Nairobi, Kenya —
Les groupes environnementaux s’inquiètent de la position de négociation canadienne à la Conférence des Nations unies à Nairobi. Les représentants des groupes croient que la position du Canada est de nature à nuire aux discussions sur deux enjeux majeurs et apparaît contre-productive dans le contexte actuel des négociations portant sur la prochaine phase du Protocole de Kyoto.
Bien que les groupes environnementaux croient que des pays tels la Chine, l’Inde et le Brésil devraient s’engager à accepter des obligations plus contraignantes dans le futur, ils jugent que le Canada fait preuve d’hypocrisie en exigeant que ces pays acceptent pour l’instant des objectifs de réduction absolue de leurs émissions. « Qui sommes-nous pour dire aux pays en développement de réduire leurs émissions alors que nous ne sommes pas capables de réduire les nôtres ? » souligne Steven Guilbeault de Greenpeace. « Pour que ces pays nous prennent au sérieux et commencent à prendre des engagements, nous devons démontrer des progrès. Nous devons être crédibles ».
« En demandant aux grands pays en développement de se donner des objectifs de réduction dès maintenant, avant même que les pays industrialisés démontrent clairement qu’ils atteindront leurs propres objectifs au cours de la première phase du Protocole de Kyoto, le Canada risque aussi d’antagoniser l’ensemble des pays en voie de développement et de faire dérailler les négociations », soutient Morag Carter de la Fondation David Suzuki.
« La position du Canada est particulièrement chambranlante alors même qu’il ne respecte pas une autre de ses obligations dans le cadre du Protocole de Kyoto en omettant de soumettre un rapport important indiquant des « progrès démontrables » dans l’atteinte de ses objectifs de Kyoto », rappelle Emilie Moorhouse du Sierra Club du Canada.
Les groupes croient que le Canada sous-estime l’importance de fixer un échéancier très strict à ces négociations. « Le temps ne joue pas en notre faveur », mentionne Hugo Séguin, d’Équiterre. « Les impacts des changements climatiques deviennent de plus en plus clairs et l’urgence d’agir de plus en plus pressante », a-t-il ajouté. Les groupes croient que le Canada doit appuyer la fixation d’une date butoir claire, 2008, aux discussions entourant la seconde phase de Kyoto pour laisser assez de temps aux différents pays de ratifier l’entente et offrir aux entreprises une certitude à long terme concernant les règles qui leur seront appliquées au cours des prochaines années.