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« Au Canada et aux États-Unis, les consommateurs sont condamnés à essayer de deviner quels aliments contiennent ou non des OGM », explique Michael Hansen, de Consumers International, un organisme qui regroupe des associations de consommateurs du monde entier. « Il y a déjà une quarantaine de pays qui ont adopté des lois sur l’étiquetage des OGM. Mais pour protéger efficacement les consommateurs à l’échelle mondiale, il faut aussi adopter une réglementation internationale. Malheureusement, le Canada continue de s’interposer pour empêcher l’adoption d’une telle réglementation. »
La coalition présente ces demandes alors que des représentants de la Commission du Codex Alimentarius se réunissent cette semaine à Ottawa pour discuter de l’établissement d’une norme internationale pour l’étiquetage des produits génétiquement modifiés. Cette Commission relève de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et elle est notamment responsable de l’établissement de normes internationales d’étiquetage des aliments.
« Savoir ce que l’on mange est un droit fondamental et nous sommes renversés de voir que, par son inaction, le gouvernement fédéral enlève ce droit aux consommateurs », déplore Nalini Vaddapalli, d’Option consommateurs. Il y a trois ans, le Canada a adopté une timide mesure d’étiquetage volontaire. Et depuis, on n’a pas vu apparaître un seul produit mentionnant la présence d’OGM dans ses ingrédients. »
Charles Tanguay, de l’Union des consommateurs, ajoute : « Il est grand temps que le Canada fasse comme l’Europe et impose l’étiquetage obligatoire des OGM. En traînant de la patte comme il le fait, le gouvernement conservateur ne fait que renforcer l’inquiétude des consommateurs face aux OGM. Les gens se disent que si les compagnies refusent d’identifier de façon volontaire les aliments qui en contiennent, c’est qu’il y a une bonne raison de s’inquiéter. »
Éric Darier, de Greenpeace, explique que « même si le gouvernement fédéral continue à opter pour une conduite irresponsable, rien n’empêcherait les provinces d’adopter leur propre législation. Par exemple, si le Québec et la Colombie-Britannique imposaient l‘étiquetage obligatoire, ils enverraient un message clair à Ottawa. »
« Si le projet de loi C-287 que j’ai présenté à titre de député avait été adopté en 2001, l’étiquetage obligatoire serait déjà en place au Canada », affirme l’ex-ministre Charles Caccia. « Ce problème va demeurer dans l’actualité tant qu’il ne sera pas réglé. Le gouvernement doit agir car je ne vois pas comment il pourrait justifier le fait de priver encore longtemps les Canadiens d’un droit aussi fondamental que celui de savoir ce que contiennent les aliments qu’ils mangent. »
Lucy Sharratt du Canadian Biotechnology Action Network : « Le gouvernement Harper continue à contrecarrer les efforts de la communauté internationale pour adopter une norme d’étiquetage applicable à l’échelle mondiale. C’est scandaleux. En agissant de la sorte, le Canada ternit encore une fois sa réputation. »
« Les sondages indiquent que la majorité des consommateurs américains (50 %) s’opposent aux aliments génétiquement modifiés, contre seulement 25 % qui les approuvent (1) », concluait Philip Bereano de 49th Parallel, une organisation non gouvernementale canado-américaine. « Je suis convaincu que si le Canada adoptait l’étiquetage obligatoire, cela aurait des répercussions positives aux États-Unis. Les Américains se demanderaient pourquoi leur pays ne fait pas comme le Canada et comme la quarantaine d’autres pays qui ont adopté une réglementation en ce sens. »
En plus de l’ex ministre M. Caccia, la coalition comprend notamment les organisations suivantes : Greenpeace, Consumers International, Option consommateurs, l’Union des consommateurs et le Canadian Biotechnology Action Network.
Notes
(1) PEW Initiative on Food Biotechnology (nov. 2005) p. 2
Personnes-ressources :
Jocelyn Desjardins, Greenpeace, communications - 514-212-5749 (cellulaire)
Phillip Bereano, 49th Parallel (206) 235-5462 - (cellulaire)
Charles Caccia, ancien député libéral - (613) 562-5800, poste 1041
Éric Darier, Greenpeace 514-605-6497 - (cellulaire)
Michael Hansen, Consumer International - (914) 378-2452
Charles Tanguay, Union des consommateurs - 514-743-0419 (cellulaire)
Nalini Vaddapalli, Option consommateurs - 514-241-8162 (cellulaire)