Vous êtes ici :
Du riz contaminé à une variété illégale de riz OGM de marque Bayer est vendu dans deux grandes chaînes d'alimentation de Montréal et de Vancouver.
AgrandirLes échantillons positifs proviennent de deux supermarchés à grande surface du Québec et de la Colombie-Britannique. Par cette étude, Greenpeace a dépisté cet OGM illégal dans du riz à grains longs de la marque maison « sans nom » de Provigo (Loblaw’s). Ce riz importé des Etats-Unis était offert aux consommateurs montréalais, à la succursale Provigo de l’avenue Mont-Royal, à l’angle de la rue St-Urbain. Ce riz OGM a été contaminé accidentellement via une dissémination dans l’environnement. Un autre échantillon positif, de marque « Western Family » était offert aux consommateurs de Colombie-Britannique sous la bannière Overwaitea, dans un supermarché de Vancouver.
« À ce jour, rien ne nous a jamais garanti que ce riz OGM illégal est inoffensif pour l’être humain », explique Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture chez Greenpeace. « De plus, même si on avait voulu faire l’étiquetage volontaire de ces produits génétiquement modifiés, cette variété de riz n’aurait pas été détectée, à cause du laxisme des autorités ».
Le riz OGM illégal est entré dans la chaîne alimentaire américaine en 2001 à la suite d’essais en champ réalisés en Arkansas et en Louisiane par la multinationale allemande Bayer. Ce riz est conçu pour résister à l’herbicide fabriqué par même compagnie. Bayer n’a dévoilé que l’an dernier aux gouvernements concernés, dont le gouvernement du Canada, le problème de contamination originant de ces essais, qui ont pris fin il y a déjà cinq ans.
Plusieurs pays ont alors réagi immédiatement pour identifier les importations de riz contaminés. Les États-Unis ont cessé d’exporter du riz en Europe et le Japon a mis en place un système d’inspection de tous les arrivages de riz en provenance des États-Unis. Jusqu’ici, 30 pays ont été touchés par la contamination à ce riz OGM. Le Canada, à ce jour, n’avait jamais reconnu officiellement avoir été touché par cette contamination.
« Nous estimons que cette contamination a occasionné des dépenses de plus d’un milliard de dollars pour les cultivateurs, les gouvernements et l’industrie du riz », affirme Éric Darier. « Pendant des mois et des mois, le Canada a dormi au chloroforme. Il a mis un temps fou à réagir et à mettre sur pied un programme de détection avec des critères si peu stricts qu’il n’a au bout du compte rien découvert ni rien dépisté ou détecté ».
En réaction à l’inefficacité de ce programme fédéral, Greenpeace a décidé d’agir. Le mois dernier, l’organisation a fait analyser du riz acheté à Montréal et à Vancouver par le laboratoire indépendant Genetic ID, établi à Fairfield, en Iowa. Résultat : on a trouvé du riz expérimental génétiquement modifié LLRICE601 dans les deux échantillons qui ont été soumis.
« Si le gouvernement canadien avait pris des mesures plus efficaces, comme l’ont fait notamment le Royaume-Uni, la Russie et les Philippines, il aurait découvert ce riz expérimental il y a longtemps et on ne le retrouverait pas aujourd’hui sur les tablettes de nos supermarchés », ajoute Éric Darier. « En réalité, le Canada accepte d’importer du riz que les autres pays du monde rejettent, et les Canadiens se trouvent à jouer le rôle de cobayes. »
Échantillons de riz contaminé :
Personnes-ressources chez Greenpeace :
Jocelyn Desjardins, cell. 514 212-5749
Éric Darier, cell. 514 605-6497