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Des membres de Greenpeace scellent l'entrée du Musée de la reine Sofia à Madrid et le déclarent 'Lieu du Crime contre la Forêt'. Greenpeace a découvert que la nouvelle extension du musée a été construite en utilisant du bois acheté à des compagnies impliquées dans la coupe illégale de bois de la forêt primaire d'Amazonie.
AgrandirL’Union Européenne pèse lourd dans la balance des achats mondiaux de bois, elle pourrait donc avoir de l’influence sur l’exploitation illégale des forêts, véritable fléau écologique à l’échelle planétaire, et économique pour les pays producteurs. Greenpeace encourage l’UE à se donner les moyens légaux de combattre ce commerce illégal et les activités criminelles liées.
Le bois illégal concerne plus d'un dixième du commerce de bois global, ce qui représente plus de 150 milliards de dollars par an. Dans certaines régions parmi les plus vulnérables - Amazonie, Afrique centrale, Asie du Sud-Est, Russie, Etats baltiques - c'est carrément la moitié de l'exploitation forestière qui est illégale.
L'impact de ce trafic sur la faune et la flore tout comme sur le bien-être des humains est catastrophique. L'Union Européenne doit prendre des mesures pour fermer son marché au bois illégal et promouvoir une gestion responsable. Faute de quoi, les dernières forêts de la planète disparaîtront définitivement.
Le processus FLEGT, seule législation européenne existante, est insuffisant dans son état actuel car il est basé sur des partenariats volontaires et ne prévoit pas de sanctions. Dans de nombreux pays producteurs, la législation est peu claire, voire contradictoire et la corruption fait rage. Depuis 2004, Greenpeace travaille avec des juristes, des économistes et des scientifiques pour trouver des solutions.
Pour régler rapidement le problème de ces importations illégales, Greenpeace recommande aux législateurs européens d'élaborer un nouveau règlement interdisant l'importation sur le marché européen de produits forestiers obtenus en violation des lois étrangères ou internationales, en laissant la place à une interprétation la plus large possible de ces lois - cf. loi Lacey aux Etats-Unis.
Politiques et législations, nationales et européennes, doivent être renforcées et appliquées pour permettre aux agents publics européens chargés du respect des lois de confisquer les produits forestiers d'origine illégale et de poursuivre en justice ceux qui en font commerce.
Cela comprend les mesures relatives à la CITES - convention internationale permettant de protéger certaines espèces spécifiques menacées de surexploitation - aux marchés publics et à la lutte contre le blanchiment d'argent.
L'UE doit s'assurer que les accords de partenariat avec les pays producteurs sont mis en place avec le consentement préalable des peuples indigènes, discriminés par la législation forestière qui va dans le sens de l'industrie forestière.
Après avoir analysé les lois relatives au secteur forestier, les accords de partenariat avec les pays producteurs prévus dans le cadre du processus FLEGT permettront de vérifier la légalité des produits forestiers et promouvoir une gestion responsable des forêts.
17 septembre 2004