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Le 17 mars 2008, des activistes de Greenpeace interceptent un cargo 
contenant une cargaison de bois supecte en provenance du Brésil.

Le 17 mars 2008, des activistes de Greenpeace interceptent un cargo contenant une cargaison de bois supecte en provenance du Brésil.

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Bruxelles, Caen — Un navire chargé de bois provenant d’entreprises forestières impliquées dans des activités illégales en Amazonie a été immobilisé aujourd’hui en France par des activistes de Greenpeace.(1) Cette action survient alors que la Commission Européenne doit se prononcer au mois de mai prochain sur un projet de loi visant à stopper le traffic de bois illégal.(2)

Alors que le Galina III, un navire de 16 000 tonnes, pénétrait dans le port de Caen, cinq activistes de Greenpeace, originaires de Grande-Bretagne, Allemagne, Italie et Chili ont escaladé sur le pont du navire pour tenter d’empecher le déchargement. Greenpeace demande à ce que la cargaison soit renvoyée à son port d’origine, tant que la légalité du bois présent à bord n’aura pas été clairement démontrée.

Par cette action, Greenpeace dénonce le rôle joué par l’UE dans la destruction de l’Amazonie. Greenpeace demande à l’UE de se doter au plus tôt d’une législation qui garantisse l’origine légale et durable des produits bois commercialisés sur son marché.

“L’exploitation forestière illégale, qui régne au Brésil, est en train de ravagér la forêt d’Amazonie,(3) avec des conséquences considérables et irréversibles pour le climat, la biodiversité et les populations locales,” à dit Marcelo Marquesini, responsable de la campagne Amazonie pour Greenpeace Brésil.

“En raison du laxisme des autorités européennes, des entreprises voyous peuvent écouler en toute impunité sur le marché européen le produit du pillage des dernières forêts anciennes de la planète. Cette situation n’a que trop durée. Lorsqu’ils procèdent à leurs achats, les consommateurs européens, doivent pouvoir avoir la certitude de ne pas contribuer à des crimes forestiers,” a déclaré Sébastien Risso, responsable des affaires publiques forêts pour Greenpeace UE.

L’action de Greenpeace coincide avec la publication d’un rapport, ‘A Future for Forests (Un futur pour les forêts),’(4) qui révèle l’ampleur du commerce de bois illégal entre l’UE et le Brésil. L’UE est le premier importateur de bois en provenance du Brésil.(5) Selon les estimations, entre 63 et 80% des activités forestières en Amazonie Brésilienne seraient illégales.(6) Outre la destruction de larges étendues de forêts tropicales humides, les activités illégales favorisent aussi les annexions de terrain par les agriculteurs et spéculateurs fonciers et alimentent la corruption et la violence.

La déforestation est responsable pour près de 20% des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, soit plus que l’ensemble des émissions du secteur des transports à l’échelle mondiale. Elle alimente aussi la perte de biodiversité et la destruction des éco-systèmes à des taux extrêmes et sans précedents. “L’UE doit agir pour protéger les forêts et contribuer à une utilisation durable et équitable des ressources forestières de la planète. Réglementer les produits bois est une première étape indispensable, qui doit être engagée le plus rapidement possible” a ajouté Sebastien Risso.

Le mois dernier, le gouvernment brésilien a reconnu que le taux de déforestation en Amazonie était sur le point d’atteindre de nouveaux sommets, après une brève accalmie.(7) La deforestation est la principale source d’émissions de gaz à effet de serre au Brésil, contribuant à faire de ce pays le quatrième plus grand émetteurs de la planète.

Notes to Editor

1.) Avant de faire escale en France, le Galina III avait déchargé une partie de sa cargaison au Portugal et en Espagne. Le navire doit maintenant faire route vers les Pays-bas. Les six entreprises voyous à qui appartient le bois chargé à bord du Galina III sont : Madesa-Madeireira Santarém Ltda, Estância Alecrim, Pena Agro-Florestal Madeireira Ltda, Madeireira Rancho da Cabocla Ltda, Industrial Madeireira Curuatinga and Tradelink Madeiras Ltda. Ces entreprises ont écopées de lourdes sanctions financières à de multiples reprises en raison de leurs activités illégales. L’une d’entre elles a même été condamnée par deux fois l’année dernière à payer des amendes supérieures à un million de dollars. Leur plan d’aménagement forestier a été annulé et des poursuites judiciaires engagées pour activités illégales (infraction des lois forestières, usage de documents frauduleux, blanchiment de bois illégal), annexion de terrain et extraction de bois sur des terres appartenant au domaine public. Corruption, violence et intimidation (menaces de mort) font également parties des faits reprochés à ces entreprises.

2.) "Forward Programming 2008" - page 4: http://ec.europa.eu/atwork/programmes/docs/forward_programming_2008.pdf (version anglaise).

3.) L’Amazonie est la plus grande forêt tropicale humide du monde. Sur le seul territoire brésilien, c’est près de 700 000 km2 de forêt amazonienne qui ont été détruits ces quarantes dernières années, soit une superficie supérieure à celle de la France.

4.) Le rapport de Greenpeace, ‘A Future for Forests’: http://www.greenpeace.org/eu-unit/press-centre/reports/a-future-for-forests-report-17-03-08 (version anglaise).

5.) L’UE est le marché de destination de 49% des exportations de bois d’amazonie brésilienne en valeur, et 47% en volume. Ministère Brésilien du Développement, de l’Industrie et du Commerce (2007), Les chiffres des exportations de bois d’amazonie brésilienne en volume sont disponible sur : http://aliceweb.desenvolvimento.gov.br/ (version portuguaise). Février 2008.

6.) Veloso, J. (2006) – ‘Estimating legality in timber production in the Amazon,’ Ministère Brésilien de l’Environnement, National Forest Plan. La production légale de bois en Amazonie ne dépasse pas 37% d’après les estimations les plus optimistes.

7.) Les chiffres préliminaires données par l’INPE (l’Institut national de recherche spatiale brésilien) ont révélé une augmentation dramatique de la deforestation en Amazonie brésilienne pendant la période allant d’Août à Décembre 2007, comparée aux données de l’année précédente. Source: INPE (2008) ‘INPE estima que Amazônia perdeu cerca de 7 mil km2 de floresta entre agosto e dezembro de 2007’. Communiqué de presse du 24 janvier, disponible sur : http://www.inpe.br/ingles/news/noticia.php?Cod_Noticia=1318 (voir lien en bas de page - version portuguaise).

Contact information

  • Sebastien Risso: responsable des affaires publiques forêts, Greenpeace UE, +32 (0)2 274 1 901, +32 (0)496 12 70 09 (mob.)
    Mark Breddy: responsable communications et presse, Greenpeace UE, +32 (0)2 274 1 903, +32 (0)496 15 62 29 (mob.)

    Daniela Montalto, responsable de campagne Amazonie, Greenpeace International, à bord de l’Árctic Sunrise,+31 (0)646 1620 33
    Marcelo Marquesini, responsable de campagne Amazonie, Greenpeace Brésil, +55 92 81 37 9182

    Greenpeace International press desk: +31 (0)20 718 2470
    Greenpeace International Photodesk: Franca Michienzi, +31 (0)6 290 01162
    Greenpeace International Videodesk: +31 (0)646 1620 15