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Amsterdam, Pays-bas — Les compagnies de biotechnologies agissent en toute impunité alors même que les cas de contamination par OGM ne cessent de s’accumuler de par le monde, peut-on lire dans un nouveau rapport publié aujourd’hui par Greenpeace International et GeneWatch UK.

Ce rapport, intitulé GM Contamination Register Report 2007, fait état de 39 nouvelles contaminations de terres agricoles dans 23 pays survenues au cours de la dernière année. La plupart de ces contaminations ont pour origines des denrées alimentaires de base comme le maïs ou le riz OGM, mais du soya, du coton, du canola, de la papaye et des poissons et fruits de mer sont également impliqués. Au cours des 10 dernières années, ce rapport annuel publié par ces deux organismes a recensé par moins de 216 contaminations dans 57 pays.

Rappelons que du riz contaminé par une variété de riz génétiquement modifié (OGM) et non autorisé a été vendu au Canada. Des échantillons positifs ont en effet été découverts en novembre dernier dans deux supermarchés à grande surface de Vancouver et Montréal, notamment dans du riz à grains longs de la marque maison « sans nom » de Provigo (Loblaw’s). Ce riz OGM a été contaminé accidentellement suivant une dissémination dans l’environnement aux États-Unis. On doit cette situation au laxisme d’Ottawa puisque les mesures que le gouvernement fédéral a prises pour contenir cette contamination n’ont pas pu, plus d’un an après celle-ci, prémunir les consommateurs contre l’importation de riz illégal au Canada en provenance des États-Unis.

Le rapport d’aujourd’hui est publié le même jour où les organisations environnementales et les associations de fermiers kenyans confrontent leur gouvernement et le géant américain Pioneer Hi-Bred avec des preuves de maïs contaminé par les OGM au Kenya, de même que des activistes de Greenpeace protestent contre l’envoi de variétés illégales d’OGM dans le port de Rotterdam.

« La contamination qui est documentée dans ce rapport n’est que la pointe de l’iceberg », avertit Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture et OGM de Greenpeace. « L’incessante contamination aux OGM dans les principales récoltes vivrières du monde, en particulier en ce qui a trait au maïs et au riz OGM, montre bien que les compagnies de semences OGM ont du mal à contrôler leurs gènes artificiels. Sans des actions décisives des gouvernements, la situation menace les approvisionnements en nourriture et en semences du monde entier ».

Au Kenya, Greenpeace et des organisations locales ont fait réaliser des tests en laboratoire sur des variétés de semences de maïs commerciales. Les résultats ont démontré que la semence de maïs Pioneer PHB 30V53 contenait du MON 810 de la compagnie Monsanto, une variété d’OGM qui n’a toujours par reçu d’autorisation du gouvernement kenyan et qui a été bannie dans plusieurs pays européens.

À Rotterdam, aux Pays-Bas, il s’est avéré que du riz en provenance des États-Unis(1) était contaminé à des variétés OGM interdites à la consommation humaine à l’extérieur des États-Unis. Marietta Harjono, responsable en chef de la campagne OGM aux Pays-Bas pour Greenpeace, affirme que le port de Rotterdam est un des « pires points chauds » au monde pour la contamination aux OGM. C'est, dit-elle, un des principaux ports d'entrée pour une bonne partie des aliments contaminés aux OGM importés des États-Unis vers l'Europe.

« Des normes internationales obligatoires devront absolument être instaurées afin de rendre les compagnies biotechnologiques redevables des cas de contamination aux OGM », selon Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture de Greenpeace. « Les agriculteurs devront être protégés contre les risques de contamination aux OGM, et ils devront être indemnisés le cas échéant pour les pertes subies par cette forme de pollution ».

« Ici même au Canada les gouvernements procèdent à très peu de tests en cas de contamination non autorisée ou indésirable, comme nous avons pu le constater l'année dernière lorsque des consommateurs eurent à attendre les résultats de tests effectués par Greenpeace pour apprendre qu'ils avaient été exposés à une variété illégale de riz OGM » précise Éric Darier.

La parution de ce rapport survient la veille d'une convention internationale ayant lieu du 12 au 19 mars, à Cartagena, en Colombie, durant laquelle les délégués gouvernementaux poursuivront leurs efforts pour évaluer la responsabilité juridique des entreprises en cas de dommages engendrés par les OGM.

« Les Canadiens ont besoin de garanties nouvelles afin de se protéger contre leurs propres OGM. Minimalement, nous devons bénéficier d'un meilleur suivi des importations, instaurer l'étiquetage obligatoire des aliments génétiquement modifiés se trouvant déjà dans la chaîne alimentaire, et disposer d'un régime de responsabilité absolu pour les sociétés biotechnologiques responsables d'une contamination, ajoute Darier. Ce rapport évalue la progression de la contamination, mais cela ne représente qu'une première étape; notre objectif final doit être l'abolition complète des éléments transgéniques présents dans notre chaîne alimentaire et notre environnement. »

Note aux rédacteurs :
(1) Les autorités hollandaises ont découvert des variétés illégales de riz dans deux cargaisons. Elles ont trouvé du LLRICE62, une variété de riz Bayer, dans un lot de riz brun étuvé à grain long qui était acheminé par Riceland Foods, et elles ont aussi trouvé du riz LLRICE601 également de Bayer dans un lot de riz à grains longs usinés transporté par Riviana Foods. Une des deux cargaisons a été retournée aux États-Unis, tandis que l'autre est restée dans le port.

Pour plus de renseignements :
Jocelyn Desjardins, Communications/Relations publiques, Greenpeace : 514-212-5749