Pour la séparation de l’État et du pétrole

Actualité - 3 août, 2010
Greenpeace a livré un message en plein cœur de l’industrie pétrolière canadienne, en suspendant une immense bannière sur la Tour de Calgary. Portant l’inscription « Separate Oil and State » (Pour la séparation de l’État et du pétrole), soulignant le besoin rapide de rompre les liens trop étroits qui unissent l’industrie polluante des sables bitumineux et les gouvernements fédéral et provincial.

Pour la séparation de l’État et du pétrole

Au matin du 3 août 2010, des activistes de Greenpeace ont déroulé de manière spectaculaire une bannière de 8 × 15 mètres à partir du sommet de la Tour de Calgary. La bannière se trouvait sur la face nord de la tour et est visible à travers tout le centre-ville de Calgary. Trois activistes – un Albertain, un Britanno-Colombien et un Européen – étaient suspendus à la bannière, à près de 160 mètres du sol.

Pétrole sale

Bien que le pétrole serve à faire rouler les voitures, il ne devrait pas dicter la conduite de nos gouvernements. Le Canada n’est pas un pétro-État et les géants du pétrole ne devraient pas mener la barque, pas plus que les gouvernements ne devraient fermer les yeux sur la destruction de l’environnement qui découle de l’exploitation des sables bitumineux. D’ici à ce que les gouvernements fédéral et albertain tiennent tête à l’industrie pétrolière, les émissions de gaz à effet de serre vont continuer d’augmenter. Davantage d’animaux sauvages vont mourir, encore plus de citoyens vont être empoisonnés par l’air qu’ils respirent et l’eau qu’ils boivent, et les droits des Premières nations conférés par traités seront violés en faveur des profits dans cette quête absurde visant à siphonner jusqu’à la dernière goutte le pétrole sale de cette province.

Copinage

À la veille de la rencontre des premiers ministres au Conseil de la fédération qui aura lieu à Winnipeg du 4 au 6 août prochain, Greenpeace met en garde le premier ministre Ed Stelmach et les autres chefs politiques. Les Canadiens et les Albertains sont de plus en plus au courant des relations de copinage dont bénéficient les pétrolières et qu’elles exploitent à leur avantage alors que des mesures laxistes leur permettent de surveiller elles-mêmes leurs activités. Ce copinage est entretenu par les dirigeants de l’industrie pétrolière qui travaillent ou ont déjà travaillé au sein du gouvernement albertain, dont un ayant dirigé le Secrétariat pour le développement durable des sables pétrolifères (Oil Sands Sustainable Development Secretariat) et un dirigeant de l’Association canadienne des producteurs de pétrole (Canadian Association of Petroleum Producers – CAPP), dont le rôle influence le processus de révision réglementaire.

Greenpeace et d’autres groupes environnementaux ont récemment dévoilé plus de 6 000 rapports d’incidents reliés à l’exploitation des sables bitumineux par les compagnies pétrolières elles-mêmes et d’une manière récurrente. Ces rapports démontrent que les compagnies échouent misérablement à s’auto-réglementer et que le gouvernement de l’Alberta ne parvient pas à contrôler cette industrie polluante, ni à appliquer ce qui devrait être une réglementation stricte. La Commission pour la conservation des ressources énergétiques de l’Alberta (Energy Resources Conservation Board – ERCB), qui prétend agir à titre d’organe d’autorisation indépendant, entérine près de la totalité des projets d’exploitation des sables bitumineux, dont certains ne sont pas conformes aux directives gouvernementales.

Coupures budgétaires et relations publiques

Au printemps passé, Greenpeace a divulgué des données qui montraient que les budgets du gouvernement albertain visant à assurer l’application des lois, la surveillance et la conformité des activités des pétrolières ont été sabrés, alors que celui dédié aux relations publiques a continuellement augmenté. Ceci pourrait expliquer le manque flagrant de surveillance illustré par les données compilées (en anglais) par le biologiste Kevin Timoney qui ont été rendues publiques vendredi dernier.

La destruction environnementale dans la région des sables bitumineux constitue un sinistre rappel du désastre dans le Golfe du Mexique où les mêmes multinationales ne font que souscrire en paroles aux impératifs de sécurité alors qu’en réalité, ils tournent les coins ronds au détriment des vies des employés et de la survie des communautés. Permettre à l’industrie pétrolière de dicter les règles est de la part des gouvernements fédéral et albertain le comble de l’irresponsabilité; cela ne saurait être toléré en démocratie.

Pas d’énergie sales non plus au Québec

Greenpeace en profite également pour rappeler au gouvernement Charest qu’il ne doit pas imiter l’Alberta et ne pas autoriser l’exploration ou l’exploitation du pétrole et du gaz au Québec. L’avenir est dans l’efficacité énergétique et dans les énergies renouvelables et écologiques.