Skip navigation.
Greenpeace dénonce ici le centre de Stockage de la Manche, poubelle 
éternelle

Greenpeace dénonce ici le centre de Stockage de la Manche, poubelle éternelle

Agrandir

La France est parsemée de déchets radioactifs. Ce fléau trouve sa principale origine dans le vaste programme électronucléaire lancé il y a maintenant plus de 30 ans, mais aussi dans le développement militaire de la bombe atomique.

Des déchets tout au long de la chaîne nucléaire :
La pollution nucléaire commence dès les mines d'uranium. Des centaines de tonnes de minerais sont nécessaires pour obtenir une tonne d'uranium pur. Il faut ensuite procéder à un enrichissement isotopique visant à augmenter la proportion d'uranium 235 qui va réagir en réacteur. Là encore, des tonnes d'uranium appauvri sont produites afin d'obtenir de l'uranium enrichi utilisable pour la fabrication de combustible. De la même manière, chaque étape ultérieure va créer ses propres déchets. (voir l'illustration "L'impasse du nucléaire")

Des déchets près de chez vous :
L'ANDRA (1) a recensé plus de mille sites où sont actuellement entreposés, de manière plus ou moins légale, avec ou sans conditionnement, des déchets radioactifs de toutes catégories. Des milliers de tonnes de résidus de retraitement attendent un conditionnement à La Hague, d’autres à Cadarache ou à Marcoule. De surcroît, le démantèlement des anciennes installations n'a pratiquement pas démarré.

Des déchets pour des milliers d’années :
Les déchets nucléaires sont avant tout caractérisés par leur extrême toxicité dont il faut se prémunir sur des périodes pouvant être de l'ordre de plusieurs milliers voire millions d’années. Les combustibles irradiés des centrales nucléaires (et leurs dérivés) sont les plus dangereux et les plus problématiques car ils sont hautement radioactifs et à longue durée de vie. Le parc nucléaire français en rejette environ 1200 tonnes chaque année. Très peu au regard des autres déchets, scande l’industrie : environ 20 grammes par habitant et par an. Mais ce qu’elle passe sous silence, c’est que ces 20 grammes de déchets contiennent des milliers de fois la quantité de plutonium susceptible de déclencher un cancer. Autre détail : ce plutonium perdra la moitié de sa dangerosité dans … 24 000 ans !


La gestion des déchets nucléaires est un enjeu écologique majeur à l’échelle de la planète. Le potentiel toxique de cet héritage des guerres chaudes ou froides entre les nations et contre notre environnement est immense et derrière les bombes atomiques se profilent les bombes à retardement des dizaines de milliers de sites de déchets nucléaires.
Après un demi-siècle d'existence, le nucléaire n'a toujours pas trouvé de solution à la gestion de ses déchets et commence seulement à tenter de faire face à ce vaste problème. En attendant, les déchets s'accumulent faisant peser une menace de plus en plus grande sur l'environnement et les générations futures.
Il est temps de sortir de cette impasse : si l'industrie nucléaire n'a aucune solution pour ses déchets, elle doit arrêter d'en produire.

Décodage : Matières « valorisables » et déchets nucléaires
L’industrie a trouvé une façon très efficace de limiter la quantité de déchets nucléaires : il suffit de qualifier toute une série de matières comme étant « valorisable » ! Elles sortent alors du champ des déchets. Pourtant, la grande majorité de ces matières ne sont pas valorisées dans la pratique pour des raisons techniques ou économiques, et ne le seront pas dans un avenir proche. Elles sont donc… stockées. Mais, dans un futur lointain elles pourraient constituer des « ressources stratégiques »… Ainsi EDF a prévu de stocker l’uranium de retraitement pendant 250 ans (2) ! Au cas où… Cette hypocrisie ne doit pas nous faire oublier le caractère dangereux de ces matières et la nécessité de les gérer tout comme les déchets, de la manière la plus sûre pour l’environnement et la santé.


Notes:
1- Agence Nationale des Déchets Radioactifs
2 - Cf. « Le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs », Rapport Public Particulier, Cour des Comptes, janvier 2005