Greenpeace se réjouit que le gouvernement du Québec ait décidé d’abandonner formellement le développement de la filière éthanol-maïs, tel que le prescrit son Plan vert de lutte aux changements climatiques.
« Il est très bien que Québec partage l’opinion critique que nous exprimons depuis plus d’une décennie au sujet du bilan environnemental et économique de l’éthanol-maïs », lance Éric Darier, coordonnateur de la campagne Agriculture de Greenpeace. Greenpeace a d’ailleurs déposé, un juin dernier, à la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois, un mémoire intitulé Nourrir le monde ou les autos, dans lequel nous demandions l'arrêt de l'expansion de l'éthanol-maïs. « L’éthanol-maïs n’a jamais représenté une solution dans la lutte aux émissions de gaz à effet de serre (GES). Ses conséquences sont néfastes pour l’environnement et cette culture menace le développement d’une agriculture écologiquement et socialement durable. Son développement représente une subvention déguisée au maïs OGM rejeté massivement par les marchés alimentaires mondiaux ».
Selon Greenpeace, il sera désormais intéressant d’observer le gouvernement du Québec dans ses relations avec le gouvernement fédéral au sujet de l’éthanol. « Que demandera Québec maintenant à Ottawa », s’interroge Éric Darier. « Québec exigera-t-il le transfert des montants alloués par le gouvernement fédéral pour l’éthanol-maïs (235 M$) afin de le réinvestir dans des alternatives plus propres? Le gouvernement libéral demandera-t-il à Stephen Harper un moratoire sur l’éthanol-maïs pour l’ensemble du pays, tel que le recommande sur la scène internationale le rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, M. Jean Ziegler. Il faut que le gouvernement fédéral mette en place un moratoire de cinq ans afin d’avoir de vrais débats et discussions sur l’utilisation énergétique de l’agriculture au Canada ».
Par ailleurs, Greenpeace craint que malgré cette décision de Québec, que les subventions du fédéral résultent malgré tout en la construction d’autres usines d’éthanol au Québec. De plus, Ottawa devrait surseoir à l’obligation d’atteindre 5 % d’éthanol dans l’essence d’ici 2010 et trouver une alternative plus verte, du moins pour le Québec. Pour commencer, le gouvernement Harper pourrait adopter les normes californiennes en matière d’efficacité énergétique pour les véhicules.
Selon Greenpeace, Québec doit rester fort prudent dans son choix de se tourner vers l’éthanol cellulosique. L’augmentation des coupes forestières dans le peu de territoires toujours intacts, particulièrement pour produire de l’éthanol cellulosique, est à craindre. « Il importe aussi de ne pas considérer les débris forestiers (branches, tiges, etc.) comme de vulgaires déchets », affirme Mélissa Filion, responsable de la campagne forêt boréale de Greenpeace. « Leur prélèvement massif pour la fabrication d’éthanol cellulosique serait une grande erreur sur le plan écologique puisque ces débris sont essentiels à la productivité des sols et à leur régénération ».
Pour plus de renseignements :
Jocelyn Desjardins, Communication/relations publiques, Greenpeace – 514-212-5749
Éric Darier, Campagne Agriculture, Greenpeace – 514-605-6497
Mélissa Filion, Campagne Forêt boréale, Greenpeace – 514-581-8216