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Le Rainbow Warrior lors de la réunion de l'OMC à Doha. Greenpeace pousse les USA à ratifier le protocol de Kyoto.
AgrandirJapon - EBARA : exportateur d'incinérateurs... et de dioxines
Pendant huit ans, Ebara Corp. a rejeté dans la rivière Hikiji les résidus d'épuration des fumées d'un de ses incinérateurs, polluant gravement la rivière et son embouchure sur le Pacifique. Dans ces eaux, ont été relevées des concentrations de dioxines, de 3 à 8.000 fois supérieurs au seuil autorisé. Tous les experts reconnaissent que les dioxines sont de très puissants cancérigènes. Sous la pression, la compagnie a fermé l'incinérateur incriminé, reconstruisant immédiatement d'autres usines sur le site contaminé, sans proposer aucune mesure de dépollution de la rivière. Ebara n'est pas la seule entreprise d'incinération à mettre en péril l'environnement et la santé publique. Une étude dans la région de Kunugiyama, exposée aux fumées de 50 incinérateurs de déchets dangereux, démontre la forte augmentation des taux de mortalité infantile. Plutôt que d'abandonner cette technologie dangereuse et d'assurer la dépollution des sites, Ebara tente d'exporter ses incinérateurs en proposant, en cadeau, des installations clef en main en Chine ou à Singapour.
Canada - MONSANTO : pollution génétique irréversible
En 1996, le gouvernement canadien autorise la culture du colza Monsanto Roundup Ready (RR), génétiquement modifié pour tolérer l'herbicide phare du groupe. Monsanto promet que cette semence permettra de réduire le coût de la lutte contre les mauvaises herbes. Dès le début des années 2000, les producteurs de colza mettent en évidence la contamination des cultures conventionnelles par le colza transgénique. Leur récolte "souillée" par des traces d'OGM est invendable car les firmes agroalimentaires, sous la pression des consommateurs, demandent des produits garantis "sans OGM". Ces contaminations sont très coûteuses pour les agriculteurs biologiques. Les producteurs attaquent Monsanto en justice pour être indemnisés... Mais Monsanto contre attaque en les accusant d'utilisation illégale de l'OGM pour lequel Monsanto détient le brevet ! L'impérialisme des OGM se moque avec arrogance de la nécessaire responsabilité des industries productrices de semences...
Royaume Uni - ICI : illégal au pays, bénéficiaire en Argentine !
ICI, géant de la chimie, dispose de plusieurs usines en Argentine. En 1990, ICI/Duperial qui produisait des pesticides chlorés, a enfoui en toute illégalité plus de 30 tonnes de Gammexane (pesticide à base d'hexachlorocyclohexane (HCH) très rémanent) dans une région déshéritée de la province de Santiago del Estero. Ce site est désormais surnommé "la poubelle". En 1994, l'ONG Tierralerta dénonce ce dépôt. La plupart des molécules repérées sur le site de Estacion Argentina, au milieu des années 90, étaient, depuis les années 70, interdites d'usage par les législations nationales des pays de l'OCDE, notamment au Royaume Uni. Ce cas est tout à fait exemplaire des pratiques de "double standard" appliquées par les grandes multinationales. Il aura fallu plusieurs années de bagarre en justice pour que l'association des industries chimiques s'engage à dépolluer le site de stockage. L'engagement pris en 2002 n'a, pour autant, toujours pas été suivi de réalisation concrète.
Italie - Montedison / EniChem : cancers professionnels et pollutions vénitiennes
Le complexe pétrochimique Montedison / EniChem, en bordure de la lagune de Venise pollue depuis des années par ses rejets d'effluents toxiques. Mais ce sont surtout les travailleurs du complexe pétrochimique qui paient un lourd tribu à la gestion irresponsable de la production de chlorure de vinyle monomère (CVM) et de PVC. En 1996, le procureur engage une procédure pour les 257 malades et les 116 personnes décédées des suites de leur exposition professionnelle à ces substances toxiques. Le procureur a démontré que les industriels connaissaient, au moins depuis 1972, les risques auxquels ils exposaient leurs employés. La procédure s'est soldée par une conciliation financière au bénéfice des victimes. Mais à aucun moment la cessation des activités polluantes de l'usine n'a été envisagée. La pollution volontaire érigée en culture d'entreprise s'accorde mal avec l'engagement responsable dont se targue EniChem en arborant le blason "Responsible Care".
