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George Bush (USA), John Howard (Australie) et Jean Chretien (Canada), principaux obstacles aux progrès du Sommet de la Terre
AgrandirSi chaque chef d'État et de gouvernement des pays du G8 est légitime pour ce qui concerne la mise en oeuvre de la politique de son propre pays et si on ne peut nier le droit de huit chefs d'Etat de se rencontrer, nous considérons que ce cartel ne l'est pas lorsqu'il s'autorise à guider la conduite d'une politique au niveau mondial. Ni les citoyens du monde, ni leurs concitoyens ne leur ont donné mandat pour cela.
C'est pourtant ce que le G8 est devenu. Le G8 se conduit de facto comme une sorte de directoire mondial et ses recommandations s'imposent aux institutions internationales. C'est pourquoi nous considérons que le G8 n'a aucune légitimité quand il prétend orienter la marche du monde et que seule l'ONU a cette légitimité.
Au-delà de cette position sur l'illégitimité du G8, les organisations auxquelles s'est associé Greenpeace posent la question de la "gouvernance mondiale". Nous contestons la mondialisation libérale qui laisse sur le tapis bon nombre de pays et accélère la concentration des richesses ainsi que l'exclusion des plus pauvres en dégradant toujours plus l'environnement. Nous voulons réfléchir à une gouvernance mondiale plus démocratique. Il s'agit aussi dans l'immédiat de préconiser des dispositifs institutionnels pour traiter des problèmes de plus en plus globaux : environnement, pandémies, accès à l'eau, lutte contre la pauvreté, etc...
Les sujets qu'aborde le G8 relèvent, la plupart du temps, des compétences des Nations unies. Nous attendons un renforcement et une réforme de l'ONU afin de construire un cadre propice au maintien de la paix et à la régulation des activités économiques dans le respect des droits individuels et collectifs y compris des droits des peuples à vivre en paix dans un environnement sain. Ainsi, les Institutions Financières Internationales (IFI) et l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) devraient être placées sous l'autorité de l'ONU.
Nous considérons que le fait de pointer l'illégitimité du G8 n'est pas incompatible avec l'organisation de pression sur ces 8 pays qui ont un pouvoir très important dans le monde. Nous tentons donc de repérer les points de l'agenda du G8 d'Evian qui sont en lien avec nos préoccupations prioritaires et sur ces points spécifiques nous essayons d'influencer le contenu de la déclaration finale qui sera produite par ce sommet.
Ces "déclarations finales" constituent en effet des points d'appui pour contraindre ensuite les états membres du G8 à assumer les engagements qu'ils ont pris.
Ainsi, à Okinawa en 2000, Greenpeace a pu obtenir, dans la déclaration, une mention concernant l'exploitation illégale des forêts primaires invitant les états membres à modifier leur législation nationale pour que leur code des marchés publics interdise l'achat de bois de provenance illégale.
A Okinawa nous avons également obtenu la constitution d'un groupe de travail sur les énergies renouvelables. Cette "renewable task force" a rendu ses conclusions en 2001 à Gênes, en déclarant de manière explicite qu'il est possible - techniquement et financièrement - d'approvisionner en énergie renouvelable les 2 milliards d'habitants qui n'ont pas accès à l'énergie ; il suffit pour cela d'une décision politique ! L'arrivée récente de Bush aux commandes des USA a temporairement enterré le rapport... Nous chercherons à le ressusciter par tous les moyens possibles..
A Kananaskis, le principal objectif de Greenpeace avait été d'éviter une nouvelle opération de torpillage du protocole de Kyoto par l'administration Bush...
A Kananaskis (Canada) la principale avancée du G8 aura été l'accord des pays riches pour soutenir le NEPAD - Nouveau partenariat pour le développement en Afrique - qui prévoit sur la base du partenariat et donc du contrat entre les parties de nouveaux moyens et de nouvelles priorités pour sortir l'Afrique de l'ornière. Le NEPAD est une initiative portée par les chefs d'états de 4 pays d'Afrique : Algérie, Sénégal, Kenya, Afrique du Sud.