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Greenpeace a menée une expédition en Galice pour déterminer les conséquences du naufrage du Prestige sur la vie marine.
Agrandir- La dégradation de l'écosystème planétaire met en danger la survie à terme de l'espèce humaine.
- Le déficit croissant d'équité est un facteur d'instabilité mondial de plus en plus préoccupant.
- Les 10 milliards d'habitants que la planète comptera en 2020 ne pourront pas tous vivre comme des américains ou comme des européens.
Il est donc plus qu'urgent de mettre en oeuvre des politiques mondiales restaurant les grands équilibres, limitant la prédation sur les ressources et construisant une véritable équité. Ces politiques sont nécessairement des politiques en rupture brutale avec les stratégies suivies jusqu'à maintenant.
En matière d'énergie par exemple, nous savons pertinemment que nous ne pourrons brûler qu'une part minime des réserves pétrolières déjà identifiées. Dépasser ce "quota" engendrerait un scénario de changement climatique ingérable et irréversible. Il est donc indispensable que les compagnies pétrolières réorientent massivement leurs investissements d'exploration vers la recherche et le développement d'options technologiques mettant en avant l'efficacité énergétique et la promotion des sources renouvelables. Et si ces entreprises tardent à prendre ce nécessaire virage industriel, il est urgent que les gouvernements les contraignent à engager ce qui sera pour elles à la fois une vraie révolution et leur seule chance de survie.
L'hypocrisie ambiante conduit, à l'inverse, le Président Bush à fonder la politique énergétique de son pays sur une carte blanche donnée aux compagnies pétrolières pour exploiter des gisements jusqu'à maintenant mis en défend. Total Fina Elf, fleuron industriel français, construit son empire pétrolier, entre marée noire et soutien coupable à la junte birmane, en développant l'exploitation off shore. Les bénéfices que laisse entrevoir le développement industriel des énergies éoliennes et solaires commencent à peine à émouvoir les grands investisseurs. Pourtant avec 3 milliards de francs investis dans la fabrication de panneaux photovoltaïques on peut diviser par quatre le coût d'accès à cette énergie sans fin... Il va sans dire qu'en comparaison des ravages de l'économie pétrolière, l'essor des énergies renouvelables servira bien plus sûrement les besoins essentiels des populations des pays les plus démunis, notamment en Afrique. Il n'y a ni contrainte technologique, ni obstacle économique à cette orientation. Le seul point de blocage est aujourd'hui celui du choix politique.
Autre conséquence de la mondialisation, les échanges internationaux sont en croissance permanente. Le transport de marchandises ne cesse d'augmenter avec son cortège de nuisances (emprise des routes et autoroutes, bruit, pollution atmosphérique, émissions croissante de gaz à effet de serre, accidents...). La seule "gestion" proposée par les décideurs est aujourd'hui une analyse des projections et une tentative d'adaptation des infrastructures pour qu'elles absorbent ce flux croissant. Aucune interrogation en revanche sur l'utilité économique et même sociale de ces déplacements incessants de marchandises. Aucune réflexion, ou si peu, sur des stratégies de développement et d'aménagement des territoires qui tendraient à l'inverse à réduire les échanges interrégionaux ou internationaux.
Suivant cette approche, le transfert vers des modes de transports moins polluants est rapidement considéré comme impossible. Pourtant ce transfert de la route vers le rail serait grandement facilité par le plafonnement de l'augmentation des échanges de marchandises. Cette rupture oblige, bien sur, à questionner les politiques industrielles (flux tendus, zéro stock, délocalisations permanentes, investissements pour le fret...), fiscales (taxation des transports routiers, taxation de la dépense énergétique...) et sociales (conditions de travail des camionneurs, renforcement du personnel des entreprises de transport ferroviaire...). Elle est la condition indispensable - au moins en Europe - d'une réelle maîtrise des émissions de gaz à effet de serre.
La question de la sécurité alimentaire mondiale n'échappe pas à cette opposition entre l'unanimité sur les causes du problème et l'incapacité à mettre en oeuvre les corrections reconnues nécessaires par tous. Ainsi, on veut toujours nous faire croire que les biotechnologies constituent si ce n'est LA seule et unique solution, une bonne part de la solution. Pourtant, l'écart de productivité entre un riziculteur de Casamance au Sénégal et son alter ego de Louisiane aux USA est de l'ordre de 1 à 100 (voire 1 à 200 si on considère les aides à l'exportation reçues par les producteurs américains). Les quelques pour cent de gain de productivité que permettraient -théoriquement - les biotechnologies serviront plus facilement le producteur de Louisiane améliorant encore son avantage et aggravant un peu plus le rapport de force sur le marché mondial. Tout cela, en plus d'une dépendance accrue des petits producteurs face aux grandes multinationales de l'agrochimie, sur fond de pillage des ressources génétiques des pays en développement.
On pourrait ainsi multiplier à l'envie les exemples de ces nécessaires politiques de rupture.