Le rapport, intitulé Toxic Lobby, ou Comment l'industrie chimique tente de détruire REACH, décrit de quelle façon l'industrie chimique a, dans le but de vider de son contenu la réforme proposée les substances chimiques (REACH), effrayé et trompé les politiques en refusant d'admettre le problème que constitue la contamination chimique, et engendré un climat de peur relatif aux coûts économiques et aux pertes d'emplois, l'industrie chimique a ainsi obstrué l'innovation et a fait se coopter les petites et moyennes industries à leur désavantage.
Un jour après le lancement d'une nouvelle initiative de la Commission européenne afin de contrôler l'influence excessive des lobbys à Bruxelles, ce rapport documente le rôle proéminent du Gouvernement allemand et du géant allemand des produits chimiques BASF dans la bataille qui les oppose à REACH dans la capitale européenne. BASF, qui s'est fait le fer de lance d'une campagne interntionale visant à mobiliser les Etats-Unis et les gouvernements non européens dans le but de miner REACH, a admis en 2005 que la compagnie rémunèrait 235 politiciens, et ce uniquement en Allemagne.
"Le manque de responsabilité et de transparence qui prend place dans le processus de décision à Bruxelles pénalise une législation qui défend l'intérêt public", commente Jorgo Riss, Directeur du bureau européen de Greenpeace. "Les campagnes corrosives menées par l'industrie chimique afin de détruire REACH ont reposé jusqu'à présent sur le bon vouloir de politiciens situés à des postes clés qui abandonnent leur rôle de fonctionnaires, et qui se comportent comme des lobbyistes au service de l'industrie."
Le rapport compare les coûts envisagés pour le programme REACH (0,2 milliard d'euros par an) aux ventes annuelles de l'industrie chimique (586 milliards d'euros, soit 2.790 fois le coût de REACH). Il met en avant l'hypocrisie du lobby des produits chimiques : alors que l'industrie chimique avançait auprès des autorités européennes basées à Bruxelles des motifs financiers pour justifier qu'elle n'aurait pas la capacité de mettre en place une régulation plus sûre, les ventes de BASF ont augmenté de 14%, permettant à l'entreprise de réaliser un chiffre d'affaire de 47,2 milliards d'euros, son bénéfice net augmentant de 50% (à 3 milliards d'euros).
Pour Nadia Haiama, conseillère politique sur les substances chimiques pour le bureau européen de Greenpeace, "l'influence au goutte à goutte du lobby chimique a conduit à une dilution dans son ensemble de ce qui semblait être un effort prometteur pour améliorer la santé humaine. A moins que cette influence toxique ne soit contrée, REACH permettra l'utilisation continue de substances chimiques pouvant causer des cancers et des maladies reproductives, alors même que des alternatives plus sures existent." [1,2]
Nadia Haiama, Greenpeace European Unit policy director, chemicals, tel +32 (0)274 1913/ +32 (0)476 961376 (PT, FR, EN, ES)
Jorgo Riss, Greenpeace European Unit director, tel +32 (0)2 274 1907 (DE, EN, FR)
Katharine Mill, Greenpeace European Unit media officer, tel +32 (0)2 274 1903/+32 (0)496 156 229 (EN, FR)
Toxic Lobby: How the chemicals industry is trying to kill REACH peut être téléchargé sur http://www.greenpeace.org/toxiclobby
[1] Voir le rapport intitulé Fatal Flaws - Effect thresholds and "adequate control" of risks qui décrit les erreurs fatales dans la position du Conseil sur l’autorisation des produits chimiques sous les régime REACH. http://www.greenpeace.org/fatalflawsbrief
[2] Voir le rapport intitulé Fragile – Our reproductive health and chemical exposure: qui expose les preuves de liens entre le déclin des fonctions reproductives humaines et notre exposition aux produits chimiques dangereux. http://www.greenpeace.org/fragile