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Montréal, Canada — Greenpeace demande aux spécialistes qui se réunissent à Montréal aujourd'hui d’aborder le sujet de la responsabilité des sociétés productrices de cultures génétiquement modifiées, afin qu'elles soient tenues responsables des répercussions environnementales et économiques d’une contamination par ces cultures.

« Il est urgent de conclure un traité de responsabilité solide », soutient Josh Brandon, responsable de la campagne de Greenpeace. « 2006 a été la pire année à ce jour pour ce qui est de la contamination par des OGM. Aux États-Unis, les agriculteurs sont ébranlés par les coûts économiques du scandale du riz LL601 de Bayer; cette société a fait l’objet de plus de 60 poursuites devant les tribunaux américains. En mettant en application un traité solide, les entreprises qui tirent parti de cette technologie paieront pour les dommages économiques et environnementaux qui en découlent. Sinon, ce seront les petits agriculteurs du monde entier qui en subiront les répercussions. »

C’est manifestement le cas des agriculteurs biologiques de la Saskatchewan; nombre d’entre eux déplorent de ne plus pouvoir cultiver de colza en raison de la contamination et ont engagé des poursuites en justice contre les sociétés responsables. La situation des agriculteurs de la Saskatchewan est l’un des neuf cas de contamination par des cultures génétiquement modifiées répertoriés au Canada dans un registre disponible en ligne, à : www.gmcontaminationregister.org(2). Au total, le registre contient 142 cas de dissémination non intentionnelle, de culture illégale et de répercussions néfastes sur l’agriculture répertoriés dans le monde au cours des dix dernières années.

Le registre est associé au Rapport du registre sur la contamination génétique, lancé aujourd’hui en marge de la réunion, à Montréal, du Groupe de travail d’experts juridiques et techniques sur la responsabilité et la réparation, dans le cadre du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques(3). Le rapport en question, produit par Greenpeace International en collaboration avec GeneWatch UK, vise à mettre en lumière le problème naissant de la contamination génétique des cultures par des OGM. Il brosse un portrait détaillé des principaux cas de contamination signalés autour du globe(1) en 2006.

En outre, il rend compte de la menace de contamination de l’approvisionnement en semences de maïs et des répercussions, en aval, de cette contamination sur les variétés traditionnelles de la céréale. Les cultures de maïs génétiquement modifié sont à l’origine de près du tiers des cas de contamination signalés depuis dix ans. En 2006, quatre cas de contamination de grains de maïs ont été répertoriés, et ce, dans quatre pays. Si la contamination de cette céréale est sérieusement problématique pour les agriculteurs et les consommateurs du monde entier, elle l’est encore davantage dans les régions où l’on cultive toujours des variétés traditionnelles. Bien que, pour le moment, le Mexique (terre d’origine du maïs) n’autorise pas la tenue d’essais pratiques sur le maïs génétiquement modifié ni l’agriculture commerciale de ce dernier, des variétés traditionnelles de la céréale y ont été contaminées. On considère également que le Brésil (qui constitue également une terre de diversité pour le maïs et qui a vu naître une multitude de variétés indigènes recherchées) est exposé à un risque élevé.

« La contamination par des cultures génétiquement modifiées est un problème de plus en plus grave que les différents pays ne peuvent ignorer », affirme M. Brandon. « Il est nécessaire de prendre des mesures pour protéger les agriculteurs et pour respecter le choix des consommateurs de ne pas consommer d’aliments génétiquement modifiés. L’imposition de pénalités financières aux sociétés biotechnologiques permettra de mieux protéger les prochaines générations contre l’intrusion d’OGM dans les aliments et les semences. »

Personnes-ressource :
  Josh Brandon, responsable de la campagne OGM à Greenpeace, cell. : 604-721-7493
  Jocelyn Desjardins, responsable des communications, Greenpeace, cell. : 514-212-5749

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Notes à l'éditeur

1. Le rapport contient des cartes illustrant les endroits où sont survenus les cas de contamination en 2006.
Pour télécharger et consulter ces cartes, veuillez vous rendre à l’adresse : www.greenpeace.org/canada/fr/documents-et-liens/documents/the-gm-contamination-report.

2. Le registre sur la contamination génétique est une source d’information sur la biosécurité qui figure sur le site du Centre d’échange pour la prévention des risques biotechnologiques des Nations Unies, à : https://bch.biodiv.org/database/record.shtml?id=11886.

3. Le groupe de travail se rassemble à Montréal du 19 au 23 février dans le cadre du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques, un traité d’envergure mondiale sur les OGM. www.biodiv.org.