Vous êtes ici:
D'autres organisations, dans les champs de la santé, des droits fondamentaux de la personne humaine (droits civils et politiques, droits économiques, sociaux et culturels) ou encore de la solidarité internationale, travaillent également depuis longtemps à une mondialisation qui place les besoins fondamentaux des individus et l'intérêt général au-dessus des intérêts privés, de l'économie, de la finance et du commerce.
Nos références sont notamment la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948, le Sommet de Rio de 1992 ou encore le Pacte des Nations Unies sur les droits économiques, sociaux et culturels de 1966. Bien avant l'Accord de Marrakech de 1994 créant l'Organisation Mondiale du Commerce ! Des collaborations existaient entre toutes ces organisations mais il est vrai qu'elles concentraient la plus grande partie de leur énergie à faire avancer leurs luttes spécifiques. Avec la fin de la guerre froide en particulier, une forme de mondialisation s'est accélérée au détriment des autres : celle de la finance et du commerce. Sans abandonner leurs spécificités et leurs combats, les organisations de la société civile se sont regroupées d'abord dans les "contre-sommets" de l'OMC, de la Banque Mondiale, du G8 ou de Davos puis dans le cadre de leur propre rendez-vous avec le Forum Social Mondial initié à Porto Alegre. Leur objectif est alors de lutter collectivement contre une forme de mondialisation qui non seulement génère des dégâts sociaux, sanitaires et environnementaux, mais remet également en cause les droits nationaux et internationaux acquis. L'agenda commun évolue rapidement de la simple dénonciation à la proposition d'alternatives concrètes et réalistes.
C'était l'ambition du Forum Social Européen de Paris/Saint-Denis qui s'ouvrait le 12 novembre 2003 : avec ses dizaines de conférences, ses centaines de séminaires et d'ateliers, il s'agissait de favoriser l'expression dans toute sa diversité, d'échanger les expériences, de confronter les analyses, de faire converger des campagnes et d'élaborer en commun des propositions.
Greenpeace participe au FSE comme elle participe aux forums sociaux mondiaux. Il ne s'agit pas de perdre notre spécificité, notamment sur nos modes d'intervention et de confrontation, ou de succomber à une mode "alter mondialiste". Greenpeace, afin d'accroître l'impact de ses campagnes, doit d'une part élargir au maximum son auditoire et partager ses préoccupations, d'autre part apprendre des autres sur des champs non-environnementaux, et enfin, construire des alliances lorsqu'elles sont nécessaires.
Greenpeace doit particulièrement insister sur le fait qu'une mondialisation plus juste et durable ne peut reposer sur la seule amélioration de la répartition des richesses mais passe par la remise en cause des modes de production, notamment au Nord. Le travail mené en amont et pendant le FSE est de ce point de vue exemplaire : forte implication, en partenariat avec d'autres organisations écologistes et la mairie de l'Ile Saint-Denis, dans l'UCIES (L'Université Citoyenne pour l'Initiative Ecologique et Solidaire) qui a articulé pendant les six mois précédant le FSE les problématiques écologiques, urbaines, sociales et d'exclusion entre elles ; différentes prises de parole au FSE lors des conférences sur la paix, la responsabilité des entreprises, les sciences citoyennes ; l'organisation de séminaires sur les thèmes de la santé et de l'environnement (réforme chimique), de la responsabilité des entreprises (présence de victimes de Bhopal) et des changements climatiques. Le FSE est donc un moment fort d'échanges et de mobilisation.
La participation active de Greenpeace y est "naturelle".