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George Bush (USA), John Howard (Australie) et Jean Chretien (Canada), principaux obstacles aux progrès du Sommet de la Terre
AgrandirLes accidents et les catastrophes se répètent à l'envi. Il y a eu Minamata, Bhopal, Tchernobyl, Seveso, La Mède en 1992, AZF en 2001... Il y a les marées noires, également à répétition, avec pour derniers tristes exemples l'Erika en 1999 et le Prestige en 2002 et les dégazages permanents des navires en mer. Il y a ces pollutions plus sournoises, moins visibles : la lagune de Venise contaminée par les polluants organiques persistants, les rivières et les sols japonais infiltrés de dioxines, le stockage sans précaution de produits toxiques britanniques en Argentine, les rejets d'effluents radioactifs en mer par la Cogema de la Hague... Et puis ces risques de plus en plus lourds, globaux et irréversibles : les changements climatiques et la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, l'accumulation de déchets radioactifs en Russie, les conséquences de l'utilisation intensive des pesticides en agriculture et la contamination des cultures conventionnelles et biologiques par les plantes transgéniques, la destruction des dernières forêts anciennes et de leurs réserves uniques de biodiversité...
Toutes ces atteintes à l'environnement et ces agressions à l'égard des populations présentent quelques traits communs, tristement caractéristiques. C'est à chaque fois la recherche du profit, l'optimisation des marges bénéficiaires ou l'usage de technologies non maîtrisées ou non maîtrisables qui conduisent les industriels à considérer l'environnement comme une poubelle, à envisager la sécurité comme une contrainte qu'il faut en permanence minimiser (en attendant le prochain accident...), à gérer le social comme une variable d'ajustement dont le coût doit être sans cesse comprimé, à jouer l'environnement, la sécurité contre le social (et inversement, comme si une entreprise prédatrice en matière d'environnement ne l'était pas toujours en matière sociale) et à agiter la menace de la délocalisation à chaque remise en cause des modes de production. Le jour où ces contraintes deviennent incompatibles avec la rentabilité, et donc inacceptables pour les actionnaires, on ferme le site, laissant les travailleurs qui hier faisaient la richesse de l'entreprise sur le carreau, en laissant souvent un environnement ravagé par des années d'exploitation et de pollution.
Le bien public que constitue un environnement sain est aujourd'hui bradé pour des bénéfices qui sont, eux, très privés. Nous ne pouvons plus accepter que les multinationales encaissent d'un côté des bénéfices colossaux, en refusant de l'autre d'assumer la responsabilité pleine et entière de leurs agissements vis-à-vis de la collectivité. Les gesticulations médiatiques des grands groupes industriels autour des concepts de "responsabilité sociale et environnementale" et de "pratiques éthiques" ne trompent personne. Ces engagements volontaires ne sont, la plupart du temps, que des instruments de communication qui cachent mal la persistance de pratiques condamnables. L'Erika, pas plus que le Prestige, n'auraient dû prendre la mer. Si l'usine AZF avait été correctement entretenue, l'accident n'aurait probablement pas eu lieu. Et les assureurs refusent de couvrir les risques de contamination génétique, car ils savent bien que ces risques sont tellement importants qu'ils ne sont pas mesurables.
Les logiques de profit de quelques entreprises et de quelques gros actionnaires sont donc en relation directe avec la dégradation du patrimoine commun. On aurait pu penser que cette évolution fort préoccupante conduirait l'autorité publique à réaffirmer le principe de responsabilité, il n'en est rien !
Si un citoyen lambda vide ses poubelles dans un fossé en bord de route, il est normalement poursuivi, épinglé et condamné à payer l'amende. La rigueur voudrait qu'il soit aussi contraint de nettoyer le lieu souillé. Personne ne conteste plus cette logique.
Si une entreprise - une très grosse
entreprise, c'est encore mieux - au nom de la préservation de l'emploi,
de l'essor économique du pays, du développement de nouvelles
technologies obligatoirement porteuses de bien-être, d'une
pseudo-souveraineté nationale, rejette quelques effluents radioactifs
dans l'environnement ou quelques toxiques par les cheminées de ses
usines, les pouvoirs publics ne lui en tiendront guère rigueur. Si dans
d'autres circonstances l'entreprise plaide l'incident, la pollution
fortuite, la contamination accidentelle, au pire elle sera excusée, au
mieux elle obtiendra que la puissance publique - avec l'argent des
contribuables - répare les dommages et fasse ainsi oublier la
responsabilité de l'industrie dans le préjudice causé.
Il est grand temps d'instaurer une règle internationale et
contraignante imposant aux entreprises, quel que soit leur domaine
d'activité, de prendre à leur charge les conséquences sociales et
environnementales de leurs pratiques passées, actuelles et futures.
Au delà du volontariat la RSEE doit être
encadrée politiquement. Ainsi Greenpeace France fait partie d'une
plate-forme de mutualisation de ressources sur la RSE avec d'autres
associations écologistes et des droits de l'Homme ainsi que des
syndicats: le forum citoyen pour la RSE - www.forumcitoyenpourlarse.org