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Montréal, Canada — Greenpeace pousse un soupir de soulagement contenu après l’annonce faite cet après-midi par le ministre fédéral de l’Environnement John Baird de fixer une limite de poids de 0,5 % sur les produits de lessives à base de phosphate d’ici 2010, ce qui ferme enfin une faille dans la réglementation canadienne qui dure depuis près de 40 ans.

« Cette interdiction est une première étape fort nécessaire pour nettoyer nos lacs et cours d’eau des cyanobactéries. Mais nous nous demandons pourquoi le gouvernement fédéral attend encore deux ans pour mettre en place le programme qu’il vient d’annoncer aujourd’hui », affirme Jocelyn Desjardins, responsable des Relations publiques de Greenpeace. « Les lacs et cours d’eau du Canada ne peuvent attendre un autre été comme l’an dernier au Québec ou plus d’une centaine de plans d’eau sont devenus des zones interdites, impropres à la consommation humaine. Il serait mieux d’imposer ces interdictions immédiatement, plutôt qu’en 2010. La décision récente de Jean Coutu d’interdire immédiatement de tels produits sur ses rayons montre bien que l’entreprise privée est déjà prête ».

Ottawa prétend de plus imposer avec cette annonce des mesures très restrictives. Mais c’est plutôt la réponse d’Ottawa qui semble délibérément restreinte. « John Baird aurait pu faire plus pour réduire les émissions de phosphates au pays », reprend Jocelyn Desjardins. « On trouve la plus grande source de pollution par les phosphates dans les fertilisants agricoles industriels de même que dans les pluies acides que provoque l’expansion de l’extraction pétrolière au Canada. L’utilisation d’intrants agricoles doit faire l’objet d’une étude en soi, tout comme on ne doit jamais oublier les différentes sources d’apports en azote ».

L’annonce d’Ottawa s’inspire du plan de Québec pour lutter contre les algues bleues ainsi que d’une interdiction semblable annoncée par la ministre de l’Environnement Line Beauchamp, en 2007. Québec avait mis sur pied son plan pour faire face à un épisode de crise en raison du nombre de plans d’eau touchés par les cyanobactéries. L’annonce d’aujourd’hui montre que les initiatives environnementales des provinces peuvent très bien montrer la voie au reste du pays.

Pour plus de renseignements :
Jocelyn Desjardins, Communication/relations publiques, Greenpeace – 514-212-5749

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