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Montréal, Canada — Greenpeace est étonnée de constater, à la lecture du quotidien Le Devoir de ce matin, que la ministre de l’Environnement Line Beauchamp répond directement au courrier… du premier ministre Jean Charest! En effet, la lettre de Greenpeace qui provoque cette réplique de madame Beauchamp a été adressée au premier ministre afin de lui reprocher son attentisme au sujet des algues bleues (www.greenpeace.ca).

Par cette missive, madame Beauchamp confirme donc qu’en plus de servir « à camoufler le silence et l’inaction du ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard », elle protège aussi l’attentisme de Jean Charest. « On applaudira sûrement sa promotion lors du prochain remaniement ministériel », prédit Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture de Greenpeace.

« Ce qui est certainement plus préoccupant pour les Québécois ce matin, est d’observer la ministre Beauchamp se lancer dans une campagne de désinformation, en mode panique, au lieu de régler le problème des algues bleues et des excédents de phosphore provenant de l’agriculture », confie Éric Darier.

Contrairement à ce que prétend la ministre Beauchamp, les faits avancés par Greenpeace ne se basent pas sur de « vieilles données », mais aussi… sur la même étude que mentionne la ministre, soit celle de 2005! D’ailleurs, cette étude de 2005 est basée sur des données obtenues entre 2001 et 2003, année de l’arrivée des Libéraux au pouvoir! Greenpeace invite donc madame Beauchamp à relire la page vii de cette étude réalisée par son propre ministère qui conclut que « les concentrations de phosphore total sont, dans la majorité des rivières (15 sur 27), plus élevées que le critère pour la prévention de l’eutrophisation fixé à 0,03 mg/l. Dans certaines rivières, la concentration de phosphore total est de deux à six fois supérieure au critère ». En somme, le gouvernement Charest connaissait donc en 2005 la gravité de la situation.

Il est malheureux de constater que Québec refuse l’évidence contenue dans de nombreux rapports, y compris ceux qui émanent du ministère de l’Environnement, c’est-à-dire que l’Agriculture représente, dans certains bassins versants la source principale des excédents de phosphore.

Non, Greenpeace ne « stigmatise » pas l’agriculture. Et Greenpeace n’a jamais dit que l’agriculture était la seule cause, invoquant d’ailleurs les nombreuses autres causes dans la plupart de ses communications au sujet des algues bleues. Greenpeace conteste surtout, dans ce dossier, l’épandage de lisier et l’agriculture porcine. Mais, manifestement, madame Beauchamp semble mieux lire sur les lèvres du président de l’UPA Laurent Pellerin que dans les communiqués des groupes écologistes.

De plus, madame Beauchamp ne semble pas saisir que le problème des algues bleues ne se situe pas dans la volonté et l’enthousiasme de nombreux citoyens, municipalités et agriculteurs, mais plutôt dans le manque de leadership du gouvernement qui a laissé pourrir la situation alors qu’il connaissait depuis des années ces faits que nous avons portés à la connaissance du public!

Selon Greenpeace, le plus stupéfiant est ce que la ministre Beauchamp passe sous silence. En effet, la ministre de l’Environnement a perdu une belle occasion de fournir des réponses aux questions que nous formulions au premier ministre Jean Charest concernant le « rendez-vous stratégique » de la fin septembre auquel il entend participer. Quel sera l’ordre du jour, l’agenda? Quelles seront les dates précises? Quelles seront les propositions concrètes pour réduire la source principale des excédents de phosphore qui proviennent d’activités agricoles? Est-ce que l’entente de décembre 2006 entre le gouvernement libéral et l’UPA, qui exempte le secteur agricole de toute nouvelle mesure environnementale jusqu’en 2010, tient toujours? Toujours rien. Pas de détails. Le néant…

« Espèrons que l’absence de réponse de la part de la ministre à ces questions simples n’indique pas un blocage politique du dossier des algues bleues pour faire plaisir à l’UPA » de conclure Éric Darier.

Pour plus de renseignements :
Éric Darier, Campagne Agriculture, Greenpeace – 514-605-6497
Jocelyn Desjardins, Communication/relations publiques, Greenpeace – 514-212-5749

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