Allemagne - BAYER : l'action monte et nos abeilles se meurent
Depuis 1994, les apiculteurs constatent l'appauvrissement des ruchers et une chute de la production de miel. Ces phénomènes font suite à l'utilisation du Gaucho de Bayer pour la culture du tournesol. Le principe actif de cet insecticide dit "systémique" est l'imidaclopride, qui, après enrobage de la graine, se répartit dans toute la plante. Prévu pour lutter contre les pucerons, le Gaucho intoxique aussi les pollinisateurs, notamment les abeilles. S'appuyant sur des études scientifiques, les apiculteurs ont obtenu un moratoire sur l'utilisation du Gaucho pour le tournesol. Mais l'autorisation pour le maïs est maintenue. Les apiculteurs, mécontents, demandent l'annulation de cette décision incohérente. Le Gaucho a été remplacé par le Régent (dont le principe actif est le Fipronil), produit par l'ex-concurrent, Aventis CropScience, absorbé par Bayer. Aucune étude n'a permis d'évaluer la toxicité de ce nouvel insecticide sur les abeilles. Bayer ne semble pas connaître le principe de précaution.
France - TOTAL : Après La Mède, après l'Erika, après AZF... la responsabilité ?
Le Groupe Total, première entreprise française et quatrième pétrolier mondial, est tristement connu pour les catastrophes survenues récemment sur ses installations ou du fait de ses pratiques industrielles peu responsables. L'explosion de AZF, en septembre 2001, a marqué les mémoires : 33 morts, 2500 blessés, plus de 27000 logements détruits ou endommagés... Les conditions de maintenance des installations ont été mises à l'index. Déjà, autour de la marée noire de janvier 2000, le mauvais état de l'Erika, véritable navire poubelle affrété par Total, avait été dénoncé. Chez Total ce n'est pas par hasard que la maintenance et la sécurité sont des variables d'ajustement : il faut avant toute chose veiller à la rentabilité de l'entreprise. Déjà en 92 c'est un défaut de maintenance qui était à l'origine de l'accident de la raffinerie de La Mède. Le Groupe Total nous dit pourtant appliquer les principes de l'OCDE et adhérer au Global Compact... Une preuve supplémentaire de l'insuffisance de ces accords volontaires !
Russie - MINATOM : gros sous pour déchets très durables
Minatom est à la fois le ministère et l'entreprise d'Etat en charge de l'industrie nucléaire. Ces dernières années le voile s'est levé sur les pratiques de cette industrie, polluantes et dangereuses pour la santé publique. Tchernobyl, administrée par Minatom, restera dans les mémoires comme la plus grande catastrophe industrielle de tous les temps... passés. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont mortes et plus de 100.000 survivants nécessitent des soins réguliers. Le site de Mayak est aussi mondialement connu pour la pollution générée par la mauvaise gestion des déchets radioactifs. On retrouve du plutonium, radioélément artificiel très toxique, dans les rivières de la région. Plus de 100.000 personnes doivent, ici aussi, suivre des traitements réguliers. Mais ces constats n'arrêtent pas Minatom qui, pour un marché juteux de 20 milliards de $US, propose de stocker en Russie les déchets des pays qui refusent d'assumer sur leur propre territoire la gestion des déchets générés par leurs centrales nucléaires.
Dossiers téléchargeables :
- Entreprises : Totalement responsables ! - PDF 660 ko
- Le G8 : rassemblemment de voyous industriels - PDF 235 ko