Montréal, Canada —
Greenpeace se déclare troublée par la diffusion d’un reportage du journaliste Guy Gendron au cours duquel il a été révélé que le développement accéléré des sables bitumineux en Alberta serait entre autres le résultat de rencontres entre industriels du pétrole albertains et texans.
Greenpeace est d’autant plus préoccupée que le rapport de cette
rencontre, coproduit par le ministère canadien des Ressources
naturelles, suggère de « multiplier par cinq la production des sables
bitumineux » et de simplifier, au Canada et en Alberta, le processus
d’approbation environnementale pour les projets énergétiques.
La crédibilité environnementale de ce gouvernement est de nouveau
sérieusement atteinte, estime Greenpeace. « La diffusion de ce
reportage offre maintenant beaucoup d’explications à la population sur
le changement de cap du Canada au sujet du Protocole de Kyoto », lance
Steven Guilbeault, de Greenpeace.
Avec sa production d’un million de barils par jour, le pétrole des
sables bitumineux est la principale source d’augmentation des gaz à
effet de serre au Canada. Puisque cela requiert beaucoup d’énergie,
l’extraction de ce pétrole produit cinq fois plus de gaz à effet de
serre que les puits de pétrole. Selon le Ministère des Ressources
naturelles, les sables bitumineux sont responsables de 25 mégatonnes
d’émissions de GES sur les 127 mégatonnes d’émissions totales en 2004.
La multiplication par cinq de la production réduit d’autant notre
capacité à rencontrer les objectifs internationaux de réductions des
GES.
Alors que le nouveau ministre de l’Environnement, John Baird, est en
tournée pour présenter le plan environnemental du gouvernement pour
demain, les Canadiens doivent maintenant s’interroger si les dés ne
sont pas déjà pipés au sujet de Kyoto : « Nous voulons que Stephen
Harper nous dise comment il peut respecter les engagements
internationaux qui nous lient au Protocole de Kyoto », déclare Steven
Guilbeault. « Nous lui demandons de respecter les engagements
internationaux du Canada, à commencer par Kyoto, qu’il rétablisse les 5
milliards de dollars destinés à la lutte aux changements climatiques
que ce gouvernement a supprimés ».