Des activistes de Greenpeace protestent lors de l'ouverture du Sommet France Afrique à Cannes. Accrochés à une grue ils ont déployé des banderolles affichant le message "Non au pillage des Forêts Africaines".
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Cannes, France —
Le 15/02/07 - A Cannes, une banderole sur laquelle est inscrite : « NON AUX PILLAGES DES FORETS AFRICAINES » vient d'être installée sur une grue située au milieu de la croisette. Par cette action, Greenpeace souhaite interpeller le président de la république Jacques Chirac sur l'avenir des forêts du Bassin du Congo.
« Le modèle d'exploitation forestière promu par la France et les autres bailleurs de fond a des conséquences environnementales, sociales et économiques dramatiques. Greenpeace appelle donc Jacques Chirac à en tirer les leçons et à s'engager concrètement en faveur de la protection des dernières forêts primaires africaines » déclare Grégoire Lejonc, chargé de campagne Forêts africaines à Greenpeace .
Aujourd'hui, la deuxième forêt tropicale de la planète est plus que jamais en péril, résistant mal aux coups de butoirs de l'exploitation industrielle et de ses effets induits : pillage incontrôlé des ressources et destruction du cadre de vie de dizaines de millions de personnes. L'exploitation de la forêt ne profite pas aux populations locales mais aux exploitants étrangers et à leurs réseaux affiliés. Après le Cameroun, le Gabon et la République du Congo, la même tragique histoire risque de se répéter en République Démocratique du Congo, jusqu'alors relativement préservée de la menace.
« La France et les exploitants français ont une part importante de responsabilité à assumer dans le bilan déplorable de l'industrie forestière. Au lieu de reproduire continuellement les mêmes erreurs, il est temps d'en tirer les leçons ! , explique Grégoire Lejonc, chargé de campagne Forêts africaines à Greenpeace France. Des modes d'exploitation écologiquement et socialement viables doivent être encouragés. La situation en République Démocratique du Congo offre aujourd'hui à M.Chirac l'opportunité de faire enfin de la France un acteur politique responsable et transparent. »
Pays grand comme l'Europe de l'Ouest, la République Démocratique du Congo (RDC) contient la moitié de la surface de forêts du Bassin. Le gouvernement nouvellement élu au sortir de dix années de guerre civile doit décider de l'avenir d'un espace forestier qui attire toutes les convoitises. Les conditions d'une exploitation socialement et écologiquement responsable sont toutefois loin d'être réunies. « Donner aux industriels les clés d'une forêt relativement préservée condamnerait ce patrimoine hors du commun, compromettrait l'existence de plus de 40 millions de personnes et mettrait à mal l'une de nos plus importante barrière contre le réchauffement climatique » précise Filip Verbelen, spécialiste des forêts africaines pour Greenpeace International.
Greenpeace demande à Jacques Chirac de traduire en actes ses beaux discours et de s'engager concrètement en faveur de la protection des forêts encore intactes d'Afrique Centrale. La France doit cesser de promouvoir, aux côtés de la Banque Mondiale, un modèle d'exploitation forestière aux conséquences dramatiques. En RDC, il s'agit d'appuyer le processus de révision de la légalité des titres forestiers existants et de proroger le moratoire sur l'attribution de nouveaux titres. Ce moratoire ne pourra être levé que lorsqu'un plan de zonage exhaustif, transparent et concerté aura été établi, que les forêts à préserver auront été identifiées et qu'une gouvernance efficace dans toute la chaîne du bois sera garantie. Compte tenu des carences actuelles, on ne peut que s'étonner que l'AFD ait déjà l'intention de soutenir les sociétés forestières en RDC...
Greenpeace appelle à participer à la manifestation de ce soir à Cannes aux côtés de nombreuses autres ONG.