Action de Greenpeace et de la Coordination Nationale contre l'enfouissement devant le Louvre: les déchets nucléaires sont l'héritage de notre société aux générations futures
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Face au casse-tête insoluble des déchets nucléaires, le dépôt sous-terrain en grande profondeur, pudiquement appelé l'enfouissement, est présenté comme la seule alternative. Cette option a majoritairement la faveur du nucléaire et des politiques, et se voit donc conférer le statut de « solution ».
L’enfouissement n’a pourtant rien d’une solution. Son principe :
pour retarder le plus longtemps possible la remontée inévitable des
éléments radioactifs dans la biosphère, on a va utiliser une barrière
de confinement supplémentaire, la couche géologique ! C’est une véritable bombe radioactive à retardement qui est donc proposée comme solution.
La hâte de l’industrie d'enterrer le problème des déchets balaie tout
sur son passage et néglige les difficultés de taille auxquelles seront
confrontés les sites de stockage dans les formations géologiques.
« La science est-elle en mesure
de prévoir ainsi le comportement d’un stockage sur des durées aussi
longues, allant jusqu’au million d’années ? Ne sommes-nous pas
présomptueux à prétendre en être capables ? » s’interroge la CNE (1), avant d’écrire « En toute rigueur, il est impossible de prétendre prévoir le comportement exact d’un stockage sur de telles durées. »
Les recherches entreprises depuis 1991 ont pris énormément de retard.
Une étude d’un panel d’experts internationaux commanditée par la
CLIS(2) de Bure est sans appel dans ses conclusions : « [Le
jugement sur] la faisabilité de la construction d’un centre de stockage
géologique à Bure (…) est très prématuré » .(3)
De nombreuses inconnues restent en effet à étudier : la qualité de
la roche sur un large périmètre, son comportement lors du creusement et
lorsque des déchets très chauds y seront stockés, la faiblesse de la
couche d'argilite, les failles, séismes, la géothermie, mais aussi le
manque d'expérience, la question de la réversibilité du stockage :
autant de questions sans réponse et qui laissent planer un risque de
contamination importante.
Il est ainsi probable qu'une partie des déchets radioactifs va fuir des
conteneurs et traverser les barrières mises en place pour leur
confinement, contaminant les sols, les ressources en eau, ou
occasionnant des remontées de radioactivité. De même, il est quasiment
impossible de garantir qu'il n'y aura aucune intrusion humaine, qu'elle
soit délibérée ou involontaire.
Ces problèmes pour le moins épineux liés à la garantie de confinement
des déchets soulèvent de vives inquiétudes de la part de l'opinion
publique et une légitime opposition aux sites de stockage. Ils posent
en effet, non seulement la question de la sûreté et de la protection de
l'environnement, mais également celle de notre responsabilité vis-à-vis
des générations futures.
Pourtant, pour l’industrie et ses nombreux supports au cœur de l’Etat,
la tentation est grande d’entériner l’enfouissement comme solution aux
maux des déchets nucléaires.
Par son principe et les risques
incontrôlables qu’il représente, l’enfouissement en couche géologique
profonde, représentant un abandon pur et simple des déchets, ne peut
être une solution. La Terre n’a pas vocation à servir de poubelle
éternelle et tout projet d’enfouissement doit stopper.
Notes :
1 - Commission Nationale d’Evaluation relative aux recherches sur la gestion des déchets radioactifs
2 - Commission Locale d’Information et de Suivi
3 - Examen critique du programme de recherche de l'ANDRA pour
déterminer l’aptitude du site de Bure au confinement géologique des
déchets à haute activité et à vie longue, IEER (Institute for Energy
and Environmental Research) , 27 décembre 2004