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Greenpeace en Europe de l'est. Action de Greenpeace devant la centrale 
nucléaire de Bohunice en Tchécoslovaquie, près de la frontière 
autrichienne.

Greenpeace en Europe de l'est. Action de Greenpeace devant la centrale nucléaire de Bohunice en Tchécoslovaquie, près de la frontière autrichienne.

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En 1942, les Etats-Unis ont démarré un programme militaire top secret appelé "Projet Manhattan". Son objectif était de mettre au point la première bombe atomique au monde.

Sur les 150 000 personnes travaillant sur le projet, seule une douzaine savaient vraiment de quoi il en retournait. Les habitants des trois villes secrètes spécialement bâties aux Etats-Unis, Oak Ridge, Hanford et Los Alamos, vivaient sous surveillance permanente. Leur courrier était lu et censuré, leur communications téléphoniques écoutées.

Quand les Etats-Unis ont testé leur première bombe atomique, portant le nom de code "Trinity", dans le désert du Nouveau-Mexique le 16 juillet 1945, l'Allemagne avait déjà capitulé et la guerre était terminée en Europe. La décision de lâcher des bombes atomiques sur le japon avait déjà été prise.

Le 6 août 1945, une bombe atomique a détruit Hiroshima. Trois jours plus tard, une autre bombe atomique tombait sur Nagasaki. 200 000 personnes ont perdu la vie, soit sur le coup, soit dans les mois et les années qui ont suivi, après de terribles souffrances.

A la suite d'Hiroshima et Nagasaki, de nombreux scientifiques travaillant sur le nucléaires ont été pris de remords face au terrible fléau qu'il avaient lâché dans le monde. Il avaient le sentiment qu'ils devaient offrir quelque chose de positif à un monde ébranlé. C'est dans ce contexte qu'a émergé l'idée d'une énergie nucléaire "pacifique".

Près d'une décennie après la destruction des deux villes japonaises, Lewis Strauss, Président de la Commission américaine à l'énergie atomique annonçait que l'électricité nucléaire deviendrait bientôt "si peu chère que les compteurs seront inutiles" - une promesse que l'industrie nucléaire n'a pas pu tenir.

En France, c'est sous l'impulsion de Général De Gaulle que le nucléaire fera son apparition. Le Général qui voulait faire de la France à nouveau une puissance mondiale, créa le Commissariat à l'Energie Atomique (le CEA) en 1945. Son objectif : mettre au point la bombe atomique française.

Le désert algérien dans les années 60, puis les atolls de Fangataufa et Mururoa dans l'océan Pacifique serviront de terrain d'essais. La France a effectué 210 essais nucléaires. Les derniers ont eu lieu entre septembre 1995 et janvier 1996, déclenchant une légitime contestation mondiale. Mais notre pays si prompt à donner des leçons de moral, est généralement sourd quand il s'agit de souveraineté nationale.

En 1974, alors que le nucléaire est déjà sur une voie de garage aux Etats-Unis, la décision est prise, dans la discrétion d'un salon privé, d'un vaste programme électronucléaire connu sous le nom de "plan Messmer". Ce programme, digne d'un plan quinquennal soviétique prévoyait la construction de 3 réacteurs par an!

A cette époque, la France disposait déjà de quelques réacteurs, mais ceci étaient destinés à la production de plutonium pour la bombe. Pour les nouveaux réacteurs, le gouvernement français d'alors a choisi une technologie américain, provocant un vrai émoi au sein du CEA.

Ce programme a fait de la France le pays le plus nucléarisé au monde. La connivence entre l'appareil d'Etat et l'industrie nucléaire n'a laissé aucune chance aux mouvements de contestation souvent sévèrement réprimés. En l'absence de démocratie, la désinformation et le mensonge ont aussi eu raison de l'opinion publique.

Aujourd'hui la situation a changé. L'opinion publique a pris conscience du danger nucléaire. Reste a convaincre les politiques toujours sensibles aux sirènes du lobby.