Remonter :
L'urgence climatique n'est pas une fiction. C'est déjà une réalité. Les émissions de gaz à effet de serre n'ont jamais été aussi élevées. Leur rythme d'augmentation dépasse les prévisions les plus pessimistes. Les catastrophes climatiques arrivent plus tôt que prévu. Elles sont évidentes en Antarctique. Le 7 avril dernier, une plaque de 16 000 km2 s'est détachée du continent. Partout dans le monde, les événements météorologiques extrêmes se multiplient : sécheresses, inondations, feux de forêts… La biodiversité animale et végétale est en péril.
D'ici la fin du siècle, la température moyenne mondiale pourrait augmenter de 7°C. C'est la prévision la plus pessimiste. Elle est malheureusement probable. Même une augmentation de 3, 4 ou 5°C serait dramatique. Des zones côtières et des Etats insulaires disparaîtraient sous les eaux. Les catastrophes climatiques seraient régulières. Les pénuries d'eau, les famines, la malnutrition marqueraient le quotidien de nombreux pays. Les conséquences sanitaires seraient terribles : développement de la malaria et du choléra, surmortalité dues aux températures élevées.
Tout cela entraînerait de forts mouvements de populations, encore plus d'inégalités à travers le monde, plus de tensions et de conflits entre pays, entre régions.
Face à cette urgence climatique, le gouvernement français propose des réponses qui ne sont pas pertinentes. La relance du nucléaire avec la construction de l'EPR en Normandie, le projet de terminal charbonnier à Cherbourg témoignent d'une incompréhension inquiétante des enjeux actuels. Le nucléaire ne peut pas répondre aux dérèglements climatiques. Le charbon en est le principal responsable. Comment envisager de construire de nouveaux réacteurs nucléaires et de développer l'industrie charbonnière ? Comment proposer des réponses aussi déplacées ?
Au niveau international, les solutions ne sont pas non plus à la hauteur des enjeux. Le protocole de Kyoto, qui expire en 2012, doit laisser la place à un texte plus ambitieux. Un nouveau traité aurait dû être négocié à Copenhague en décembre 2009. Mais la conférence a été un fiasco total.