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Montréal, le 10 janvier 2002 - Greenpeace révèle aujourd'hui combien le Canada était mal préparé pour faire face à la contamination génétique causé par le maïs transgénique StarLink importé des États-Unis (1). « Nous avons toujours dit que le génie génétique constitue une expérience que personne ne peut vraiment contrôler et le gouvernement vient de le confirmer », déclare Dr. Éric Darier, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace. « La politique du Canada sur la contamination génétique est un échec lamentable du fédéral ».

StarLink, fabriqué par Aventis, est autorisé pour l'alimentation animale aux États-Unis et interdit au Canada. Néanmoins, en septembre 2000, le StarLink a contaminé la chaîne alimentaire et on a dû retirer 300 produits alimentaires des épiceries aux États-Unis et quatre au Canada. Le StarLink contient un insecticide qui pourrait causer des allergies chez l'humain. Le Canada importe 2,5 million tonnes de maïs américain à chaque année.

« La réaction d'Ottawa, lors d'une contamination génétique prouvée, est scandaleusement inefficace » constate Dr. Éric Darier. « Si le Canada appliquait le principe de précaution, cela lui permettrait de tester les aliments pour vérifier s'ils sont vraiment sécuritaires avant de les autoriser ».

Dans son analyse des documents fournis par le gouvernement canadien à propos de la contamination des aliments au StarLink, Greenpeace note les faits suivants :
· Ce n'est que six mois après la contamination que le gouvernement a expédié une note à tous les importateurs de semences pour exiger des « documents convenables » ;
· Il a fallu presque deux mois après la contamination pour que le gouvernement publie un « document de travail » très vague et général pour discuter d'une « stratégie et une politique nationale de contrôle des importations », et il a mis un an pour l'approuver ;
· bien que le gouvernement n'ait testé que 65 échantillons de semences de maïs (soit un échantillon par 38 000 tonnes de maïs importé), Ottawa a confirmé que 25 000 tonnes de maïs au Canada ont été contaminés au StarLink ;
· Environnement Canada « n'a pas établit de programme pour surveiller l'introduction potentielle du maïs StarLink [dans les écosystèmes] ou d'autres cultures issues de la biotechnologie » et n'a pas de plan précis pour en mettre un en place ;
· Santé Canada n'a pas entrepris d'étude pour examiner les effets du StarLink sur la santé. Il n'est donc pas vraiment surprenant que Santé Canada n'ait pas trouvé de problèmes de santé associés à la contamination au StarLink ;
· Bien que la contamination au StarLink ait coûté au minimum 900 000 dollars aux contribuables canadiens, Ottawa n'a pas confirmé que ces coûts seraient remboursés par Aventis, responsable de la contamination.

« Le Canada n'était pas prêt pour empêcher la contamination au StarLink, et quant il a enfin réagi de manière timide, c'était trop tard. Même après le scandale du StarLink, les OGM ne sont toujours pas testés adéquatement ni étiquetés et continuent d'être dissiminés dans l'environnement », de conclure Éric Darier.

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(1) Greenpeace a obtenu ces informations en utilisant la Loi sur le vérificateur général :
http://www.inspection.gc.ca/francais/ppc/biotech/tech/greenstarf.shtml