Le Canada détient l’une des dernières forêts anciennes du monde.
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Québec, Canada —
Des militants de Greenpeace ont pris part aujourd’hui à une activité pacifique devant l’Assemblée nationale du Québec afin de souligner l’urgence de protéger la forêt boréale. Greenpeace demande officiellement au gouvernement d’adopter sans plus tarder un moratoire de coupe et de développement industriel en forêt boréale intacte.
« Il y a urgence d’agir pour protéger la forêt boréale québécoise », affirme Mélissa Filion, responsable de la campagne Forêt boréale de Greenpeace. « Si le gouvernement ne protège pas par un moratoire ce qu’il reste de forêts boréales intactes, le Québec risque de perdre un joyau du patrimoine mondial ». Rappelons que le rapport de la Commission Coulombe faisait état, en 2004, de la surexploitation forestière et du fait qu’il ne reste plus que 15 % de forêt boréale toujours intacte.
Costumés comme des arbres, dispersés sur une gigantesque carte du Québec remplissant toute l’étendue devant l’Hôtel du Parlement, les militants se sont écroulés au sol au son des scies à chaîne afin de symboliser la coupe forestière. Cette activité pacifique est venue rappeler que seulement 3,4 % du territoire québécois est protégé contre l’exploitation industrielle.
« Nous voulons qu’on nous dise, avec une science tout à fait indépendante, ce qu’on doit protéger avant de nous dire combien de bois les industriels peuvent couper », explique Mélissa Filion. « À la veille d’une élection, la protection de la forêt boréale devrait être un enjeu pour tous les partis politiques ».
C’est pourquoi Greenpeace demande au gouvernement d’adopter un moratoire de développement industriel dans les dernières zones de forêts boréales intactes, soit sur 113 000 km2 en forêt commerciale et 180 000 km2 au nord de la limite nordique de coupe. Au terme de ce moratoire, Greenpeace exige de nouvelles aires protégées en forêt boréale commerciale, plus nombreuses et plus larges; le maintien de la limite nordique de coupe et la mise en place d’un fonds de dotation pour assurer à la fois la protection de la forêt boréale et la diversification de l’économie des communautés qui en dépendent.
« Greenpeace ne réclame pas l’arrêt complet et permanent des coupes forestières au Québec », lance Mélissa Filion. « Nous demandons au gouvernement d’être responsable et de protéger ce qu’il reste de forêts intactes avant qu’il ne soit trop tard. Nous réclamons un arrêt pour une durée indéterminée, le temps de se donner un véritable réseau d’aires protégées. »
Greenpeace rappelle que Jean Charest a signé, en 1992, à titre de ministre fédéral de l’Environnement, la Convention sur la diversité biologique des Nations Unies, engageant le Canada à créer des réseaux d’aires protégées d’ici à 2010. Quinze ans plus tard, les résultats se font toujours attendre au Québec.
En plus de l’implication dans ce dossier du ministre de l’Environnement, Claude Béchard, et du ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil, il nous apparaît essentiel que le premier ministre du Québec s’implique et adopte sans plus tarder un moratoire de coupe et de développement industriel en forêt boréale intacte.