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Montréal, Canada — Un nouveau rapport international de Greenpeace démontre comment les engrais agricoles génèrent des éclosions nuisibles d’algues causant des zones mortes qui tuent nos rivières, lacs et océans. Greenpeace fait l’état dans ce rapport de la prolifération des algues dans le monde et recommande 11 mesures pour renverser la tendance. Une large place est faite au Canada et au Québec dans ce rapport. Ainsi, on peut y lire qu’au Québec, l’éclosion record d’algues dans les lacs et cours d’eau durant l’été 2007 provenait principalement du ruissellement des engrais agricoles et en particulier du phosphore provenant du lisier de bétail.

« Malgré les démentis répétés, l’été passé, de Québec et de l’UPA au sujet du rôle principal de l’agriculture industrielle dans la prolifération des algues bleues, il est évident à la lecture de ce rapport international que la cause première est et demeure encore la surutilisation des engrais et notamment du lisier », affirme Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture de Greenpeace au Québec. « Au lieu de censurer l’information sur la présence d’algues bleues dans les lacs, le gouvernement Charest ferait mieux d’agir en mettant en place une agriculture vraiment écologiquement durable ».

L’utilisation excessive d’engrais par l’agriculture industrielle fournit des nutriants aux algues, ce qui contribue à l’éclosion d’algues dans les cours d’eau, constate-t-on dans ce rapport. En grand nombre, les algues privent d’oxygène les autres formes de vie aquatiques et facilitent la multiplication de bactéries qui peuvent rendre les eaux dangereuses pour les humains. Les éclosions d’algues ont également des impacts négatifs sur les pêches et la biodiversité et transforment parfois des plages en zones toxiques interdites.

Selon Greenpeace, la source la plus rapide d’augmentation d’azote au Canada provient de l’agriculture. Depuis qu’il existe des données, l’utilisation d’engrais azotés a été multipliée par 75 depuis 1950. « Il faut se rappeler qu’au Canada, le secteur agricole est encore responsable d’environ 82 % de la pollution au phosphore et de 49 % de la pollution directe à l’azote, principalement à cause du ruissellement des engrais et de l’élevage des animaux », ajoute Éric Darier. « Si on ajoute à cela les sources indirectes de pollution à l’azote comme les retombées de gaz agricoles comme l’ammoniac et les oxydes d'azote, la part de l’agriculture représente 80 % de toute la pollution à l’azote au pays ».

Le lancement du rapport de Greenpeace a lieu alors que s’amorce la réunion annuelle, à Québec, des ministres de l’agriculture du fédéral et des provinces. Les ministres étudieront notamment un projet de politique agricole, intitulé Cultivons l’avenir, qui fait la promotion d’une agriculture industrielle basée sur le pétrole et ignore les problèmes environnementaux causés par l’agriculture. Greenpeace exige que les ministres de l’Agriculture au fédéral et au Québec adoptent des mesures concrètes pour limiter le ruissellement des engrais agricoles et renverser l’expansion des zones mortes dans les rivières, lacs et océans.

Jusqu’à présent, les gouvernements fédéral et du Québec n’ont pris que des mesures marginales pour contrer les éclosions d’algues. La réglementation des détergents pour les lave-vaisselles à partir de 2010 ne résoudra qu’environ 1 % du problème. Ce sont les grands pollueurs dans l’agriculture industrielle et les élevages, qui devraient être l’objet d’attention principale de la part des gouvernements. Greenpeace recommande en particulier d’éliminer le ruissellement des engrais en minimisant l’usage excessif d’engrais, d’éviter de laisser les terres à nu, de restaurer la végétation le long des cours d’eau et de financer la recherche pour comprendre les impacts des nutriants sur la prolifération des zones mortes.

Le rapport de Greenpeace fait aussi écho à plusieurs rapports, notamment un document des Nations Unies et de la Banque Mondiale, rendu public en avril dernier, sur l’évaluation internationale des connaissances, des sciences et des technologies agricoles (AKST). Ce rapport produit par 400 experts et scientifiques provenant du monde entier avait pour objectif d’établir une base de référence d’évaluation pour une agriculture écologiquement durable. « Cinquante-sept pays ont signé ce rapport, mais le gouvernement Harper l’a dédaigné et ne l’a pas adopté », reprend Éric Darier.

Pour plus de renseignements :
Jocelyn Desjardins, Communication – Greenpeace : 514-212-5749
Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture – Greenpeace : 514-605-6497

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