétique de nos véhicules et pour en réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre. Essentiellement, un véhicule mû par un moteur à combustion interne n’est pas un dispositif très efficace. Des améliorations aux moteurs, aux transmissions et à la conception des véhicules ont été mises au point, mais la plupart restent sur les étagères au lieu d’être utilisées pour rendre nos moteurs plus efficaces. Selon l’organisme américain Union of Concerned Scientists, si nous utilisions la technologie qui existe aujourd’hui pour améliorer le fonctionnement du moteur à combustion interne, nos voitures ne consommeraient en moyenne que 6 litres par 100 kilomètres (près de la moitié de la moyenne actuelle d’environ 11 l/100 km pour l’ensemble du parc automobile) et plus de 140 000 emplois seraient créés en cours de route. Si nous utilisions la technologie hybride électrique la plus efficace, notre consommation moyenne pourrait diminuer à 4,3 l/100 km et, avec les véhicules hybrides rechargeables, les résultats seraient encore plus impressionnants. Si l’on songe que plus de 70 % du pétrole consommé aux États-Unis est utilisé pour les transports, une réduction de moitié ou des deux tiers de la consommation d’essence produirait des résultats spectaculaires.
Les voitures hybrides électriques représentent un bon pas vers la création d’un parc automobile économe en carburant. Ces véhicules sont pourvus d’un moteur électrique et d’une grosse batterie qui capte et stocke de l’énergie normalement perdue lors du fonctionnement d’un moteur à essence inefficace. Dans les véhicules hybrides les plus efficaces, comme la Toyota Prius et la Honda Civic, l’énergie captée est utilisée pour faire rouler la voiture, ce qui peut entraîner des économies d’essence considérables.
Les voitures hybrides rechargeables
Même si les voitures hybrides sont efficaces, elles continuent à consommer de l’essence. Les voitures hybrides électriques rechargeables représentent une encore meilleure solution. Comparativement aux véhicules hybrides classiques, les hybrides rechargeables ont une batterie plus grosse, qui peut stocker davantage d’énergie, et sont munis d’une fiche qui permet de se brancher au réseau électrique ou à un système d’énergie solaire de toiture. Avec des voitures hybrides rechargeables, dont le moteur électrique est utilisé pendant les 50 à 80 premiers kilomètres parcourus, la plupart des conducteurs américains n’auraient que rarement, sinon jamais, à faire le plein ou même à consommer de l’essence, sauf pour faire de longs voyages. Les ingénieurs estiment qu’avec une voiture hybride électrique rechargeable, un conducteur américain pourrait économiser pas moins de 85 % de l’essence qu’il consomme!
Ford, GM et Toyota produisaient auparavant en masse des voitures pleine grandeur qui ne consommaient aucune essence. Sans tenir compte de la demande, Ford, GM et Toyota ont supprimé leurs programmes et détruit la totalité, sauf quelques centaines, de leurs seuls véhicules zéro-pollution. À l’occasion, aujourd’hui, des voitures électriques sont disponibles sur eBay et auprès d’autres sources, surtout en ligne, et des voitures électriques sont construites sur mesure.
Le plus grand avantage de la voiture électrique est qu’elle n’a pas de réservoir d’essence. La seule énergie qu’elle consomme est celle de son moteur électrique, pourvu d’une très grosse batterie, que l’on recharge en la branchant. Les voitures électriques de Ford avaient une autonomie de 130 à 160 kilomètres; grâce au perfectionnement des batteries, les véhicules les plus récents ont une autonomie de jusqu’à 500 kilomètres. Les inconvénients des voitures électriques, aujourd’hui, tiennent au fait qu’elles sont devenues extrêmement rares; comme aucun grand fabricant d’automobiles ne produit actuellement des véhicules de ce genre aux États-Unis, les Américains n’ont plus facilement accès à des voitures sans pétrole et non polluantes.
Un moteur diesel ordinaire comme celui d’une Volkswagen ou d’un Jeep Liberty est déjà équipé pour fonctionner au biodiesel, une version renouvelable et biodégradable du carburant diesel, mais produite à partir de la biomasse – par exemple, de l’huile végétale, des graisses animales ou des algues.
Le biodiesel est d’origine végétale et les plantes séquestrent les gaz à effet de serre, ce qui compense les émissions produites par ce type de carburant. En outre, le biodiesel engendre moins de pollution atmosphérique que le diesel classique et réduirait notre dépendance envers le pétrole.
Il y a aussi des inconvénients liés au biodiesel. Par exemple, on s’interroge sur le caractère durable des biocarburants, en raison de l’énergie consommée pour cultiver les plantes qui entrent dans leur fabrication. En outre, il n’est pas sûr que des terres agricoles actuellement utilisées pour la production vivrière devraient être consacrées à la production de carburant de transport, situation qui pourrait cependant être résolue grâce aux innovations dans le domaine de l’éthanol cellulosique.
Une voiture qui roule à l’huile à frites!?! L’huile végétale usée ou nouvelle ne sert pas uniquement à faire la cuisine; c’est aussi un biocarburant qui se gagne de plus en plus la faveur populaire. L’« huile végé » est produite à partir de plantes et les plantes séquestrent les gaz à effet de serre, ce qui compense les émissions produites par ce type de carburant. Les moteurs diesel qui fonctionnent à l’huile végé produisent moins de pollution atmosphérique que les moteurs diesel classiques, et cela réduirait notre dépendance envers le pétrole. L’huile à friture usée est un déchet et son utilisation, une fois filtrée, pour faire rouler des voitures permet de la retirer du flux des déchets. De plus, cette huile est habituellement gratuite, car les restaurants sont souvent contents de pouvoir s’en débarrasser. L’inconvénient, c’est le faible volume : en ce moment, l’huile végé usée est gratuite et abondante, mais c’est en réalité une ressource limitée. Si la demande augmente et que cette huile devient un produit de grande consommation, nous pourrions un jour faire face à une pénurie. Les moteurs diesel peuvent fonctionner à l’huile végétale après l’installation d’un système de modification dont le prix de détail varie entre 600 $ et 1 000 $.