Skip navigation.

Ottawa, Canada — Greenpeace demande au ministre de l’Agriculture, Andy Mitchell : « Instaurez une politique agricole écologiquement et socialement durable »

Le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Canada, Andy Mitchell, organise une consultation nationale sur les Sciences et l’innovation en agriculture. Greenpeace demande au ministre de presser le pas pour prendre le virage écologique et d’instaurer plus de transparence au niveau des politiques agricoles.

« La saga entourant le blé GM (génétiquement modifié) de Monsanto illustre bien ce qui peut se produire lorsque le gouvernement fédéral se préoccupe plus des intérêts du milieu des affaires que de l’intérêt public. Le gouvernement ne saurait être à la fois juge et partie en matière de sécurité alimentaire », affirme Éric Darier, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace. « Plutôt que d’être au service des grandes entreprises, les politiques agricoles et la recherche devraient plutôt favoriser les intérêts des agriculteurs et la protection de l’environnement. »

En juin 2005, Greenpeace a forcé la publication en Allemagne d’une étude sur l’alimentation des rats faite par Monsanto pour appuyer sa demande d’autorisation d’un maïs transgénique, le MON863. Grâce à l’Article 25 de La Directive européenne 2001/18/CE, qui permet au public d’avoir accès à toutes les données scientifiques sur lesquelles se basent les autorités politiques pour prendre des décisions, Greenpeace a révélé que les chercheurs de Monsanto admettaient eux-mêmes, qu’il existait des effets « significatifs » dans le sang et les organes des rats nourris au maïs transgénique MON63. Ce même MON63 est autorisé au Canada et le gouvernement fédéral a refusé d’en réévaluer l’autorisation.

« Au lieu de mettre en place de bonnes pratiques vraiment scientifiques comme la transparence, l’évaluation indépendante par des pairs et la duplication des résultats, il existe au Canada une culture du secret commercial excessive entre les entreprises qui veulent obtenir une autorisation et le gouvernement qui évalue les données », explique Éric Darier. « Sans transparence et possibilité d’évaluation scientifique indépendante, le processus d’autorisation des OGM ne fait que semer le doute au sein du public qui se demande ce qu’on tente de lui cacher ».

En 2001, le Rapport du groupe d’experts scientifiques de la Société Royale du Canada, faisait 58 recommandations au gouvernement fédéral, afin que celui-ci instaure vraiment le principe de précaution et mette en oeuvre des études scientifiques indépendantes sur les OGM. Le Rapport de la Société Royale avait prouvé très clairement que le présupposé de « l’équivalence en substance » suivi par le gouvernement ne s’appuyait pas sur des pratiques scientifiques rigoureuses et que l’industrie et le gouvernement s’en servent au contraire pour ne pas entreprendre les recherches scientifiques approfondies indispensables pour prouver l’innocuité des OGM avant leur commercialisation. Il est déplorable de constater que presque aucune des 58 recommandations mises de l’avant par la Société Royale n’aient été mises en pratique.

Par conséquent, Greenpeace adresse au ministre Andy Mitchell les recommandations suivantes :

  1. Réorientation de la recherche publique en faveur d’une agriculture socialement et écologiquement durable, sans OGM, en mettant notamment l’accent sur l’agriculture biologique. Pourquoi ne pas prévoir affecter, d’ici 2008, 20 % de tous les fonds publics de recherche agricole à une agriculture biologique (non transgénique) socialement et écologiquement durable ? On devrait ensuite augmenter ce financement de 2% de point par année jusqu’en 2023 pour atteindre un objectif de 50%.
  2. Instauration effective de toutes les recommandations mises de l’avant par la Société Royale du Canada en 2001 , et remplacer notamment la doctrine de l’ « équivalence en substance » par une révision scientifique par des pairs complète et indépendante, le public devant avoir pleinement accès aux données portant sur les risques et les dangers que les cultures et les aliments OGM peuvent éventuellement causer à l’environnement, à l’agriculture et à la santé AVANT d’en autoriser la commercialisation, de manière à rendre opérationnel le principe de précaution. Établissement de comités scientifiques pluridisciplinaires permettant d’assurer que les analyses portant sur tout le cycle de vie des OGM soient pleinement intégrées à une évaluation complète des produits transgéniques.
  3. Mise en vigueur du droit du public à un plein accès à toutes les évaluations environnementales des OGM (incluant la santé humaine), tel que prescrit par la convention Aarhus , et limitation du secret commercial à un strict minimum. Le Canada devrait ratifier la convention Aarhus sans plus attendre.
  4. Financement et promotion de la recherche publique sans partenariat avec le secteur privé, afin de favoriser et de mettre en pratique un vaste programme de recherche d’inspiration scientifique privilégiant l’intérêt public, indépendant des intérêts de la grande entreprise. (Ré)Établissement de centres de recherches agronomiques financés par le secteur public, dotés de réseaux locaux d’experts que les agriculteurs pourront consulter afin de pouvoir évaluer d’une manière critique les prétentions mises de l’avant par les firmes agrochimiques et semencières et d’offrir des solutions de rechange socialement et écologiquement durables.