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« Le gouvernement du Québec doit savoir que ces acheteurs ne souhaitent pas participer à la dégradation et à la destruction d’une des dernières forêts intactes de la Terre », lance Mélissa Filion de la campagne forêt boréale de Greenpeace. L’organisation rappelle d’ailleurs dans sa missive que le gouvernement pourrait déposer son projet de loi aussitôt qu’en juin 2008.
Dans sa lettre envoyée à plusieurs entreprises canadiennes, nord-américaines et européennes, Greenpeace affirme qu’il est essentiel que le gouvernement du Québec s’engage à définir ce qui doit être protégé en forêt boréale avant de réallouer l’ensemble de la forêt productive à l’exploitation. Faire le contraire dans la refonte du régime forestier ne ferait que perpétuer une importante erreur du régime actuel, selon Greenpeace.
Dans son mémoire dont elle a transmis certains extraits aux compagnies, Greenpeace recommande notamment :
1. D’appliquer le principe de « conservation avant tout », de renverser le mode actuel de planification des aires protégées et de s’assurer de la présence d’un réseau d’aires protégées représentatif, adéquat et de dimension suffisante AVANT toute allocation de ressources.
2. De déterminer à l’aide d’une science indépendante et crédible ce qui doit être protégé, avant de déterminer ce qui peut être coupé ou alloué.
3. De respecter, sur le plan régional et national, les fondements de la Convention sur la diversité biologique (CBD) de l’ONU, d’ajouter la protection de la biodiversité comme un enjeu incontournable du régime forestier et de se doter de nouveaux objectifs et orientations pour y répondre.
4. De donner la préférence à la certification FSC quand viendra le temps d’exiger aux entreprises la réalisation des interventions forestières certifiées.
5. De mettre en réserve dès maintenant de vastes territoires de forêts intactes, dans le but de créer de vastes aires protégées, interconnectées, permettant la migration des espèces pour permettre une meilleure adaptation aux changements climatiques.
Selon Greenpeace, la destruction et de la dégradation des dernières forêts intactes du Québec justifie l’application du principe de précaution. L’organisation rappelle que la forêt boréale revêt une importance écologique distincte sur le plan local, régional et international.
« L’occasion qui s’offre au gouvernement est inouïe », lance Mélissa Filion. « Si Claude Béchard souhaite ardemment que son projet de réforme forestière se distingue sur la scène internationale comme il le dit souvent, il doit cesser de renoncer à protéger adéquatement une des dernières forêts anciennes de la planète ».
Note :
Pour plus de renseignements :
Mélissa Filion, campagne Forêt boréale, Greenpeace : 514-581-8216
Jocelyn Desjardins, Relations publiques, Greenpeace : 514-212-5749