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Montréal, Canada — Greenpeace demande au gouvernement du Québec d’annuler l’entente qu’il a signée, le 6 décembre 2006, avec l’Union des producteurs agricoles et qui exempte le milieu agricole de toute nouvelle mesure environnementale d’ici 2010. Dans le but de diminuer au minimum les charges de phosphore issues de terres agricoles, Québec doit immédiatement revoir le modèle industriel de l’agriculture afin de changer les pratiques de cette industrie et imprimer un virage majeur vers une agriculture écologiquement durable.

« Va-t-il falloir continuer à regarder jusqu’en 2010 ce gouvernement fermer des lacs et des plages sans qu’il ne comprenne et nous explique le pourquoi ou qu’il ne s’attaque aux plus importantes causes de la prolifération des cyanobactéries », interroge Éric Darier, de la campagne Agriculture de Greenpeace. « La contamination de nos plans d’eau est un signal de plus de la dégradation de notre environnement. Elle donne un indice flagrant des politiques inadéquates du gouvernement du Québec ».

Selon Greenpeace, il y a urgence de diminuer les charges de phosphore provenant des bassins versant alimentant des lacs contaminés, particulièrement dans les régions aux cheptels nombreux ou celles ou l’on pratique la monoculture du maïs. « De nombreux rapports ont établi que les excédents de phosphores provenant de pratiques agricultures non écologiques demeurent la source principale (généralement les 3/4) de propagation des algues bleues, et ce, jusqu’à la mort des lacs et des cours d’eau », constate Éric Darier.

La situation actuelle des algues bleues au Québec cristallise parfaitement les nombreux problèmes reliés à nos façons de faire en agriculture. « Après plus de 30 ans d’industrialisation à outrance (porcheries industrielles, monoculture du maïs, OGM, pesticides, herbicides, engrais, déboisement, etc.), il semble de plus en plus évident que nos milieux naturels atteignent un point de non-retour », affirme Éric Darier. De l’avis de Greenpeace, Québec doit prendre un virage vert rapidement et faire en sorte que tous ceux qui sont à la source des problèmes de contamination, y compris le milieu agricole, aient la chance de faire partie des solutions.

« Lors d’une visite officielle au lac Selby, en Estrie, au cours du week-end, j’ai pu constater la volonté farouche des résidents de ce lac de résoudre à la source la contamination de leur plan d’eau aux cyanobactéries », raconte Éric Darier. « De plus en plus de citoyens, dans toutes les régions du Québec, souhaitent collaborer. Cependant, l’approche mitigée et volontariste qu’a choisie jusqu’à présent le gouvernement du Québec, et surtout l’exemption donnée à l’UPA jusqu’en 2010, n’envoie pas un bon message ni aux citoyens, ni aux agriculteurs qui veulent agir de façon plus responsable en matière d’environnement » constate Éric Darier.

Greenpeace a d’autant plus de mal à s’expliquer l’inaction du gouvernement de Jean Charest concernant les questions agroenvironnementales, « qu’il existe de nombreuses solutions ou pratiques en agriculture ». Lors d’audiences régionales tenues en hiver et au printemps dernier, la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire, a entendu des douzaines et des douzaines de mémoires et de témoignages partout au Québec sur de bonnes pratiques agricoles écologiques telle que l’agriculture biologique.  « Malheureusement, ces bonnes pratiques agroécologiques ne reçoivent pas ou peu d’aide du gouvernement qui continue par contre à subventionner généreusement les pratiques agricoles qui ne sont ni écologiquement ni socialement durables », conclut Éric Darier.  Greenpeace participera aux audiences nationales de la CAAAQ, début septembre et proposera 24 recommandations structurantes pour une agriculture plus verte.

Pour plus de renseignements :
Éric Darier, campagne Agriculture, Greenpeace, cell. : (514) 605-6497.
Jocelyn Desjardins, Communications-Relations publiques, Greenpeace, cell. : (514) 212-5749

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