Ottawa, Canada —
Le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB) et le Réseau québécois contre les OGM (RQcOGM) exigent que le gouvernement fédéral retire l’autorisation du « SmartStax », un maïs OGM contenant huit gènes tant que Santé Canada n’aura pas fait des évaluations complètes et indépendantes.
Le Réseau canadien d’action sur les
biotechnologies (RCAB) et le Réseau québécois contre les OGM (RQcOGM) exigent
que le gouvernement fédéral retire l’autorisation du « SmartStax »,
un maïs OGM contenant huit gènes tant que Santé Canada n’aura pas fait des
évaluations complètes et indépendantes.
Les deux réseaux ont fait cette demande après avoir
appris que Santé Canada n’a pas fait d’évaluation de salubrité pour le « SmartStax ».
L’évaluation de la salubrité d’un OGM dans lequel ont été introduits plusieurs
gènes fait partie des normes adoptées par le Codex Alimentarius – un organe des
Nations-Unies dont le mandat est de développer des normes pour la salubrité
alimentaire et qui est reconnu par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour
le règlement des litiges.
Le SmartStax
de Monsanto et de Dow AgroSciences est un maïs OGM qui permet à la plante d’être
tolérante à plusieurs herbicides et de produire plusieurs insecticides
simultanément a été autorisé par l’Agence Canadienne d’inspection des aliments,
mais pas par Santé Canada..
« Santé Canada n’a même pas entrepris ou exigé
des évaluations de salubrité pour ce maïs SmartStax », constate Lucy
Sharratt du RCAB. « Santé Canada a abdiqué ses responsabilités et ignoré les
risques pour la santé publique que pourrait causer ce nouveau maïs OGM auquel ont
été ajoutés huit gènes que l’on retrouvera bientôt dans les corn flakes. »
« Combiner huit gènes ensemble peut avoir des
effets inattendus comme la création de nouvelles allergies ou toxines, » rappelle
le Dr. Michael Hansen de la Consumers
Union. « Ce
maïs OGM aurait dû subir des évaluations de salubrité spécifiques comme le
recommande la Directive régissant la conduite de l’évaluation de la sécurité sanitaire des
aliments dérivés de plantes à ADN recombinéadoptée en
2003 par le Codex Alimentarius. »
« Les normes et les directives du Codex servent
aussi à résoudre les conflits au niveau du commerce international et l’absence
d’évaluations de salubrité pour le SmartStax pourrait signifier que d’autres
pays pourraient le rejeter sans violer les règles de l’OMC », constate Éric Darier.
« Santé Canada ne fait pas de tests pour la
salubrité et fait plutôt confiance aux affirmations de salubrité fournies par
les entreprises, » constate le Dr. Shiv Chopra, un scientifique
ex-fonctionnaire de Santé Canada et auteur du livre Corrompus jusqu’à la moelle qui explique le scandale de l’hormone
de croissance bovine. « Comme toujours, Santé Canada protège les intérêts
des entreprises plutôt que la santé ».
« Autoriser le SmartStax sans évaluation, un jour
après la publication du rapport sur le scandale de la listériose, illustre l’actuelle
profonde crise de gouvernance et d’incompétence en matière de salubrité des OGM »,
conclut Éric Darier directeur de Greenpeace au Québec.