Le nuage radioactif n’a pas pris naissance au sol mais à 1500 mètres d’altitude par la chaleur du brasier du graphite. Les conditions météorologiques lors de l’accident ont favorisé son long voyage.
La Finlande fut le premier pays touché, mais le ministre des Affaires intérieures déclara à l’époque qu’il n’y avait aucune raison de donner des informations, que cela ne servirait qu’à inquiéter la population. Il faut souligner que la Finlande a deux réacteurs nucléaires de type soviétique. La Suède connut des taux d’irradiation 10 fois supérieurs à la normale.
En Pologne, la situation était très sérieuse, avec une radioactivité 500 fois supérieure à la normale dans le nord-est du pays.
Un peu partout en Europe occidentale et en Europe de l’Est, les mesures sur la radioactivité firent l’actualité.
Sauf en France, où officiellement il ne se passa rien. Le ministre de l’Agriculture de l’époque annonça : "Le territoire français en raison de son éloignement a été totalement épargné." En fait, il s’avérait que le nuage radioactif s’était arrêté à nos frontières. Par exemple, le 7 mai 1986, les services officiels annoncèrent une radioactivité au sol de 740 becquerels par mètre carré en Alsace, et à quelque pas de là, de l’autre coté de la frontière, les autorités allemandes déclaraient 10.000 à 50.000 becquerels. Surprenant, n’est-ce pas ?
Dans le souci de ne pas ternir l’image du nucléaire, fleuron national, les politiques et les responsables du nucléaire en France ont commis une double faute : ils ont dissimulé la gravité de la situation et n’ont donc déclenché ni plan ni mesures d’urgence.
* Aujourd’hui, ces deux entités sont regroupées sous l’appellation IRSN.