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La première partie du rapport traite des rejets en tritium provenant des centrales nucléaires du Canada, nettement plus importants que ceux rencontrés dans les autres pays. Les normes régissant les rejets de tritium au pays sont bien moins strictes qu’ailleurs dans le monde. Les seuils acceptés pour le tritium présent dans l’eau potable sont nettement plus élevés qu’en Europe et aux É.-U., où on est beaucoup moins permissif. Le Canada fait preuve de laxisme dans ce domaine.

Les Grands Lacs dont les rives accueillent des réacteurs nucléaires affichent des concentrations en tritium de deux à cinq fois supérieures à celles observées dans le lac Supérieur, celui-ci étant exempt de réacteur. Quant aux concentrations en tritium dans le lac Ontario, elles croissent d’année en année en raison des rejets habituels provenant des centrales, et aussi parce que des fuites importantes de tritium sont apparues dans les réacteurs CANDU depuis quelques années.

Les concentrations en tritium dans l’eau de boisson, dans l’atmosphère dans la végétation et dans les aliments au voisinage des centrales CANDU ont toutes sensiblement augmenté. Pour ceux qui habitent de cinq à dix kilomètres de ces réacteurs, cela signifie une absorption élevée en tritium, et pour ceux qui vivent d’un à deux kilomètres des centrales, on parle d’une absorption très élevée par inhalation et ingestion. Les régulateurs de l’industrie nucléaire sont toutefois d’avis que les doses de radiation auxquelles les résidents sont exposés se situent « en deçà des limites sécuritaires » parce que dans le cas du tritium, les facteurs de dose par ingestion sont officiellement considérés comme étant très faibles.

La deuxième partie du rapport se penche sur la question des doses de tritium d’un point de vue scientifique. Dans cette partie du rapport, on découvre que les méthodes dosimétriques approuvées par les autorités réglementaires pour évaluer la radiotoxicité du tritium, et les modèles officiellement employés pour estimer les doses de cet isotope, surtout lorsqu’il est lié à des substances organiques, suscitent d’importantes critiques depuis des années. Plusieurs rapports parus récemment au Royaume-Uni et aux É.-U. ne cessent de soulever des interrogations quant au bien-fondé des doses de tritium officiellement permises.

Le rapport conclut que les autorités réglementaires de l’industrie nucléaire canadienne ne prennent pas suffisamment au sérieux les préoccupations des scientifiques concernant les dangers du tritium. Il recommande par conséquent qu’une approche précautionneuse envers les rejets de tritium soit instaurée au Canada. Le rapport émet notamment les recommandations qui suivent.

  1. Les gouvernements de l’Ontario et celui d’Ottawa doivent former un comité (comprenant notamment des scientifiques issus de groupes environnementaux) chargé d’étudier la dosimétrie du tritium et les risques liés à ce polluant; le comité devrait en particulier passer en revue différentes études scientifiques récentes et réputées qui remettent en question les idées généralement reçues concernant la dosimétrie du tritium et les risques qui découlent de sa présence;
  2. des études épidémiologiques rétrospectives et des études comparatives de cohortes  devraient être commandées afin d’examiner les effets potentiellement nuisibles du tritium sur la santé dans les zones contaminées;
  3. on devrait aviser les femmes enceintes, et aussi les mères d’enfants de moins de quatre ans de ne pas vivre à proximité des installations productrices de tritium (c.-à.-d. dans un rayon de 10 km);
  4. on devrait aviser les personnes habitant très près des installations émettrices de tritium (c.-à-d. à moins de 5 km) de ne pas consommer de fruits et de légumes provenant de leur potager, de ne pas manger le miel de leurs ruches et les fruits de leurs vergers, et de s’abstenir d’ingérer des aliments trouvés à l’état sauvage, p.ex. des mûres et des champignons à proximité des installations;
  5. parce que les installations de désactivation du tritium émettent elles-mêmes de grandes quantités de tritium, les administrateurs des centrales nucléaires devraient envisager la possibilité d’entreposer à long terme dans des réservoirs de désactivation l’eau tritiée provenant des circuits modérateurs; finalement,
  6. les responsables d’installations émettrices de tritium devraient envisager plus sérieusement d’autres avenues possibles afin d’atténuer les rejets de tritium.

Télécharger le rapport complet en anglais.

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Auteurs : Dr. Ian Fairlie
Date de publication : 12 juin 2007
Format Document PDF
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Nombre de pages 92
ISBN
Taille : 441 Kb