Selon l’étude du GIEC, stabiliser les concentrations de gaz à effet de
serre entre 445 et 535 parties par million serait réalisable d’ici 2030
à un coût équivalant à moins de trois pour cent du PNB mondial, ce qui
pourrait coûter jusqu’à 100 $ par tonne de dioxyde de carbone. Cette
stabilisation permettrait de limiter l’augmentation de la température
mondiale moyenne à deux degrés Celsius (au-delà de cette hausse, les
conséquences seraient désastreuses).
Le ministre de l’Environnement, John Baird, n’est toutefois pas de cet
avis : il affirme que si le gouvernement cherchait à atteindre les
objectifs de Kyoto, il plongerait le pays dans une récession. Le
ministre a plutôt suggéré la semaine dernière de permettre à
l’industrie de contribuer à un Fonds technologique à raison de 15 à 20
$ canadiens la tonne afin de lui éviter d’avoir à procéder à des
réductions d’émissions.
«Le gouvernement Harper prend prétexte de l’économie pour ne rien faire
au sujet de Kyoto. Ce rapport établit clairement qu’il est possible de
réduire radicalement les gaz à effet de serre sans que le ciel nous
tombe sur la tête» affirme Dave Martin, coordonnateur de la campagne
Climat chez Greenpeace. Il existe une technologie permettant la
diminution des émissions de gaz à effet de serre à un coût raisonnable;
tout ce qui manque, c’est la volonté politique de s’en servir.»
«Le projet de loi révisé C-30 sur la Qualité de l’air a l’appui de la
majorité au Parlement» a ajouté le responsable de la campagne Climat,
Jos Higginson. «Il est urgent de faire approuver le projet à la Chambre
des communes pour que nous puissions enfin respecter nos engagements de
Kyoto. Ce n’est vraiment pas le moment de faire de la politique
partisane. Que le gouvernement soit rouge ou bleu, le Canada n’est pas
encore vert pour autant, et c’est le climat qui en souffre.»
Le rapport que le Groupe de travail III du GIEC va déposer s’intitule
Bilan 2007 des changements climatiques : atténuation des changements
climatiques. C’est le troisième volume du Quatrième rapport
d’évaluation du GIEC. L’organisme avait publié plus tôt deux autres
volumes intitulés : Les bases scientifiques physiques (février 2007) et
Conséquences, adaptation et vulnérabilité (avril 2007). Le rapport de
synthèse définitif paraîtra en novembre.
Pour sa part, Greenpeace a fait connaître en février 2007 un rapport
intitulé Energy [R]evolution, comprenant un scénario précis expliquant
comment réduire les émissions de gaz à effet de serre de moitié d’ici
2050 à l’échelle planétaire, sans utiliser l’énergie du charbon ou de
l’atome, tout en permettant d’augmenter la consommation d’énergie et la
croissance économique.
Pour consulter le rapport de Greenpeace Energy [R]evolution,
cliquez ici.