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Kinshasa, la capitale

Kinshasa, la capitale

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La République Démocratique du Congo (RDC), l'ancien Zaïre, occupe un immense territoire : plus de 2.300.000 km² (soit pratiquement autant que toute l'Europe occidentale). Sa population (près de 63 millions d'habitants en 2006) est à 70% rurale.

La RDC sort de deux guerres sanglantes ayant provoqué la mort de 3,5 millions de personnes ; le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale.  Outre les conflits armés, la pauvreté qui frappe plus de 90% de la population, l’effondrement des institutions étatiques et la corruption figurent parmi les principales causes de la dégradation de l’environnement en RDC. Le pays vit actuellement une transition importante marquée, fin 2006, par la première élection démocratique depuis son indépendance.
La RDC occupe le cinquième rang mondial en matière de diversité animale et végétale. La RDC possède davantage de forêts intactes que l’ensemble des pays qui l’entourent. Les forêts couvrent environ 145 millions d'hectares (plus de 60% du territoire national), dont 86 millions d'hectares de forêts humides (près de 40% du territoire national). Environ 60 millions d'hectares de forêts humides sont en théorie exploitables par l'industrie du bois.
Entre 2000 et 2005, le pays a perdu chaque année plus de 300.000 hectares de forêts – l'équivalent de 600.000 terrains de football – ce qui fait de la RDC le huitième pays au monde en terme de superficie perdue par année. La coupe est dite 'sélective', c'est-à-dire qu'elle consiste à « prendre le meilleur et laisser le reste ». Pour prélever ces essences, de vastes zones de forêts sont ouvertes et la création d’un réseau de chemins pour la machinerie servant à débarder les grumes favorise l'accès des braconniers à la forêt.

Une douzaine d’exploitants détiennent plus de la moitié des titres de coupes, sur une superficie de quelque dix millions d’hectares. Ces compagnies forestières sont congolaises, belges, françaises, allemandes, italiennes, portugaises et libanaises. Les compagnies asiatiques sont encore absentes, à l’exception d'Olam, qui s’impose de plus en plus sur la scène forestière congolaise.

Problèmes sociaux

Selon le nouveau Code forestier congolais, adopté en 2002, les sociétés forestières sont contraintes de verser des taxes devant en théorie être redistribuées au niveau local (25% pour les Provinces et 15% pour les « Territoires » ).

Les recherches menées par Greenpeace indiquent qu'à ce jour, les administrations locales n'ont pas reçu d'argent des taxes, alors que les sociétés forestières prétendent les payer depuis des années.  Les autorités locales ignorent les montants dus et la population n'est pas même au courant de ses droits à jouir des retombées de l'exploitation forestière.

Le Code forestier prévoit également l'établissement de « cahiers des charges » incluant la réalisation d’infrastructures au profit des communautés locales (construction et aménagement des routes, réfection et équipement d'installations hospitalières et scolaires, facilités en matière de transport des personnes et des biens, ...).  Mais en l’absence de contrôle étatique, ces cahiers des charges tournent très souvent à des parodies de compensation à l'avantage exclusif des notables locaux. Les investissements des sociétés forestières sont toujours insignifiants par rapport à la valeur économique du bois exploité. Et de toute façon, les très rares bénéfices liés à l'exploitation forestière disparaissent aussitôt celle-ci achevée.

Les conditions de vie et de travail dans les chantiers et aux alentours des exploitations forestières sont déplorables.  De nombreux conflits sociaux et tensions éclatent.  Les sociétés forestières ont facilement recours à l'intimidation.  Des  alliances informelles sont rapportées entre des représentants des pouvoirs publics et les exploitants. Les sociétés forestières ont facilement recours à l’intimidation.

Force est de constater que la contribution du secteur forestier à la réduction de la pauvreté est inexistante. Les essences précieuses sont évacuées et les communautés riveraines s'appauvrissent davantage.