Montréal, Canada —
Les multinationales des OGM ont accusé hier un très dur coup et un important revers judiciaire. En effet, un juge californien a reconfirmé une décision qu’il avait rendue précédemment, à savoir que le gouvernement américain n’a pas suivi ses propres règles d’évaluation des OGM et, en particulier, de la luzerne OGM (Roundup Ready) de Monsanto. Le jugement d’hier rend donc permanente une interdiction qui était jusque-là temporaire. La luzerne OGM de Monsanto ne peut donc plus être vendue partout aux États-Unis. La luzerne déjà ensemencée sera soumise à des conditions de contrôle pour éviter la contamination génétique.
Dans un jugement extrêmement sévère, le juge Charles Breyer réaffirme
que cette semence OGM peut nuire à l’environnement et contaminer toute
luzerne plantée naturellement. Il réaffirme également que le
Département américain de l’Agriculture a failli à ses responsabilités
en ignorant le fait que des doutes existaient sur la possibilité de
contamination par cette semence OGM. Il demande de plus aux
compagnies de faire connaître, d’ici 30 jours, les emplacements de tous
les champs de luzerne OGM Roundup Ready de Monsanto, aux États-Unis. Le
juge demande également à ces compagnies de rendre ces informations
publiques dès que possible afin que les cultivateurs de luzerne
conventionnelle et de luzerne OGM puissent évaluer si leurs champs ont
été contaminés ou non. En frappant d’interdiction cette semence, le
juge Breyer fait de plus valoir que la contamination de la luzerne
naturelle par la luzerne OGM est déjà en cours, « qu’une telle
contamination fait d’irrémédiables torts à l’environnement » et « qu’il
est désormais impossible de revenir en arrière ».
La luzerne OGM de Monsanto est autorisée au Canada depuis le 7
septembre 2004. « Elle a été évaluée sur des bases similaires aux
méthodes américaines, que même la Société royale du Canada a jugé, en
2001, peu rigoureuses sur le plan scientifique », affirme Éric Darier,
responsable de la campagne contre les OGM pour Greenpeace. « On est
donc en droit de douter du sérieux des évaluations des OGM qu’Ottawa a
entreprises ».
Dans un rapport transmis au gouvernement, la Société royale du Canada a
recommandé en vain 58 mesures de précaution concernant les OGM.
Les quatorze experts de cette organisation – la plus haute instance
scientifique indépendante au Canada – avaient entre autres déploré
l’absence de transparence dans les évaluations des OGM. En effet,
pratiquement toutes les données fournies – par les mêmes entreprises
qui souhaitent faire autoriser les OGM – sont confidentielles. Aucun
scientifique ne peut y avoir accès.
« Il aura fallu un juge aux États-Unis pour confirmer les pires
craintes que la Société royale a exprimées en 2001 », reprend Éric
Darier. « Greenpeace exige que le gouvernement canadien retire
immédiatement l’autorisation de cette luzerne OGM et applique les mêmes
mesures qu’a décrétées ce juge en Californie. Le gouvernement
doit ensuite réellement mettre en place les 58 recommandations de la
Société royale du Canada et, en attendant, suspendre toutes les
autorisations d’OGM au pays ».
Greenpeace met en garde Ottawa quant à l’impact qu’un laisser-faire
canadien pourrait avoir sur les marchés internationaux. « Si le
gouvernement ne prend pas des mesures immédiates concernant cette
luzerne OGM, le Canada risque désormais de devenir LE pays de dumping
des semences de luzerne OGM », prévoit Éric Darier.
Information sur les visuels, vidéos, photos et autres documents
Pour plus de renseignements :
Éric Darier, responsable campagne OGM, Greenpeace : 514-605-6497
Jocelyn Desjardins, Communications – Relations publiques : 514-212-5749
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