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Montréal, mardi 18 décembre 2001- D'après une étude scientifique citée par le professeur Jean-François Narbonne de l'Université de Bordeaux (France), les sédiments puisés à l'embouchure de la rivière Richelieu, en bordure des champs de maïs transgéniques Bt, contiennent des concentrations de la toxine Bt (Bacillus thuringiensis - utilisée comme insecticide) cinq fois plus élevées que les eaux de drainage et les sédiments des terres agricoles environnantes, apprend-on dans l'édition d'aujourd'hui du Devoir (1).

Le professeur émet l'hypothèse que les racines du maïs transgénique Bt transmettent ce gène à d'autres bactéries qui, à leur tour, produisent du Bt. Ce serait par l'écoulement des eaux que cette toxine se retrouverait dans le système fluvial.

« Cette étude scientifique confirme une fois de plus que l'on ne connaît pas vraiment l'ampleur des conséquences, potentiellement désastreuses, de l'utilisation des OGM dans l'environnement », constate Éric Darier, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace. « Ce que cette étude démontre, avec évidence, est que le gouvernement fédéral doit immédiatement imposer un moratoire pour mettre fin à la dissémination des OGM dans l`environnement et appliquer de manière stricte le principe de précaution comme le recommandait, notamment, le groupe de scientifiques indépendants de la Société Royale du Canada, en février dernier », explique Éric Darier.

« Le gouvernement et les entreprises de la biotechnologie attendent-ils un Tchernobyl génétique pour réagir et cesser la dissémination d'OGM dans l'environnement ? », souligne Éric Darier. « Ce qui est inquiètant dans cette histoire, est que ce soit un scientifique étranger qui nous révèle la contamination génétique de la rivière Richelieu au Québec alors que les scientifiques d'Environnement Canada et de l'Institut de recherche en biotechnologie de Montréal, qui ont effectué la prise des échantillons, sont demeurés silencieux jusqu'à présent. Cela nous en dit long sur la soi-disant neutralité et l'indépendance des scientifiques du gouvernement ! », de conclure Éric Darier.

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1) Pauline Gravel, « Pollution par les OGM dans le fleuve Saint-Laurent - La toxine du maïs transgénique Bt a contaminé les sédiments fluviaux », Le Devoir, 18 décembre 2001.